Le chapelet est un instrument de prière et de méditation. Il est un collier constitué de grains enfilés que l'on fait glisser entre ses doigts en récitant chaque fois une prière. Il est utilisé dans de nombreuses religions pour compter les prières déclamées d'une manière répétitive.
Le chapelet chrétien se compose de cinq (5) séries de 10 grains. Chaque série est suivie d'un grain séparé. En plus, il comporte une croix qui rappelle celle où le Christ a été immolé pour l'expiation de nos péchés et nous ouvrir toutes grandes les portes de la vie éternelle et cinq (5) grains qui introduisent au collier.
Dans la religion catholique, il est à l'origine une coiffe, une couronne de fleurs formant un petit chapeau, d'où le nom de chapelet. Au cours du Moyen-Age, il était courant de voir couronner de roses les statues de la Vierge Marie. Chaque rose symbolisait une prière. Certaines personnes, par convenance, utilisent un collier ou un bracelet composé d'une croix et de dix (10) boules ou grains que l'on nomme « dizainier ». Il est soit enroulé autour de l'avant-bras, soit passé dans un des doigts.
Il existe différentes formes de chapelet et des manières aussi différentes de dire le chapelet. Les plus répandus sont les suivants :
- chapelet du Précieux Sang de Jésus avec 33 grains qui rappellent les 33 années de vie terrestre de Jésus-Christ ;
- chapelet de saint Michel Archange constitué de 39 grains ;
- chapelet des morts avec quatre (4) dizaines, en faveur des âmes du purgatoire; il fut approuvé et béni par le pape Pie IX en 1873 ;
- chapelet des 7 douleurs de la Vierge Marie; il comporte 59 grains, soit 7 mystères de 7 grains chacun auxquels s'ajoutent 7 médailles et 3 autres grains; certains disent qu'il comporte 49 grains séparés par 7 médailles auxquels on ajoute 3 autres grains ;
- chapelet de la miséricorde divine; il fut inspiré à soeur Faustine Kowalska suite à une de ses visions de Jésus ;
- chapelet des 5 plaies; il tire son origine de la volonté des pères Passionnistes de concentrer leur culte sur les 5 plaies de Jésus. Il fut approuvé par le pape Pie IX en 1822.
Le chapelet, comme nous l'avions mentionné au début, n'est pas l'apanage du christianisme. Il est un moyen de prière utilisé dans différentes religions. Bien avant qu'il soit connu en Occident, les bouddhistes, les hindouistes en faisaient usage. Les musulmans le connaissaient aussi.
Il existe différents types de chapelets :
- le tchotki, chapelet utilisé par les orthodoxes et les catholiques orientaux ;
- le lestovka, chapelet utilisé par les orthodoxes vieux croyants ;
- le sabha ou misbaha, chapelet musulman qui compte généralement 99 grains ou parfois 100 grains séparés en trois parties de 33 grains chacune (ceci par 3 séparateurs dont un grand et deux petits) ;
- le tesbih, se pronnce tespi chapelet musulman turc à 33 grains (1 grain égale 3 grains donc équivalent à 99);
- le mâlâ, chapelet utilisé par le bouddhisme et l'hindouisme ;
- le sikhisme utilise également une forme de mâlâ ainsi qu'une corde de 99 noeuds.
Le rosaire
Le mot rosaire signifie couronne de roses. Il vient de l'usage au Moyen-Age de couronner de roses les statues de la Vierge Marie. Chaque rose symbolisait une prière. Le rosaire remonte au XIe - XIIe siècle. Dans les monastères, les religieux, qui ne comprenaient pas le latin, récitaient 150 ave Maria à la place des 150 psaumes de l'office liturgique. On appelait le « rosaire » le psautier de la Vierge Marie.
Pour bien comprendre le psautier de la Vierge, il faudrait remonter aux premières années du christianisme. A cette époque, les disciples du Christ suivaient l'exemple et les instructions du Maître. Ils le faisaient dans les termes enseignés par Jésus lui-même : le Notre-Père. Après l'Ascension, ils s'unirent par la prière à notre Seigneur rendu au ciel. Ils passèrent les 10 jours (Ascension - Pentecôte) en prière dans le Cénacle en compagnie de Marie qui les guidait dans ces exercices.
