Seul devant mon petit écran, la RTNH aura tout fait pour que je rédige ce mini récit commenté du 1er janvier 2014...
Vu de loin, beau décor. Tout avait l'air propre, de la Cathédrale Saint Charles Borromée des Gonaïves à la Place de l'Indépendance. La joie visiblement n'était pas sur les visages. Crispations intérieures. Rires forcés. En guise d'un message évangélique pouvant toucher les coeurs, l’évêque des Gonaïves, Monseigneur Yves Marie Péan, a plutôt livré un long sermon politique comme s'il n'y en avait pas assez. Ça devenait quelque peu ennuyeux. Véritable supplice. Le Concordat, quand tu nous tiens...
Alors que l'agent intérimaire de l'exécutif Steven Saint-Fleur s'est comporté comme un élu, au nom de quoi ou de quelle démocratie, le vrai élu le député de la ville des Gonaïves, Sadrac Dieudonné (opposition/PRI), ne pouvait pas être là pour s'exprimer devant ses mandants comme l’exige la coutume. Cependant sur huit (8)* anciens présidents (3 issus des élections, un héritier de la dictature et les autres provenant de coups d'Etat ou circonstances atténuantes) invités à la célébration du 210e anniversaire de l'Indépendance, seulement deux (2) ont répondu à l'invitation. Paradoxalement, il s'agit de Baby Doc (Duvalier) et Prosper Avril. Pour les autres, ils ne pouvaient pas, donc empêchés tout simplement à en croire le porte-parole et MC du jour Lucien Jura, de même que le président Martelly. Personne ne saura s'ils ont décliné ou boudé l'invitation. Le groupe français ZEBDA chantait il y a quelques années de cela: « J'ai accepté par erreur ton invitation... » On vous laisse deviner la suite en allant sur Youtube. Allo Maman, je passe à la télé! Le leader du KID, membre du MOPOD, Monsieur Evans Paul était remarqué. On se souvient de sa suggestion du samedi 28 décembre 2013 au président Martelly, sur « Ranmase » Radio Télé Caraïbes, d’inviter aux festivités du 1er janvier tous les anciens chefs d’Etat Haïtiens en vie. Chose dite, chose faite. KP serait dans le secret des dieux ou aurait-il les oreilles du président? Ne cherchez pas à comprendre. Cet article n'est qu'un reportage maison grâce au « service public » de la RTNH.
De quoi le président Martelly a-t-il parlé ce 1er janvier 2014 aux Gonaïves? Visiblement presque de tout et de rien. Qu'a-t-il proposé? Apparemment du vivre ensemble. Appel incessant à l'unité des fils et filles de Dessalines et de Pétion pour mener la bataille contre la faim, l'ignorance, l'exclusion, etc. Apaisement politique pour sauvegarder la stabilité. Sur quoi a-t-il mis l'accent? Du dialogue politique. Esprit de sacrifice. Demande de « cessez le feu » (fin des « toyas »). Aucune attaque sur l'opposition contrairement dans le passé. De quoi s'en est-il rendu compte? A lui seul, comme « chef suprême », il ne va pas y arriver. La même rengaine depuis trois ans. Qu'a-t-il promis? D'un air incertain et de manière vague, il promet des élections crédibles sans préciser de dates. Sans détails. (Certainement pas avec Emmanuel Menard, veut-on bien croire).
Enfin 5 millions de dollars pour Gonaïves en préparation du carnaval. Cette promesse, semble-t-il, n'était pas écrite dans le papier que le président lisait. Il voulait attirer les applaudissements. Il l'a fait à l'oral. (Ces 5 millions sont l'équivalent d’une dépense non budgétisée de US $ 2.5 millions/mois pour les deux premiers mois de 2014 aux Gonaïves). Le respect de la loi a la vie dure avec Tèt Kalé.
Comme dans toute adresse à la nation, ce qui a marché ou pas pendant 3 ans de règne? Le chef de l'Etat n'a pipé mot. Comment y remédier? Ça valait plus la peine puisqu'il s'en moque.
Silence total sur la République Dominicaine. Rien sur la réduction des dépenses publiques, les taxes, impôts, les chantiers bloqués, Petrocaribe. Aucun bilan sur ses propres priorités. Quid de l'année 2013/Environnement. Rien sur le salaire minimum. Ce qu'on peut dire définitivement : les voeux présidentiels sont un exercice de style.
Les voeux du président montrent qu'il veut beaucoup de choses mais il ne réussit pas grand-chose. C'est consternant, c'est désolant, c’est déroutant, tout ce qu'il annonce c'est qu'il va continuer la même politique
instaurée depuis 3 ans. Les élections seront probablement l'occasion de dérailler ce train fou qui va dans le mur. Ce qu'on demande en réalité au président, ce sont des actes. On le jugera sur des actes. Car La république n'est pas négociable, il faut que le président la respecte.
Shalom.
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