Révérend Père, dans le sacerdoce ministériel
Parents éplorés par ce deuil
Messieurs les membres de la fédération Aïtienne de foot-ball,

Révérend Père, dans le sacerdoce ministériel
Parents éplorés par ce deuil
Messieurs les membres de la fédération Aïtienne de foot-ball,
Messieurs les membres de la ligue de foot-ball en salle,
Messieurs les dirigeants de clubs,
Chers amis,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
En jetant un regard circulaire dans l’enceinte de l’église paroissiale de St Gérard, qui se prépare déjà à célébrer son Saint patron Gérard Magella le 16 octobre 2012, il est un fait certain que nous sommes abattus par des pluies torrentielles de tristesse, suite à la traversée de notre mentor Frantz Joseph à 66 ans d’âge, vers l’autre extrémité de la vie. Nous ne pouvons plus retenir les flux de nos larmes, au regard de cette Étoile aux quatre points magiques qui vient de s’éteindre dans la voûte céleste du foot-ball Aïtien afin de briller vers d’autres cieux. Et ce, malgré les idées philosophiques et spirituelles développées et connues depuis la nuit des temps.
D’ailleurs, l’éminent écrivain Français Alphonse de LAMARTINE eut à dire « L’homme est un apprenti, la douleur est le maître. Nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert ». Dans la même coudée, Le philosophe Allemand Marcuse HERBERT déclara : « si l’homme savait sa fragilité sous le soleil, il aurait gardé le silence et la crainte ».De plus, les tenants du courant « Déterminisme » eurent à relater : « La mort d’un homme c’est la mort de tout homme ».
Oui, la mort d’un homme est celle de tout homme. Le départ de Frantz JOSEPH mieux connu sous le nom de « Top Fanfan » a laissé un vide dans la vie de tout un chacun ici présent, que nul ne saura combler. Il fut pour nous une bibliothèque, une mémoire, un innovateur, surtout un fouineur.
En parlant de chercheur, son intuition intellectuelle l’a invité un beau jour, pendant qu’il était dans la rue Magloire Ambroise, à vérifier les détritus jetés à peine quelques minutes, par une ménagère dans une poubelle publique. Et c’est au fond de ce rien, attiré par une quelconque feuille de couleur jaunâtre, qu’il a su récupérer étonnement le document titré « Les règlements du foot-ball en salle ». Après en avoir pris connaissance, il a rapidement rencontré ses amis de longue date, dont je me garde de citer les noms, en vue de partager avec eux sa vision et l’idée d’introduire le foot-ball en salle en Aïti. Car, il estimait que les jeunes ont su développer une certaine compétence du jeu à la surface réduite. Au fil du temps, Il créa la ligue à partir des différentes commissions départementales, mises sur pied, relativement à cette discipline sportive. Celle-ci est devenue très populaire en un laps de temps sur les plans local et national. Sans vouloir les rappeler, sur le plan international, les résultats de la sélection ont été déjà très satisfaisants. De fait, Top Fanfan croyait déjà être à la hauteur de développer une stratégie de haute portée à l’effet de détrôner les sélections brésilienne et espagnole qui occupent à elles deux la première loge de cette discipline.
Néanmoins, les prouesses de la sélection nationale du foot-ball en salle dans les championnats internationaux, n’ont pas pu effacer ses souvenirs du Mondial de 1974. L’ex-entraîneur de Victory sportif club, Top Fanfan, fut très attaché aux expériences de notre sélection à Munich. D’après lui, la première République Noire avait une fois de plus émerveillé le monde, notamment l’Europe, lorsque le phénoménal, Emmanuel SANON, allait inscrire un but splendide contre l’Italie sur une passe à la fois longitudinale et lumineuse du visionnaire Philippe Vorbe. Grâce à ce but, Aïti venait de réaliser ce que les autres ne pouvaient faire, en mettant fin au record du légendaire gardien Dino ZOFF après avoir passé mille cent quarante deux (1,142) minutes sans but encaissé. Ce but fabuleux marque à jamais l’histoire du foot-ball mondial ainsi que les cœurs des Italiens que nous aimons tant. Dans le sens qu’au cours de ses quatre vingt dix (90) minutes de jeu, non seulement nous avons empêché la Squadra Azzura de partir avec son filet à l’état vierge, mais aussi nous avons été par ce but d’anthologie le leader incontestable et incontesté de toutes les grandes équipes mondiales qui désiraient écraser sa longue invincibilité, soit le record du gardien mythique Dino ZOFF. Il s’agit là d’une véritable démonstration au cœur de l’Europe de l’hégémonie aïtienne.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Frantz Joseph a qui nous rendons hommage, croyait jusqu’à son dernier soupir au renouvellement d’une telle expérience avec beaucoup plus d’éclat. Ce, dans la mesure où nous nous engageons à :
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, nous sommes entièrement confiants dans la réalisation de ce rêve moyennant que nous appliquions « ad litteram » le plan de notre mentor. L’application à la lettre de ce plan nous permettra de nous doter de sélections compétitives dans le temps à venir. Si nous nous laissons imprégner de l’esprit du bon et du bien qui animait ce grand homme, nous pourrons rehausser notre culture foot-ballistique et créer d’autres surprises aux yeux du monde.
Fanfan, pour avoir offert à la jeunesse aïtienne une vie saine et pure, à l’instar des Romains, nous te disons « Vade in pace ». Oui, tu peux partir en paix après avoir accompli de manière ex cathedra ton devoir patriotique. Nous serons toujours aux cotés de ta famille éplorée en signe d’appartenance et de solidarité. Nous témoignerons partout où nous serons de ton humilité ton humour, ta sérénité, ta vision, ta vie de saint homme, bref ta vie marquée et scellée des plus hautes vertus civiques et morales.
Une vie, une existence ludique marquée et greffée par le foot-ball. Aussi, pensons-nous regarder déjà le plérôme et le firmament au décor incandescent des constellations qui pointent sur nos têtes. L’homme comme un être pluridimensionnel, mais organiquement « Un » possède différentes facettes. Fanfan a donné prérogative et la primauté à ce pan : « Homoludens ». Il est présent dans chaque passe, feinte, drible et tir de ceux-là et de celles-là qui s’adonnent au sport-roi. Voulant tirer la révérence et les manières obséquieuses à son endroit, qu’il nous plaise de prophétiser comme Sophonie : « Dies illa dies calamitatis et miserere » Jour de colère, jour de malheur. In fine, Que la terre te soit légère, Top Fanfan, « Sit tibi terra levis ».
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