En dépit de la complexité et de la diversité caractéristiques de la machine génétique des individus conditionnant dans une grande proportion leurs paramètres de vie et de survie, l'être humain, indépendamment de son origine et de sa position sociale, a les mêmes composantes biologiques, qu'il soit en Haïti ou ailleurs, qu'il soit soumis à la virulence et la létalité des agents microbiologiques ou à la fatalité des catastrophes naturelles ou forgées par la main de l'homme. Trop longtemps zombifiée, la population haitienne est portée à croire que des maladies curables sont dues à la magie ou au vaudou, prétexte et alibi de certains dirigeants ineptes et incapables de solutionner les problèmes de la santé en Haiti. Considérant que les pathologies chroniques et les anthroponoses sont cosmopolites,littéralement on comprend que les patients haitiens aussi bien que ceux des pays développés peuvent contracter les mêmes maladies. Chez nous, "la croissance de villes" déjà surpeuplées avec leur eau insalubre, leur assainissement insuffisant et déficient et la multiplication de leurs quartiers pauvres a donné lieu à des épidémies de maladies contagieuses. L´absence de politique d´aménagement territorial et d´utilisation efficiente de l´espace public continue de semer la mort. La mortalité liée à des maladies infectieuses et aux accidents de la route est en hausse. Pour mitiger les dégâts et diminuer les pertes en vies humaines, certains pays ont renforcé leur système de santé et doté leurs hôpitaux de technologies appropriées et de personnels qualifiés. Certains gouvernements ont élaboré des politiques nationales visant à introduire les soins de santé primaires dans leur système national de santé et mis l'accent sur les soins de santé communautaire et familiale en vue de maintenir un contrôle efficient des facteurs de risques pathologiques. Chez nous, on fait croire encore que les maladies sont dues à la punition des dieux et à la méchanceté du voisin à tel point que le vaudou et la magie sont tenus pour responsables des maux et de la mort de l'homme haitien. Les facteurs de risques cardiovasculaires (HTA, tabagisme, DM; Dislipémie) les maladies infectieuses ont un taux élevé de létalité. Combien de nos professionels, de nos jeunes cadres, de nos surdoués et de nos talentueux sont morts en Haïti à cause de l´inexistence des soins de santé de qualité? La lutte contre l'ignorance est longue et seule son éradication mettra fin aux explications surnaturelles, mystiques et métaphysiques de notre quotidien d´homme haïtien, très souvent conséquence de nos maladresses et de nos négligences. Durant mon service social, j'ai vu bien des patients passer de vie à trépas; et un des cas qui m'ont marqué le plus est celui d'un jeune de 32 ans, arrivé au service des urgences de l´hôpital général des Cayes, présentant une fracture ouverte du tibia suite à un accident de la route non loin de Saint-Louis du Sud et qui est décédé quarante-cinq minutes plus tard suite à un choc hypovolémique. Alors on se demande quand la transfusion sanguine cessera d'être un luxe dans notre pays. L'absence de services d'urgence en Haiti cause la mort de beaucoup de nos frères et compatriotes indépendamment de leur origine sociale et de leur condition économique. Etablir la cause de la mort en Haiti reste et demeure un grand mystère aussi bien que la mort elle-même au point que chaque décès provoque des spéculations, des tergiversations et des débats dépourvus de sens, alors que l'autopsie peut révéler la cause de la mort. « L'autopsie (ou examen post-mortem ou nécropsie) est l'examen médical des cadavres. Le terme vient du grec " Le voir de vos propres yeux ". L'autopsie "médico-légale" est un examen obligatoire mis en oeuvre dans un cadre judiciaire à la demande d'un juge d'instruction par un ou plusieurs spécialistes de médecine légale pour une série d'examens recherchant la cause d'une mort considérée comme suspecte.» Notre incapacité de résoudre des problèmes si simples prouve que notre pays est mis sous perfusion PLACEBO à tous les niveaux: pendant que la population souffre, que le peuple est aux abois, et que la criminalité bat son plein. Dans un pays on l'on veut promouvoir le tourisme, la sécurité sanitaire requiert une importance exceptionnelle, car les touristes se préoccupent de leur vie et se demandent toujours avant de visiter un pays si celui-ci est dôté de services de soins médicaux de base en cas de maladie, ou d'accident; dans ce monde globalisé, l´information voyage à la vitesse de la lumière et nos chers et précieux touristes savent qu´ici en Haïti, nous voyageons généralement comme dans une boîte de sardine, non vers une destination sûre, mais vers l'au-delà. Un cadre légal s'avère nécessaire pour rendre fonctionnel le système de santé en Haïti. Pour y parvenir, le Parlement haïtien, par le biais des commissions de santé au niveau des deux Chambres, pourra élaborer des lois régissant le bon fonctionnement du système de santé mettant l'accent sur les soins primaires de santé et la prévention aussi bien que la régularisation de la profession médicale. Il revient au MSPP de mettre sur pied des services d'urgence, de doter les centres hospitaliers de personnels qualifiés et d'investir dans l'acquisition de technologies.