D’après les Nations unies, 1. 6 million de personnes sont touchées en Haïti. La dévastation est telle que le gouvernement haïtien au lendemain de la catastrophe a fait appel aux pays amis et aux organisations internationales afin d’apporter une aide humanitaire à la population sinistrée.
Aux Etats-Unis, Sandy affecte plusieurs compatriotes. Quelques uns ont perdu leurs maisons, qui dans la plupart des cas, sont trop endommagées pour être habitées. D’autres, par contre, sont exposés à une température glaciale parce qu’ils sont privés d’électricité. Trouver un nouveau logement est le grand défi auquel ces gens doivent faire face. Le maire a estimé qu’à peu près 30 à 40 000 personnes seraient dans l’obligation d’être relogées. La tempête a endommagé le système de métro de la ville de New York. Et le nombre de morts s'élève à plus d'une centaine.
Au beau milieu des épreuves, des abris sont trouvés. La « National Guard » procède à la distribution de produits de première nécessité et l’électricité, après plusieurs jours a été rétablie. En plus, avec l’assistance des Etats voisins, le système de transport de New York a pris une semaine pour être fonctionnel. Les écoles et les entreprises ont rouvert le lundi d’après.
Haïti, la même tragédie, une autre réalité
Haïti, quelques jours après, arrive difficilement à remonter la pente. Les conditions de vie des milliers de gens logeant sous des tentes depuis le séisme ont empiré depuis le passage de Sandy. Selon le porte-parole de la mission humanitaire des Nations unies en Haïti, George Ngwa, 1.5 million d’Haïtiens risquent d’être frappés par la famine. En plus, avec un système d’adduction d’eau potable inadéquat et des installations sanitaires déjà mises à mal, la menace de nouveaux cas de choléra est imminente. Une épidémie qui a déjà tué 6 000 Haïtiens. Ce sont là des menaces majeures que l’Etat de New York n’a pas à craindre.
Les Haïtiens de la diaspora restent soudés à leurs familles dans leur pays d’origine et sont émotionnellement et financièrement affectés par les désastres chez eux. Pendant les deux dernières années, les Haïtiens ont dû faire face, avec beaucoup de désespoir, à une série d’intempéries. Sandy a été particulièrement désastreuse, il a frappé d’un gros coup la communauté haïtienne de New York, après avoir laissé sur son chemin un train de destructions en Haïti.
A New York, trois de nos organisations communautaires, Diaspora Community Services, Haitian Centers Council à Brooklyn et Haitians United for Progress (HAUP) à Queens se sont mobilisées afin de donner des informations et de l'assistance à la communauté haïtienne. Elsie Accilien, directrice exécutive de HAUP a fait remarquer « qu’il doit y avoir plus de ressources disponibles pour aider cette communauté à faire face aux conséquences de Sandy et des ouragans d’avant”.
C’est un fait que ne pouvons pas éviter les désastres naturels, mais avec de meilleures infrastructures, nous pouvons atténuer leurs conséquences. Alors que New York commence à étudier la faiblesse de ses infrastructures plus avancées et à s'intéresser au réchauffement climatique, Haïti a besoin de commencer à construire ses infrastructures de base, pour assurer l’accès à l’eau potable, l'hygiène publique, l'énergie et la sécurité alimentaire pour sa population.
Nous sommes convaincus que ces piliers majeurs sont les plus importants. Ces prérequis peuvent être des atouts d’une bonne politique de santé publique pour améliorer les conditions de vie en Haïti. Cela peut durer des années, mais nous devons à tout prix cesser d’injecter des milliards de dollars en vue de panser un système aussi néfaste. Sans un système de base amélioré, avec des infrastructures fiables, il est garanti qu’Haïti restera un pays du tiers-monde avec des conditions de vie inférieures aux normes, exposé à des maladies évitables et à des épidémies amplifiées.
Plus récemment, la National Haitian American Health Alliance (Alliance nationale haitiano-américaine sur la Santé) a organisé sa neuvième conférence et a établi la connexion entre la santé et des solutions pour une Haïti au 21e siècle. De cette conférence, nous avons retenu les progrès d’un plan suggéré pour l’élimination du choléra en Haïti. Mais, pour atteindre ce but, une amélioration du système d’eau et d’hygiène publique doit être envisagée.
Une fois de plus, imaginons une nouvelle Haïti où les Haïtiens non seulement peuvent accéder à des soins de santé de meilleure qualité, mais aussi à des installations sanitaires et à l'eau potable, à l’énergie et à l’alimentation.
Nous avons besoin de mettre en pratique le plan de 10 ans dont nous a fait part le ministère de la Santé à la 9e conférence annuelle de NHAHA à Washington, D.C, qui doit inciter les bailleurs de fonds et les professionnels de santé à agir. Nous avons besoin de leadership et de bonne volonté au plus haut niveau du gouvernement en Haïti, du support de la communauté internationale et des autres acteurs tant en Haïti que dans la diaspora pour encourager le développement de ces infrastructures de base. Elles peuvent être beaucoup plus coûteuses maintenant, mais elles peuvent, éventuellement, rapporter et sauver des vies.
Sandy a mis en évidence notre lien global. Nous habitons dans une communauté globale où nos vies sont liées et notre destin lié aux évènements globaux. Nos problèmes mondiaux appellent des approches globales.
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