La fête de Pâques, pour nous chrétiens, est d'une très grande importance. Nous entendons souvent les gens répéter : «Je vais faire mes pâques. Je dois aller à l'église ou à la messe.» Pour aller quelque part, pour faire une découverte, il faut passer par un chemin. Et, nous savons tous qu'aucun chemin n'est déjà tracé par avance. Donc, tout chemin est véritablement à se frayer par qui désire marcher, qui veut décloisonner, qui se donne la mission de libérer. Et pour faire oeuvre libératrice, il n'est pas besoin de parcourir un très long chemin avec l'homme pour réaliser qu'il est blessé, meurtri et angoissé. Et le chemin de l'homme, c'est Jésus lui-même. Chemin vers Dieu. Envoyé par Dieu, son père, Jésus est venu marcher aux côtés des femmes et des hommes de ce monde pour prendre part à leur drame et les sauver
1. Un drame multiforme
Le drame est multiforme. Il n'épargne personne. L'adolescent, l'adulte, le vieillard, tous, nous sommes concernés. L'adolescent solitaire, en révolte contre son milieu, replié sur lui-même, cherche à se comprendre et à s'exprimer; l'adulte buté aux égoïsmes de la société, requiert un témoin de ses efforts généreux; le vieillard dont les forces physiques périclitent, dont le courage s'estompe face à la mort menaçante, perdu dans un monde en transformation, cherche, en ses derniers pas, le visage du TOUT-PUISSANT . La vie, hélas! est un combat avec des difficultés de toutes sortes, aussitôt disparues que renouvelées . Saint Grégoire le Grand n'a pas hésité à envisager la vie comme une «prolixitas mortis», c'est-à-dire la mort qui s'avance sur le chemin de toute une vie, une sorte de mort différée, lente, versée et bue goutte à goutte. La réponse de tout le drame se trouve dans cette pensée : «Ce qui fut, cela sera; ce qui s'est fait se refera.» (Ecclesiastes, I, 9). L'important, c'est de dire ce que nous pensons, même au péril de notre vie, pour améliorer la vie en société. Que cette société laisse l'homme mi-souriant, mi-désillusionné, c'est son affaire. La nôtre, c'est d'obéir à nos devoirs dans l'effort de changer cette société, de sauver la vie et de n'avoir rien fait contre notre conscience.
2. Jésus donne sa vie pour changer la vie
Jésus est venu d'auprès du Père pour changer la vie de tous et de chacun. Il est venu prendre place à nos côtés. Il se fait solidaire de nous dans nos souffrances. À la suite des prophètes, Jésus annonce la libération. Il apporte un grand espoir dans la réalisation du salut par sa personne. Jésus, le Libérateur -Sauveur de l'humanité a même eu l'audace de dénoncer les pesanteurs et le formalisme de certaines observances légales. Il défend la vie de l'être humain et non l'application de la Loi au détriment de l'homme. Et voilà que ce Libérateur n'est pas toléré. Il est arrêté, ligoté, soumis aux forces de l'ordre religieux et politique . Ainsi, Jésus va subir les rituels macabres du procès de l'exécution publique, du cérémonial de la mise à mort le vendredi saint.
3. Au matin de pâques, le salut de l'humanité est pleinement réalisé
Ironie du sort. La mort, le dernier et le plus grand ennemi de l'homme, est détruite par celui-là même qui a été mis à mort, si bien que saint Paul ajouta : « si Jésus-Christ n'était pas mort et ressuscité, notre foi serait vaine ». (1Co 15, 26). Jésus a vaincu le plus grand ennemi de l'homme qui ne peut être maîtrisé par aucune instance humaine, ni par la force, ni par la fortune, ni par la technique moderne. Toutes les inventions de l'homme doivent constater leur impuissance. Tout doit s'avouer mortel. Mais avec Jésus qui est mort et ressuscité pour que tout homme ait la vie, nous pouvons goûter pleinement à la saveur de la vie qui renaît des cendres de la mort. Car au matin de Pâques, le salut de l'humanité est pleinement réalisé. Le Sauveur n'est pas resté dans le ventre de la terre, il est sorti vivant du tombeau. Il a séché les larmes des yeux de Marie-Madeleine, il a chassé la peur des disciples enfermés, etc. En un mot, tout ce qui était annoncé dans les Écritures, tout ce que le coeur de l'homme souhaitait, se trouve exaucé. Et cependant, ajouta G. Bonnet, le monde poursuit sa course avec ses incertitudes, ses peurs, ses souffrances, avec ses espoirs et ses projets. La vie continue, toute semblable, et la mort aussi. L'humanité demeure en face des mêmes questions et des mêmes tourments. Ni la raison, ni l'imaginaire, ne peuvent accéder au secret du mystère pascal. Seule notre foi en Jésus-Christ, Sauveur et Libérateur de l'humanité, nous donne d'y accéder. Que l'événement pascal, dans son mystère caché, change les coeurs des hommes et femmes du monde entier et ouvre les barrières afin que le monde devienne une grande maison pour une grande famille.
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