Pierre Josué Agénor CADET
A en croire le discours officiel, tout baigne dans l’huile en Haïti. Si, par contre, on ouvre le livre de la réalité ou on écoute parler des gens des différentes catégories sociales, on s’aperçoit ou on comprend que notre chère Haïti qui dégringole est en train de plonger dans une insécurité globale.
Ces dernières semaines, l’insécurité chez nous a pris des proportions très inquiétantes. Tout le monde ou presque tout le monde a peur. La population vit actuellement dans une situation de misère noire accompagnée d’une psychose généralisée. «Je n’ai pas mangé depuis trois jours», nous a raconté un jeune portefaix de la ville. « Je refuse d’aller à la banque».
, nous a confié un ami entrepreneur.
A l’origine de cette psychose, le pouvoir d’achat « lamentable » des gens des classes moyennes, la vie est devenue si chère que les produits essentiels sont inabordables, l’insécurité monte en arrogance à travers les injures des affamés de nos rues, les multiples cas d’assassinat et de kidnapping, les nombreuses agressions régulièrement enregistrés.
A la fin de la semaine écoulée, au moins cinq personnes tuées par balle dans l’aire métropolitaine dans l’espace de quarante-huit heures, notamment le professeur Serge Luc Bernard, président du conseil d’administration et vice-recteur académique de l’Université de Port-au-Prince. Il a été criblé de balles au volant de son véhicule à la barbe même des policiers d’une patrouille fixe à Turgeau.
Il ne se passe presque pas de jour sans qu’on n'enregistre dans la capitale haïtienne particulièrement des actes de brigandage. Aux abords du Champ de Mars et à la rue Saint-Honoré, des bandits ne cessent d’agresser quotidiennement des passants et de les dépouiller.
A cause de cela, les habitants de Port-au-Prince ont perdu leur sérénité, de même que ceux des villes de province, les Cayes et la cité de l’Indépendance, notamment. Quand les malfaiteurs opèrent, ils sont prêts à abattre tous ceux et toutes celles qui refusent de coopérer. Pourtant, il y a beaucoup de patrouilles policières déployées dans les rues. Sont-elles impuissantes? se demandent les observateurs.
A l’instar de la capitale et de sa périphérie, c’est presque tout le pays qui est plongé dans l’incertitude ou dans l’insécurité globale (économique, sociale, alimentaire…). Mais tout semble ne pas faire concorder le point de vue gouvernemental avec l’opinion des Haïtiens. Les autorités « Tèt Kale » n’en prennent peut-être pas conscience. Si non, elles auraient dû repenser leur politique de sécurité plutôt que de parler de nouvelles mesures de sécurité après chaque dizaine de crimes.
Malgré l’augmentation de l’effectif de la police, les prétendus plans mis en place pour la sécurisation de la capitale, l’insécurité est toujours des plus préoccupantes. Les autorités concernées avaient annoncé un nouveau plan pour contrecarrer les bandits. Mais il semble qu’il ne soit pas encore opérationnel. En attendant, ce sont les honnêtes citoyens qui en font les frais. Quant aux bandits, ils agissent sans crainte puisqu’ils ne rencontrent aucune résistance sur leur chemin. C’est comme si la police est là pour la forme. Ce sont les malfrats qui font la loi.
Toute la société en a marre. Elle attend des autorités compétentes de vrais plans de sécurité capables de sauver des vies et de rassurer la population haïtienne prise dans l’engrenage de l’insécurité.
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.