Islam Louis Etienne
Ce texte qui montre l'importance de la femme dans le monde est vieux d'un siècle. Il a malgré tout gardé toute sa fraîcheur et les mots qui font éloges du sexe opposé sont très simples. Le texte est encore actuel et les idées qui ont été soutenues sont profondes et géniales. Ulrick n'a pas de problème de langue pour être convainquant, cohérent et sublime. Nous prenons un immense plaisir à analyser les textes du maestro pour leur structure, leur charpente et les idées qu'ils ont véhiculées. Les idées du maestro ne méritent aucun ajustement malgré le temps. La philosophie préconisée est encore intacte, pure et sans déchet.
Dans la première partie du texte, il parle de vivre sans souci si la femme n'existait pas. L'homme serait très confortable sans besoin inmiment de travailler. Le travail n'est pas une nécessité parce qu'il vivait sans souci sans femme et sans famille. Ensuite, il présente la femme comme étant la source de toutes les obligations et de tous les engagements. Pour pouvoir faire face aux obligations, il faut disposer des moyens, par contre il vous faut travailler et travailler dur avec courage et détermination.La femme est la pierre angulaire et l'épine dorsale de la famille. Elle est seule à donner naissance. La notion de famille est inconcevable en dehors de la femme. Il n'y pas d'enfants ni de générations sans femme. Il a vite compris que la vie sans femme est un enfer. Il s'est rapidement repris en affirmant dans une deuxième partie que nous ne cessions de penser à elle dans tout ce que nous faisons. Nous travaillons pour elle, nous tournons autour d'elle, nous ne sommes rien sans elle, nous sommes condamnés à nous associer à elle de gré ou de force pour donner un sens à la vie et une orientation à notre avenir; c'est effectivement une condamnation: pas d'avenir, pas d'espoir et pas d'amour sans femme.
La femme est une créature divine qui a pris naissance pour accompagner l'homme dans son cheminement ; ensemble, ils forment une famille qui est la cellule de base de la société. L'homme quittera son père et, sa mère pour s'attacher à sa femme et, ensemble, ils ne seront plus qu'un. Cette parole est biblique. Ils s'aiment, se marient et donnent naissance à des progénitures pour cimenter leur amour et donner une couleur à leur vie. Ils se sont trouvés de bonnes raisons pour lutter, pour travailler afin d'éduquer leurs enfants, de leur donner le gite et le couvert. Les enfants grandissent, les parents vieillissent, les générations se succèdent et la vie continue. Le plan de Dieu au sujet de la création est complet. Aucune autre issue ne peut conduire à la famille ainsi constituée: le père, la mère et les enfants. De générations en générations, nous transmettons les valeurs moyennant que les plus jeunes marchent sur les traces des anciens et construisent de la même façon qu'eux. Les alliances et les unions contre nature sont à proscrire. Le mariage est comme une institution pour légaliser la production et combler ainsi l'attente des parents. A bien réfléchir, pourquoi se marier s'il n'y aura pas de descendants?
Ulrick pense que, sans la femme, il y aurait un vide et que la vie n'aurait aucun charme. Il est important de préciser qu'il n'y a pas d'erreur dans la création. En venant au monde, l'homme a trouvé tout ce qu'il faut pour lui procurer le bonheur. La femme n'a pas pris naissance par accident et c'est elle qui a aussi la possibilité de procréer. Donc, sans elle la terre serait un désert. Ulrick n'aurait peut-être même pas la chance de produire ce texte, parce que, pour lui aussi, il a fallu une femme pour le mettre au monde et cette femme a du donner beaucoup de plaisir de joie et d'affection à son père Constant avant, pendant et après cette naissance. Cette partie du texte est essentiellement philosophique, car elle remet en question l'origine même de la femme et lorsqu'on interroge l'origine de la femme, on met en question l'origine de toute la création. L'homme domine certainement la nature, mais quel que soit l'homme, il a pris naissance dans les entrailles d'une femme. En logique mathématique, l'inexistence de la femme aurait entrainé la disparition de l'humanité toute entière, parce que les hommes à eux seuls ne pourraient jamais donner naissance à d'autres hommes sans femmes.
L'auteur conclut qu'après avoir bien calculé, l'homme a constaté que les choix ne sont pas multiples. Ils sont condamnés à prendre femme pour l'aimer, partager son intimité et procréer. Mais, avant cette étude qui conduit à la condanation, Ulrick n'avait pas réalisé que c'était une loi divine. Il n'y a pas de surplus dans la création. Dieu a tout donné, maintenant c'est à nous de tout utiliser et avec la manière. Elles sont effectivement belles, en forme, mais nous ne rejoignons pas Ulrick dans la résignation pour périr .La résignation est le fait d'accepter passivement une situation. On n'est pas obligé de s'accrocher à une femme par résignation. On peut tout aussi bien faire le choix du célibat d'une part, ensuite on ne choisit pas la femme pour périr, mais pour mieux vivre. L'attirance à une femme est personnelle. On n'est pas attiré par toutes les femmes, mais par celle qui nous attire, nous transmet a priori ce sentiment de bien-être et de partage qui nous oblige à la prendre en considération, à perdre, tout au moins pour un moment, notre self-control pour lui dire des mots qu'on n'a jamais dit au paravent. C'est tout un travail pour faire la cour à cette femme. C'est tout un processus, un processus ne saurait conduire à une résignation.
