Sur la route de Delmas et à Pétion-Ville, les trottoirs sont souvent occupés par des marchands qui y installent leurs étals. Cette situation oblige les piétons à utiliser la chaussée, tandis que les chauffeurs doivent redoubler de prudence. Derrière ce phénomène qui, au fil des jours, tend à devenir la norme, l’État semble fermer les yeux sur une situation qui prend de l’ampleur et qui pourrait avoir de lourdes et regrettables conséquences.  

Il est 9 heures du matin. Notre promenade commence à Delmas 19. La circulation est encore timide et, à mesure que nous avançons, les activités économiques et commerciales fonctionnent normalement. Toutefois, une remarque attire notre attention sur la route de Delmas, aussi bien sur l’axe montant menant à Pétion-Ville que sur celui descendant vers Carrefour-Aéroport. Les commerçants occupent les trottoirs, obligeant les piétons à circuler sur la chaussée. Pire encore, les véhicules et les chauffeurs doivent faire preuve de beaucoup plus de prudence. De Delmas 19 à Delmas 33, la situation devient progressivement un véritable casse-tête. Entre Delmas 31 et 33, le piéton a le choix entre emprunter la chaussée ou se frayer un chemin dans l’espace exigu laissé entre les marchandises des commerçants. Dans certains endroits, deux personnes, même de petite taille, peuvent difficilement circuler en même temps. Il faut alors collaborer et attendre son tour, l’une passe, puis l’autre. Lorsque deux individus arrivent en sens opposé et tentent de passer simultanément, la circulation devient particulièrement compliquée. Il faut parfois parcourir l’axe jusqu’à Delmas 45 avant de retrouver un trottoir suffisamment dégagé, cet espace pourtant réservé aux piétons.