L’Université publique de l’Artibonite aux Gonaïves (UPAG) a organisé, le dimanche 25 octobre 2026, à l’auberge de Pont-Gaudin, une journée de réflexion scientifique autour de l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises (PME) dans le département. Initiée par les étudiants du groupe 3 du programme MBA en finance d’entreprise, cette activité a réuni plusieurs spécialistes issus des milieux économique, financier, juridique et entrepreneurial.
L’accès au financement demeure un enjeu majeur pour les petites et moyennes entreprises, dont le développement dépend notamment de leur capacité à mobiliser des ressources financières adaptées à leurs besoins. Dans l’Artibonite, les difficultés liées aux garanties, aux formalités administratives et aux conditions d’octroi des prêts constituent autant de défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs.
C’est autour de ces préoccupations que les étudiants du groupe 3 du programme de maîtrise en administration des affaires (MBA), option finance d’entreprise, de l’Université publique de l’Artibonite aux Gonaïves ont réuni, dimanche, des professionnels et des acteurs du secteur. L’initiative visait à favoriser les échanges sur les obstacles au financement des PME et à encourager la production de réflexions susceptibles de contribuer à l’amélioration de leur environnement économique.
La séance d’ouverture a été marquée par l’intervention de Wisly Pierre, coordonnateur du programme, qui représentait le recteur de l’UPAG, Manejaques Dodart Jean. Il a souligné l’importance de cette démarche dans la mission de l’université, appelée, selon lui, à dépasser le cadre de la transmission des connaissances pour participer à la réflexion sur les enjeux de la société.
« L’université ne doit pas être seulement un lieu d’apprentissage, mais aussi un espace de réflexion et de productions scientifiques. Avec cette initiative, les étudiants en MBA démontrent leur volonté de faire valoir leurs points de vue sur ce secteur d’une extrême importance », a-t-il déclaré.
Formalités administratives et accès au financement
Le premier exposé a été présenté par Djemson Jean-Baptiste, doctorant en administration des affaires et directeur du contrôle interne à KESPAM. Son intervention portait sur les procédures administratives et les exigences de légalisation des PME pour accéder au crédit dans le département de l’Artibonite.
Le conférencier a abordé plusieurs aspects de la gestion financière des entreprises, notamment la mobilisation des ressources nécessaires à leur développement, la maximisation des profits et la maîtrise des coûts. Il a également présenté différentes catégories de crédits, dont les crédits personnels et ceux destinés aux activités productives.
Les procédures de demande de financement, l’examen des dossiers de crédit, les ratios financiers et l’évaluation de la capacité de remboursement figuraient parmi les points développés. Ces éléments, a-t-il expliqué, occupent une place importante dans l’analyse des demandes de prêt et dans l’appréciation des risques par les institutions financières.
Les échanges ont ainsi permis de mettre en évidence l’importance, pour les entrepreneurs, de disposer de documents administratifs conformes et de présenter des informations financières susceptibles de faciliter l’évaluation de leurs dossiers.
Garanties, conditions de financement et inégalités économiques
Le deuxième panel a réuni Guy Marie B. Garçon, ingénieur agronome et économiste, Pierre Robert Auguste, ancien secrétaire d’État à la Communication et président de l’Association des entrepreneurs de l’Artibonite (AEA), ainsi que Me Néhémie Joseph, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats et entrepreneur.
Les discussions se sont articulées autour des obstacles liés aux garanties et aux conditions de financement des PME dans l’Artibonite.
Pierre Robert Auguste a notamment critiqué ce qu’il considère comme une concentration de l’accès au crédit entre les mains d’une catégorie d’acteurs économiques. Selon lui, cette situation contribue à renforcer les inégalités sociales et économiques, en limitant les possibilités de financement offertes à d’autres entrepreneurs.
Pour sa part, Me Néhémie Joseph a mis l’accent sur le cadre juridique régissant les opérations de crédit. Il a également souligné l’importance des caisses dans le financement des activités économiques et dans le développement du pays.
De son côté, l’économiste Guy Marie B. Garçon a attiré l’attention sur le fonctionnement informel de nombreuses PME. Cette situation, a-t-il relevé, complique leurs démarches auprès des banques et peut constituer un obstacle supplémentaire à l’obtention de financements.
Les interventions ont ainsi fait ressortir plusieurs dimensions du problème : la conformité administrative des entreprises, les garanties exigées par les prêteurs, les conditions d’octroi des crédits et les difficultés auxquelles sont confrontées les structures évoluant dans l’informalité.
Le coût du crédit et la croissance des entreprises
La journée de réflexion s’est achevée avec l’intervention du Dr Bénédique Paul, ingénieur agronome, docteur en sciences économiques et spécialiste en économie industrielle, également titulaire d’un master en management de projets, organisation et institutions.
Son exposé a porté sur l’impact du coût du crédit sur la rentabilité et la croissance des PME. Cette question occupe une place importante dans les décisions de financement des entreprises, puisque les charges liées à un emprunt peuvent influencer leur capacité à investir, à couvrir leurs dépenses et à assurer la continuité de leurs activités.
À travers cette journée scientifique, les étudiants du programme MBA en finance d’entreprise de l’UPAG ont placé au centre des débats une problématique qui touche à la fois la gestion des entreprises, le fonctionnement des institutions financières et le développement économique du département de l’Artibonite.
Au-delà des échanges entre spécialistes et étudiants, cette initiative s’inscrit dans une démarche de réflexion universitaire sur les conditions nécessaires à un meilleur accès des PME au financement. Elle met également en évidence les défis que doivent relever les entrepreneurs pour renforcer la formalisation de leurs activités, répondre aux exigences des prêteurs et mobiliser les ressources indispensables à leur croissance.






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