Nous avons voulu dire que le peuple des esclaves dans Saint-Domingue a été l’épine dorsale de l’évolution du capitalisme qui se trouvait à un stade de marasme avant la colonisation du Nouveau Monde ci-devant Amérique. Aujourd’hui l’économie capitaliste domine à l’échelle planétaire, dont les États d’Occident, fer de lance de l’impérialisme international, sont les bénéficiaires privilégiés : c’est le cas de dire « A tout seigneur, tout honneur ». Karl Marx éclaire sur l’opportunité de l’esclavage des Nègres qui a servi d’une forte et puissante impulsion matérielle à l’économie capitaliste jusqu’alors titubante. Voici ce qu’il a pu observer dans ses études historiques : « Avant la traite négrière, les colonies fournissaient au Vieux Monde quelques produits sans pour autant changer le monde dans les faits. L’esclavage est donc une catégorie économique de la plus haute importance. La découverte des contrées aurifères et argentifères de l’Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l’Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voilà les procédés idylliques d’accumulation primitive qui signalent l’ère capitaliste à son aurore. Aussitôt après, éclate la guerre mercantile ; elle a le globe entier pour théâtre. » Karl Marx : Le Capital (Ed. 1872) – Genèse du capitalisme industriel. Chapitre 31, page 336.
Avantages et conséquences positives du développement de l’agriculture en Haïti – Résorption maximale du chômage jusqu’au plein emploi. Il s’agit ici d’un point focal sur lequel nos élites dirigeantes n’ont pas assez travaillé, qu’il faille y réfléchir sereinement et souverainement. Dans l’une de ses prestations éclairantes sur les ondes de la radio SIGNAL FM, le professeur Michel Soukar disait un jour que Haïti possède un kindergarten ou école maternelle, sa métaphore faisait allusion à la population active du pays national. Personnellement, votre fidèle serviteur écoutait l’émission et cela remonte à plus de deux décennies ; mais son propos très représentatif reste malheureusement sans effet parce que nos classes dirigeantes ne s’occupent plus du pays et des affaires de l’État, et se noient dans l’enlisement des crises conjoncturelles qui affaiblissent l’économie nationale. Entre-temps la population active croît au rythme de la démographie nationale, le marché de l’emploi se rétrécit dans ses limites extrêmes. Aujourd’hui la population totale d’Haïti est estimée à plus de 11 millions de personnes, dont plus de la moitié est en âge de travailler. Mais il arrive que, en matière de pauvreté et de précarité croissantes, les données statistiques importent très peu au gouvernement de la République qui se trouve paralysé à cause de son attentisme et de son indécision. L’élite dominante se figure qu’un hypothétique miracle s’opérerait, car ses membres professent la croyance chrétienne ou la croyance en le Dieu trine.
Le travail est à notre avis l’abécédaire des activités humaines ; le travail est intimement lié à l’émancipation et au progrès continu. Le gouvernement de la République doit toujours se procurer la variété des statistiques du marché ; il dispose d’un marché intérieur estimé à environ 11 millions de consommateurs acquis à la production agricole du pays, et les possibles excédents iraient au service de l’exportation dans le cadre de l’équilibre de la balance commerciale. Comme l’on peut observer qu’il n’y a rien que l’on ne puisse comprendre ; de même il n’y a pas de meilleure perspective que d’explorer les vertus et les potentialités agricoles d’Haïti et de mettre en valeur nos cultures traditionnelles. Alors Mesdames et Messieurs qui sont aux responsabilités : Ouvrez les chantiers de l’agriculture, du bétail et de la pêche ; donnez du travail au peuple ouvrier, et vous obtiendrez à moyen et long terme le développement économique et social dans la durée. Avec l’argent qu’il gagnait de son labeur, le peuple des classes ouvrières – prolétariat rural et urbain compris – serait en position d’améliorer ses conditions matérielles d’existence à commencer par changer son monde d’habitat fait de vieux hameaux et de taudis, qu’il finirait à terme par transformer les lieux d’habitation en de véritables villages modernes. Du moins, il changerait durablement la physionomie physique des régions, des départements et des localités, si l’État faisait le choix de libérer les forces productives et de les mobiliser autour de l’agriculture durable.
Toujours dans le même ordre d’idées, Mesdames et Messieurs : vous y apporterez des infrastructures routières pour faciliter la circulation des produits agricoles et de l’élevage vers les marchés préposés à cet effet ; de l’eau potable et domestique pour la population, y compris des centres de santé. Vous amortissez et/ou baissez, à l’occasion, le coût des taxes et des impôts pour les populations locales, dans le cadre de ce nouveau départ. Appelez aussi aux responsabilités des gens qui connaissent Haïti, car il est bien difficile de progresser et de prospérer dans un milieu dont on ne maîtrise pas les structures sociales, culturelles, intellectuelles, artistiques, politiques et économiques. Ne serait-ce que pour mieux s’orienter afin d’éviter de fâcheux conflits d’intérêts qui pourraient survenir de manière soudaine. Songez aussi à ériger des centres poly-agricoles revêtant une couverture nationale ; car, de notre point de vue, chaque Haïtienne et chaque Haïtien doivent connaître les notions de l’agriculture, les bonnes terres cultivables et les denrées qui y sortent. Telle est notre conception du paysage agricole haïtien, dont nous estimons qu’’il peut dynamiser notre économie nationale qui stagne depuis de nombreuses décennies d’abandon et de désespoir. Nous avons dit.
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