Soucieuses du développement de la commune de Saint-Michel de l'Attalaye, en juillet 2004, des organisations travaillant dans le domaine des coopératives se sont regroupées sous le nom de l'UCOOPEDSA (Union des coopératives pour le développement de Saint-Michel de l'Attalaye) pour apporter leur contribution à la construction de l'édifice socio-économique de la zone. Grâce aux cotisations des membres, l'organisation dispose d'un capital social lui permettant de poursuivre ses objectifs. Quarante personnes ont pris part au lancement de cette noble initiative. Et maintenant 650 personnes sont membres de l'UCOOPEDSA. A travers ses activités de production, de transformation et de commercialisation d'un ensemble de produits dérivés de mangues et de gouayave... elle participe à la relance de l'économie de Saint-Michel . Les dirigeants de ce regroupement de coopératives nous communiquent en ces termes leurs rêves les plus chers: «avoir une industrie où l'on peut placer des commandes, une boutique pour l'emballage et un laboratoire pour l'analyse des produits». Ils veulent en termes de production réaliser 10 000 bouteilles de liqueurs, 10 « droumes » de mangues séchées, 500 bocaux de confitures en 2 ans. Cependant, des contraintes matérielles et financières constituent leur principal handicap dans le cadre du processus de matérialisation de ces objectifs. En effet, comment les aider à réaliser ces objectifs et à faire face à ces contraintes ? N'est-il pas mieux pour eux de former une synergie avec d'autres organisations de la commune en vue de trouver des moyens pour l'attente desdits objectifs? Comprenant en ce sens ses limites, l'organisation UCOOPEDSA retrouve d'autres organisations de la commune comme SOFA, Men nan Men, ATTP pour la formation d'un comité dénommé « Comité Filière Transformation de Fruit ». A la faveur de cette coopération, ces quatre organisations bénéficient d'un haut financement d'Oxfam Québec pour la construction d'un centre destiné à la transformation des fruits. Ce centre embauche dans les périodes de fruit plus de quarante employés dans le lavage, le blanchiment, le calage, le découpage, le pressage et le mélange des fruits. Et aussi dans la filtration et la mise en bouteille. Ces modèles de coopération sont à apprécier, mais aussi à encourager dans d'autres localités du pays en vue de la relance de la production nationale et pour la création d'emplois. Après l'expérience macabre de 2002 au niveau des coopératives, l'effort de se regrouper sous ce nom est louable et traduit une volonté de refaire l'image de ce champ d'activité et de lui donner la place qu'il mérite dans le cadre du développement du pays. La volonté manifeste aussi de ces organisations de s'unir autour de l'objectif de propulser dans cette communauté l'idéal de la réussite collective nous interpelle tous, citoyens et dirigeants de ce pays, pour la mise au premier plan de l'intérêt général. C'est également une occasion pour relancer le débat autour des coopératives en Haïti et d'en poser la problématique dans la perspective d'y apporter une solution durable. Pour le meilleur d'Haïti, l'initiative collective est à encourager.