Selon le Nouveau Petit Robert, la « béatification est un acte de l'autorité pontificale par lequel une personne défunte est mise au rang des bienheureux. » Elle est une étape de la procédure de canonisation. Le pape permet alors la vénération publique du bienheureux de l'église du pays (diocèse) où vivait la personne, dans la congrégation religieuse à laquelle elle appartenait, et dans les lieux qui reçoivent cette permission. Pendant des siècles, on s'en remettait à la « vox populi » ou à la voix du peuple qui faisait les saints, les saintes. Devant certains abus, l'Eglise catholique s'est dotée d'une procédure qui a subi des évolutions. Celle qui est actuellement en vigueur a été enclenchée par Paul VI, et mise au point par le pape Jean-Paul II, le 29 janvier 1983, et complétée par l'article 9a des Normes pour la cause des saints (7 fév. 1983), et se déroule en trois (3) étapes: - enquête diocésaine effectuée sur le lieu de vie du futur bienheureux ou saint; - procès devant la Congrégation romaine pour les causes des saints; - décision du pape après conclusions de la Congrégation. C'est au cours de cette seconde phase qu'intervient le promoteur de la foi, communément appelé « avocat du diable ». Le processus devant aboutir à la béatification ou à la canonisation d'un ancien fidèle peut s'échelonner sur des années, voire des siècles. C'est le cas, par exemple, de Jeanne d'Arc, morte en 1431 et canonisé en 1920. Par contre, il y en a d'autres qui durent très peu d'années : Josemaria Escriva de Balaguer, le fondateur de l'Opus Dei (27 ans), Thérèse de Lisieux (28 ans), Thomas Becket (3 ans). D'autres, enfin, ont eu lieu plus rapidement : Pierre de Verone et Antoine de Padoue, canonisés en un an. Comme dans tout procès, l'accusation et la défense s'affrontent. Le postulateur de la cause tente de montrer que le bienheureux est digne d'être canonisé. Le promoteur de la justice, « avocat du diable », pour sa part, cherche à prouver le contraire. L'avocat du diable fait partie du collège. Au cours de la procédure, sa mission consiste à ne laisser aucune zone d'ombre dans la vie du « serviteur ou de la servante de Dieu », de souligner tout ce qui pourrait être défavorable à sa béatification. A la fin du procès, les médecins se penchent sur le dossier, l'examinent en fonction du ou des miracles attribués à l'intercession du serviteur ou de la servante du Seigneur. Pour les membres de la Congrégation pour la cause des saints (Ccs), le miracle doit être un évènement extraordinaire qui est scientifiquement inexplicable et directement attribué à l'intercession du serviteur ou servante de Dieu. Dans le cas des saints, la plupart des miracles sont des guérisons. Les grâces ou les faveurs exaucées à la suite de prière à la servante ou au serviteur de Dieu sont l'évidence que Dieu lui-même est à l'origine de la réputation de sainteté de cette personne ou de ce serviteur. Le miracle n'est autre que le signe de l'approbation divine. Il confirme la présence de Dieu, en ce sens c'est lui qui a éveillé dans l'âme des fidèles le sentiment qu'un serviteur ou une servante de Dieu est digne d'être canonisé (e). Il est soumis à un contrôle scientifique exhaustif par des experts. Suite à cette expertise, le dossier est soumis aux théologiens qui à leur tour, le passe au crible avant de soumettre leur rapport au souverain pontife qui a la charge de déclarer ou non que le serviteur ou la servante de Dieu mérite d'être compté au rang des bienheureux, lors d'un consistoire. Aux yeux du commun des mortels, béatification et canonisation se confondent. Mais, aux yeux des experts, la différence est claire. Si, pour être appelé bienheureux, il suffit d'un miracle, la canonisation requiert davantage. Dans la procédure actuelle, déterminée par la Constitution apostolique « Divinus perfectionis magister », l'examen d'un nouveau miracle est demandé après la béatification et cela même dans une cause de martyre. L'examen des miracles pour une canonisation se fait selon les mêmes règles que pour une béatification. Dans la plupart des cas, le miracle allégué est un miracle de guérison, il a valeur de preuve. Il se pourrait aussi que le miracle ne soit pas une guérison, mais un fait miraculeux. Il n'existe aucune différence de qualité entre le bienheureux et le canonisé. Leur valeur, c'est-à-dire leur capacité à accomplir des miracles, est identique. Qu'il s'agisse de la béatification ou de la canonisation, tout se déroule à partir d'un décret pris par le souverain pontife en faveur d'une personne dont la foi chrétienne a été marquée par des vertus naturelles et chrétiennes de façon exemplaire ou même héroïque. Au niveau de la béatification, le culte se limite au diocèse, à la congrégation religieuse ou à une cité. Par la canonisation, le pape accorde au culte une valeur plus grande, le bienheureux peut être inscrit au catalogue des saints. Si la béatification est la reconnaissance publique de la sainteté d'un (e) baptisé (e) défunt (e), la canonisation n'est pas un grade supérieur, mais l'extension à l'Eglise universelle du culte plus restreint autorisé lors de la béatification et lui confère le droit d'être compté dans le martyrologe romain. L'Eglise catholique romaine reconnaît le pouvoir de l'Esprit-Saint en honorant ses enfants qui vivent des vies de héros, remplies de joie et d'amour. Elle souhaite encourager les fidèles à marcher dans la voie de la sainteté qui est la vocation universelle des chrétiens (concile Vatican II) en leur proposant des modèles et des intercesseurs fraternels. Les saints sont sources de joie, d'espérance et leur amitié augmente notre amour et notre union avec Dieu et nos prochains. La canonisation est une façon de remercier Dieu, en honorant la personne qui lui a été fidèle toute sa vie. Il est à signaler à l'encre forte que, dans la religion catholique, les saints ne sont pas adorés et ne doivent pas être adorés. Ils sont vénérés. Ils nous sont proposés comme modèles. Seul Dieu est saint et mérite d'être adoré en esprit et en vérité. Dieu nous invite à sa contemplation. Il nous appelle, car l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ... Dieu est esprit, il faut que ceux qui l'adorent le fassent en esprit et en vérité (Jn 4 : 23-24)