Après la mort de Marie, les apôtres et les premiers disciples, la sachant au ciel en corps et en âme, lui adressèrent aussi leurs prières. Ils prenaient plaisir à reprendre la belle salutation de l'archange qui avait ouvert le Nouveau Testament, dont saint Luc avait consigné le texte dans son Evangile. Le symbole des apôtres était aussi cher aux chrétiens. Ils le récitaient souvent, seuls ou en assemblée.
Histoire du rosaire
Pour bien se pénétrer de l'histoire du rosaire, on doit remonter à Dominique, le fondateur de l'ordre des Dominicains. A cette époque, beaucoup de personnes ont été appelées et, parmi elles, il y eut Alain de la roche. En 1460, au cours d'une vision qu'il a eue de la Vierge Marie, il lui a été
demandé de revenir à la récitation de son psautier. C'est ainsi que, 10 ans plus tard, soit en 1470, il fonda la « Confrérie du psautier » dont la mission est de répandre cette récitation. Il le fit volontiers et la voix publique lui attribua le nom de rosaire qui est la récitation des dizaines d'ave Maria avec la contemplation des mystères joyeux, douloureux et glorieux de la vie de Jésus.
Le rosaire est devenu une pratique commune après le concile de Trente (1545-1563). C'est à la prière des conférés que le pape saint Pie V attribua en 1571 la victoire de Lepante sur les Turcs.
Après un déclin, le rosaire a eu un renouveau au XIXe siècle. En 1858 à Lourdes, la Vierge Marie est apparue à Bernadette avec un chapelet.
Le pape Léon XIII a consacré beaucoup d'encycliques au rosaire, spécialement en 1883-1891.
En 1917, à Fatima (Portugal), Marie s'est fait voir en disant: « Je suis Notre-Dame du Rosaire. »
Y a-t-il une différence entre chapelet et rosaire ?
Il n'y a pas de différence réelle entre le rosaire et le chapelet. L'un complète l'autre en ce sens que le rosaire ne saurait se faire sans le chapelet.
D'une façon simple, nous dirons qu'un chapelet est un objet de dévotion. Il est constitué de perles (grains enfilés en collier sur un cordon). Il est composé de 5 dizaines de grains.
Le rosaire, quant à lui, n'est autre qu'un ensemble de prières dont l'objectif est d'inciter les catholiques à méditer sur les grands moments de l'existence du Christ dont la Vierge Marie a été l'un des témoins privilégiés. Ces moments ne sont que les mystères.
- Mystères joyeux : annonciation,
Visitation, Naissance de Jésus, Présentation de Jésus au temple, Recouvrement de Jésus au temple ;
- Mystères douloureux :
Agonie de Jésus, Flagellation, Couronnement d'épines, Portement de la croix, Crucifixion ;
- Mystères glorieux :
Résurrection de Jésus, Ascension, Effusion de l'Esprit (Pentecôte), Assomption de Marie, Couronnement de Marie au ciel.
Le pape Jean-Paul II dont la dévotion mariale était manifeste a, au cours de l'année 2002, décrété une année du rosaire qui a débuté en octobre (mois du rosaire) 2002 pour prendre fin en octobre 2003. Il en a profité pour nous inviter à contempler Jésus-Christ, Lumière du monde. A partir de cette date, il nous a proposé les mystères Lumineux qui sont :
- Baptême du Christ
- Noces de Cana
- Prédication de Jésus
- Transfiguration de Jésus
- Institution de l'Eucharistie
Le rosaire aujourd'hui se compose de 20 mystères au lieu des 15 connus antérieurement. Ainsi, nous concluons en disant que le rosaire n'est autre qu'un grand chapelet. Il est 4 fois 5 dizaines que l'on récite en 5 mystères, nous souvenant de la vie de Jésus et de Marie. Le bienheureux Jean-Paul II, à propos du rosaire, avait déclaré : « Le rosaire est ma prière préférée. C'est une prière merveilleuse, merveilleuse de simplicité et de profondeur».
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.