J’ai souvenance d’une parente âgée restée célibataire qui justifiait son choix de ne point convoler avec un quelconque chevalier servant par le fait que ce dernier sur le lit conjugal, faisant fi de toute approche galante, se soulagerait en émettant bruyamment une flatulence peu odorante. Cette image presque scatologique l’aurait à ce point traumatisée qu’elle fit vœux de ne partager la couche de personne. C’est bien dommage que dans la vie tout ne soit pas rose (ne voir ici aucune allusion politique) et que de temps à autre nous soyons confrontés au revers de la médaille.
Au fait, je ne comprends pas trop le pourquoi de cette expression, car quelle que soit la face de la monnaie, nous avons toujours de l’argent qui, s’il ne fait pas le bonheur, y contribue grandement ! je vous invite donc aujourd’hui à vous munir de masque à gaz, car nous allons nous immerger dans le côlon en pleine action et cet organe a pour fonction, entre autres, de produire nos excréments et les fameux pets.
Bizarrement, l’évocation de ce sujet ramène en moi une foultitude de souvenirs comme, par exemple, la définition du pet qu’un plaisantin en classe de sixième nous fournit complaisamment. Le plus cocasse est qu’ayant grandi, il occupe aujourd’hui un poste éminemment moral lui interdisant ce genre d’écart, du moins en public. Heureusement que nous avons nos moments d’intimité où nous pouvons nous relâcher, nous défaire de ce carcan de règles de bienséance étouffantes parfois, pour le malheur, des fois, de notre entourage proche qui en fait les frais. Ainsi, mon camarade d’enfance nous avait défini le pet par : « canonnade tonitruante s’échappant de la vallée de nos fesses pour annoncer l’arrivée prochaine du général Caca ».
Bon, j’y ai évidemment mis un peu de mon cru, car j’ai la fâcheuse habitude de vouloir tirer à moi toute la couverture. Je ne pense pas que mon camarade, si d’aventure il se souvient de son fait, soit prêt à en défendre un quelconque droit d’auteur, vu la position qu’il occupe à présent.
Vous devez savoir que l’émission bruyante de gaz est le pet. Mais sans bruit accompagnée de relent, elle prend le nom de vesse ; même si elle est incongrue en bonne société, elle signe le bon fonctionnement du côlon. En moyenne, un adulte émet entre 0,5 à 1,5 litre de gaz par jour entre 12 et 25 occasions. Nous sommes donc invités à nous retenir pratiquement chaque heure et je suis sûr que chacun de vous possède de ces anecdotes où l’on s’est oublié le plus souvent par inadvertance lors d’un effort incongru dont le plus simple est le fou rire. Dans ce dernier cas, le plus souvent l’hilarité du groupe persiste, mais aux dépens du malheureux qui n’a su contrôler son sphincter. Mais qu’arrive-t--il au gaz que l’on réprime ?
La croyance qu’un rot, le gaz émis par la bouche, soit en fait un pet réprimé et donc détourné, est fausse. Le rot, lui, est une éructation gazeuse qui nous sort par la bouche et d’origine gastrique, c’est-à-dire venant de l’estomac. Heureusement pour nous, sinon nous aurions la faculté d’émettre nos selles par la bouche et condamnerait pas mal de pratiques dont la plus charmante serait celle de s’embrasser. Nos pets refoulés s’accumulent pour sortir lors du sommeil et nous voici retournés à l’inconfortable situation qu’appréhendait tant ma parente.
Moralité messieurs: débrouillez-vous pour péter un max le jour pour ne pas incommoder celle qui partage votre couche. Quoique d’après les témoignages masculins, bien des tenantes du beau sexe sont dotées de la même faculté, car elles aussi se retiennent le jour. Donner aux hommes le monopole de la flatulence nocturne est donc discriminatoire : dans le secret de l’alcôve, quand se taisent les soupirs d’une joute érotique, font suite les manifestations des côlons enfin maîtres d’eux-mêmes… Mais que contiennent nos vesses et pets ?
Ils sont le résultat du travail des bactéries saprophytes qui colonisent notre intestin et fermentent nos aliments. Certains, comme les viandes rouges et les féculents (sauf le riz), produiraient plus de gaz que d’autres. Parmi ces derniers, on retrouve en grande quantité de l’azote, de l’oxygène et du gaz carbonique. Certains sont inflammables comme le méthane et l’hydrogène. La mauvaise odeur vient du sulfure d’hydrogène qui a l’odeur d’œuf pourri et du scatol et de l’indol responsables, eux de l’odeur fécale.
Pour ces derniers, mes recherches m’ont fait découvrir qu’ils ne sentent mauvais qu’à forte concentration. Sinon, en petite quantité, ils ont une odeur florale que l'on retrouve dans plusieurs plantes et huiles essentielles, parmi lesquelles la fleur d'oranger et le jasmin. Mieux ! Le scatol est utilisé comme fragrance et fixateur dans de nombreux parfums ainsi que comme composé aromatique. C’est drôle quand même de penser que certains parfums qui se vendent très chers ont pour base des odeurs de merde !
C’est sur cette note amusante que je vous quitte non sans vous donner ce petit conseil : si en pleine réunion vous voulez vous soulager d’une flatulence pressante, utilisez les fauteuils bourrés : ils masquent tout le bruit et une bonne partie des odeurs (expérience vécue) !
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