Depuis la mi-septembre, des moteurs cassent après un plein d'essence. Le préjudice a des victimes, il n'a pas encore de responsable. Ce vide n'est pas un accident : il est la forme même de notre marché pétrolier.

Le mécanicien a posé la facture sur le capot avec une délicatesse que je n'oublierai pas, comme on pose un certificat de décès. Trois mille cinquante-deux dollars. Il n'a pas parlé de malchance ni d'usure. Il a dit : « C'est l'essence. Vous n'êtes pas le premier cette semaine. » Puis il a haussé les épaules, ce geste que nous connaissons tous, qui veut dire que la faute est quelque part mais que personne ne viendra la chercher.