Chaque acheteur détient un billet de 1 000 gourdes ! On dirait un pays riche !
Oups ! Coupure du courant électrique. Faut passer la génératrice. Deux gallons de diesel deviennent malheureusement pour le consommateur une nécessité. A la station d’essence, l’on se présente avec un billet de 500 gourdes pour acheter deux gallons de carburant, le pompiste répond «mwen pa gen monnen» et l’acheteur revient bredouille. Ainsi, la station perd la vente de deux gallons d’essence coûtant 350 gourdes parce qu’il n’a pas 150 gourdes à remettre, d’une part ; d’autre part, l’entreprise qui veut fonctionner, n’a pas l’électricité, ne peut non plus faire fonctionner sa génératrice pour continuer son travail à cause de l’essence qui ne peut être vendu, car il n’y a pas de monnaie.
Chaque acheteur détient un billet de 1 000 gourdes ! Et pour rendre de la monnaie, il faut faire une dépense supplémentaire pour échanger le billet de caisse en achetant quelque chose, dans un supermarché par exemple. Pour échanger ce billet donné par l’acheteur et accomplir une vente, il vous faut laisser parfois une bonne différence à l’acheteur. Tout ceci, parce qu’il n’y a pas de monnaie.
Qui plus est ! Les surettes deviennent monnaie d’échange. Un supermarché ou autres, n’ayant pas de monnaie, vous rend votre monnaie en surettes. Si vous répondez que vous voulez votre monnaie, car les surettes ne sont pas en vrai une monnaie d’échange, le caissier et les gens du supermarché vous regardent comme un bizarroïde. Il n’y a pas de monnaie.
Finalement, les petits ‘adoquins’ de 1 gourde sont pratiquement ignorés par la population. Les billets de 5 gourdes ont été portés disparus. Personne ne veut prendre les ‘adoquins’ de 5 gourdes, les consommateurs réguliers n’en veulent pas et réclament d’autres remises, même les marchandes de rues les refusent ; ils sont sales et détériorés. Les billets de 10 gourdes (Catherine Flon) étaient trop bons et avaient trop duré, il semble. Quant c’est trop performant, le système dénommé ‘le chez nous’ doit faire cesser (et c’est valable dans tout et pour tout en Haïti). Les nouveaux 10 gourdes sont de piètre qualité et tout aussi sales, et ne peuvent pas tenir le coup, ils se fatiguent et s’effritent rapidement. Où sont passés les billets de 20 gourdes ? Apparemment, ils sont mort-nés. Les billets de 25 et de 50 gourdes ne se comportent pas mieux, et sont en grande partie effrités et sont en nette diminution. Les billets de 500 gourdes se comportent plus ou moins bien, il semble. Mais la présence absolue, voulue et entretenue par les autorités, des billets de 1 000 gourdes ne favorisent point la circulation monétaire.
Entre-temps, les échanges commerciaux dans le pays se retrouvent handicapés ainsi que toutes les composantes qui en découlent ; sauf pour, les ‘racketteurs’ à la rue des Casernes, qui vendent la monnaie à un taux de 4%. Pour échanger 5 000 gourdes par exemple, il faut verser 200 gourdes.
Cette crise inutile et inappropriée du numéraire dont tout le monde en parle semble être la partie visible de l’iceberg, et est certainement du ressort de la Banque Centrale, la Banque de la République d’Haïti – BRH.
Dans quelque soit le commerce, c’est le comble ! Toujours la même réponse :
Pa gen monnen non !
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