Les experts de l’ONU ont indexé plusieurs anciens élus haïtiens ayant des relations avec les gangs, peut-on lire dans le rapport acheminé au Conseil de sécurité, le 3 septembre 2026.  « Comme le Groupe d’experts l’avait prouvé précédemment au Comité, des hommes d’affaires et des acteurs politiques du département de l’Artibonite ont apporté leur soutien à des gangs opérant dans cette région. Alors que Prophane Victor a contribué à l’essor du gang Gran grif, notamment par la fourniture en armes, Youri Latortue a soutenu les gangs de Raboteau et Kokorat san ras, notamment en leur fournissant des armes et des munitions », peut-on lire dans ce rapport.

L’appui financier et logistique apporté par des acteurs économiques continue de constituer une source de revenus pour les gangs, selon des modalités similaires à celles décrites précédemment par le Groupe d’experts, notamment dans le cas de Rony Célestin. L’enquête menée par ces derniers sur les activités financières illicites liées au financement des gangs a révélé que « Rosemila Petit-Frère, femme d’affaires et ancienne maire de la commune d’Arcahaie, dans le département de l’Ouest, de 2016 à 2020, entretenait des relations de longue date avec les chefs du gang Viv Ansanm (HTe.002) et qu’elle leur avait apporté un soutien tant financier que logistique. Mme Petit-Frère a également joué le rôle d’intermédiaire entre les gangs et d’autres acteurs. Elle a joué un rôle déterminant dans le maintien des liens entre les gangs et les milieux criminels, politiques, économiques et du secteur de la sécurité, notamment en facilitant les communications et les transactions financières. Ces informations ont en outre été corroborées par deux États membres », selon ce rapport.