Un simple problème d'interpretation.
Ce texte est associé à une histoire aussi ridicule qu'insolite qui a marqué la vie de l'institution. Elle a failli mettre fin de manière prématurée à l'aventure septentrionale juste pour une question d'audition, de bon sens et d'interprétation. C'était une habitude dans le Nord de gérer les hits de la façon suivante: On les joue dans les soirées dansantes pour permettre aux stations de radio de les enregistrer, de les diffuser sur les ondes, de communiquer les textes aux fanatiques avant la sortie du disque. Cette chanson a été diffusée sur les ondes pour la première fois à l'avant- veille de la Saint Jean-Baptiste patron du Trou-du-Nord le 22 Juin 1963.
1963 était une année politiquement difficile pour le pays à Port-au-Prince notamment depuis l'incident du nouveau Collège Bird ou on avait tire sur le fils de président Duvalier, les écoles ont été immédiatement fermées. Les directeurs d'école ont dû utiliser d'autres artifices de calcul pour décider du passage des élèves en classes supérieures. Vous connaissez tout le sombre tableau qui a accompagné l'événement. Le nombre de victimes n'a pas été dénombré.
Dans le Nord et le Nord-Est, les écoles étaient aussi paralysées. On a eu de très longues vacanses.Un conflit ouvert opposait les Volontaires de la sécurité Nationale (V.S.N) aux alliés du colonel Pierre Paret et du capitaine Bulcher Philogène.Le capitaine était le chef direct des insurgés qui enlevait le sommeil aux tenants du pouvoir en place. Il avait la réputation d'être intrépide et invisible. Les insurgés avaient le contrôle de la zone frontalière du Nord-Est et tenaient les forces gouvernementales (militaires et VSN) en échec.
Les VSN régnaient en maître sur toute l'étendue de ces deux départements (Nord et Nord-Est) jusqu'a la fontière.Non seulement ils arrêtaient, mais ils étaient aussi les seuls juges pour décider de maintenir en vie ou de donner la mort sans inquiétude ni explication. Les pires qualificatifs qu'on pouvait vous donner à l'époque étaient''Kamoken'' ou bien " Communiste'', dès qu'on commence par vous traiter de la sorte, vous êtes un cadavre ambulant, vous circulez avec votre cercueil sous les aissailes.Personne n'était à l'abri et aucun secteur n'était épargné ; beaucoup de familles ont perdu des enfants, des parents, et des alliés parce qu'ils étaient ou bien des opposants au régime ou bien ils prenaient le contre-pied du système.
Les détenteurs du pouvoir politique dans le grand Nord devenaient très susceptibles, ils voulaient tout voir, tout entendre et tout comprendre. Dès qu'il y a quelque chose qui ne marche pas dans leur logique ou qui porte atteindre à leur honneur et pouvoir, vous êtes un''Kamoken'', donc une personne à abattre. Les professeurs de sciences sociales ont eu toutes les peines du monde pour dispenser leurs cours en classe de philosophie. Ils ne pouvaient faire aucune analyse de contenu en comparaison avec la situation actuelle sans être inquiétés ou persécutés.
Le refrain de la musique est ''Yo bèl'' Yo anfom, nap réziyen nou peri'' en parlant de la femme, cette belle créature divine et céleste qui domine le monde et son contenu. Les chefs eux-mêmes qui voyaient du rouge partout, d'autant que c'étaient des analphabètes fonctionnels, croyaient entendre " rebel yo anfom, nap réziyen nou péri ". Imaginez la suite, nous sommes en 1963 après l'incident du Nouveau Collège Bird!
Reziyen nou peri
Si fanm pat egziste, gason ta byen anpil
yo pa tap genyen sousi
Yo pa tap bezwen travay
Tou sa nap fè nan lavi se a yo nap pansé.
Ala de traka sa se yon kondanasyon.
Epoutan si nou byen kalkile
Nou wè ke san yo tava gen yon vid
la vi a tap blèm, li pa tap gen okenn cham
.Epoutan si nou byen kalkilé
.Nou wè ké san yo tava gen yon vid.
Kisa pou nou fè ?
Nap réziyen nou peri
Kè
Yo bèl yo anfom, nap reziyen nou péri
Se vré.
Composition : Ulrick Pierre-Louis
Vocal : Roger Colas
Rythme : Meringue.
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