Les femmes d’abord, 2026
Jeudi dernier, le 8 octobre, l’Académie suédoise a annoncé son prix de littérature et c’est Anne Carson, poète, née au Canada qui l’a emporté. Ce verbe n’est pas juste car ce n’est pas sûr que ce soit une joute, ni qu’il y ait une liste comme on nous le fait croire. Ce fut un choc, car on ne s’attendait ni à un poète, ni à une femme, ni surtout à une Canadienne, des angles morts du Nobel. Depuis le début du Nobel sur 123 lauréats, ce prix a été accordé à 19 femmes. Pour la poésie, il y eut 17 poètes, en comptant Bob Dylan, dont 5 femmes. On oublie souvent que la première poète à recevoir le Nobel est une Chilienne, Gabriela Mistral, qui devint populaire par les chansons tirées de son œuvre assez sombre dont le recueil Les sonnets de la mort. Puis Nelly Sachs, une dramaturge allemande et bien sûr poète, dont la première œuvre, Dans les demeures de la mort, raconte l’horreur nazie et la tragédie juive. Puis la Polonaise Wisława Szymborska avec une œuvre assez ténébreuse, et là encore on remarque tout de suite le recueil De la mort sans exagérer. Faut-il croire que les femmes vont droit à la dernière station, celle de la mort, parce qu’elles sont celles qui, paradoxalement, donnent la vie ? Ou est-ce les Suédois qui aiment tant la mort ? Continuons avec l’Américaine Louise Glück. De ses 16 recueils de poèmes publiés en anglais, Gallimard en a publié 8, ce qui fait d’elle la plus traduite du groupe. J’imagine que c’est parce que c’est plus facile de faire connaître une Américaine. On doit ajouter aussi que c’est la plus accessible, vu son goût pour ce qui est trivial et matériel. Et voici la Canadienne Anne Carson, là où on attendait Margaret Atwood. Carson donne dans la mythologie grecque avec une recherche sur la question des genres. Son plus remarquable livre reste Autobiographie du rouge où elle s’applique cette fois à mélanger les époques et les mythologies. Elle reste impressionnée par la destruction et les chutes. À part l’Américaine, les femmes Nobel ne sont pas là pour parler de la pluie et du beau temps. Bien sûr que les femmes n’occupent pas que le terrain de la poésie, il y a eu des romancières estampillées Nobel comme Toni Morrison, Doris Lessing ou Nadine Gordimer.






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