L’année 2014 ne s’annonce pas la meilleure à l’International, que ce soit d’un point de vue politique ou économique. Entre les suites de l’affaire Snowden, la crise en Syrie, les déflagrations en Centrafrique, au Sahel, au Sud-soudan, une économie mondiale moribonde et les éternels dossiers iranien, nord-coréen, israélo-palestinien; 2014 ne fait pas trop rêver et risque d’être chaude. Aux Etats-Unis, 2014 sera une année électorale, ce qui risque de paralyser un peu plus un Président Obama déjà affaibli par des échecs successifs comme les ratés liés au lancement de son Obamacare et ses tergiversations multiples en politique extérieure, notamment à propos de la Syrie. A deux ans de la fin de son mandat, Obama est mis en minorité dans l’opinion publique interne, ses relations sont compliquées même avec ses plus proches alliés du fait principalement des révélations d’Edward Snowden sur les pratiques d’espionnage américaines, y compris sur des dirigeants amis comme Angela Merkel et François Hollande. Barack Obama est donc déjà un canard boiteux qui doit rebondir s’il veut s’assurer un deuxième mandat réussi. Au menu du Président Américain pour 2014, les plats chauds ne manqueront pas : du sensible dossier nucléaire iranien à l’immuable conflit israélo-palestinien en passant par l’impétueuse Corée du Nord, la montée en puissance de la Chine et d’éventuelles parties d’échec avec Vladimir Poutine dans des sphères d’influence russes. Ce nouvel an ne sera donc pas une année de tout repos pour Obama et ses opposants républicains se feront une joie à la première occasion de gâcher son sommeil. En Syrie, l’affaire est bloquée et restera corsée. La Syrie, de par sa position géopolitique et géostratégique, représente l’équilibre fragile de la région. L’enjeu est tel qu’en Syrie des puissances sont prêtes à se livrer une véritable guerre par procuration. Les iraniens qui se sentent encerclés par des monarchies pétrolières de confession sunnite ne veulent surtout pas que Bachar al-Assad tombe, car c’est le seul allié sûr qu’ils ont dans la région et ont envoyé des milliers de miliciens du Hezbollah libanais à la rescousse du pouvoir en place à Damas. Les Russes ne peuvent se passer d’un régime ami en Syrie, car il dispose de leur seule base militaire dans la région au combien stratégique du Moyen-Orient. Le troisième larron, Nouri Al-Maliki, au pouvoir à Bagdad en Irak, lutte contre des subversions orchestrées là aussi par Al-Qaïda et ses alliés sunnites et on connait bien le dicton « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». Les soutiens d’Assad resteront donc fermes à ses cotés, d’autant plus que l’opposition est beaucoup trop divisée et affaiblie pour changer la donne militaire sur le terrain. D’ailleurs, les rebelles ne se battent plus seulement contre le régime du Président Assad mais entre eux. Conférence de Genève II ou pas, Assad est encore maitre des lieux et une solution rapide à la crise est plus qu’improbable. L’Afrique sahélienne s’est fait un nom dans le Jihad mondial avec des groupes comme AQMI, Shebab et Boko Haram, passant des prises d’otages classiques à de véritables actions subversives que ce soit au Mali, en Lybie, au Niger, au Nigeria, au Kenya, en Somalie… Les jihadistes ont même failli prendre le pouvoir au Mali, ce qui a nécessité une intervention de l’Armée française, nouveau Gendarme de la région, pour freiner la progression de ces fondamentalistes. Au Sahel, l’année 2014 sera encore chaude. Elle sera, peut-être, plus volatile encore en République Centrafricaine où une crise politique est sur le point de se transformer en véritable guerre confessionnelle. Volatile, elle l’a toujours été en Irak depuis une décennie et elle le sera sans doute pour des raisons diverses en Egypte, en Turquie, en Ukraine et au Sud-Soudan. Pour rafraichir un peu l’atmosphère, la Séléçao apportera, peut-être, un peu de baume au cœur des Brésiliens et des fans de foot du Monde. D’un point de vue économique, le dernier rapport sur les perspectives de l’économie Mondiale du Fonds Monétaire International ne projette pas une année reluisante et donne le tas. En effet, le FMI prévoit que la croissance mondiale restera faible de l’ordre de 3.4% et que sa dynamique évolue (de manière négative) ; et donc de fait, les prévisions risquent encore d’être révisées à la baisse. D’autant que des facteurs de risques persistent comme le ralentissement de la croissance chinoise qui pèsera sur de nombreux autres pays, notamment les pays émergents et les pays en développement qui exportent des produits de base. Par ailleurs, des problèmes de longue date, à savoir un système financier fragmenté dans la zone euro et une dette publique inquiétante dans tous les grands pays avancés, restent sans solution et pourraient provoquer de nouvelles crises selon le FMI. Les pays principaux doivent d’urgence adopter une politique économique qui leur permet d’améliorer leurs perspectives selon l’Institution financière de Breton Woods : sinon, l’économie mondiale pourrait bien se retrouver sur une trajectoire de croissance languissante à moyen terme. Bon nombre de pays émergents doivent engager une nouvelle série de réformes structurelles, notamment la Chine qui doit accroître ses dépenses de consommation intérieure pour être moins dépendante dans sa croissance des exportations et des investissements externes. Des réformes structurelles qui passeront sans doute aussi par des coupes drastiques dans les dépenses publiques. Scenario qui ne manquera surement pas de provoquer la colère des citoyens respectifs de ces Etats et jeter des gens dans les rues comme c’était le cas dans certains pays émergents, comme le Brésil l’année écoulée et plus violente encore en Afrique du Sud. Au bas mot, rien de bon. La nomination de l’économiste chevronnée Janet Yellen à la tête de la Banque Centrale Américaine laisse présager la poursuite de la politique monétaire accommodante de la FED. Cette nomination est de nature à rassurer les marchés financiers et éviter une vulnérabilité systémique, tout en espérant que les fondamentaux de l’économie américaine restent bons pour ne pas nuire à la timide reprise et les améliorations sur le marché de l’emploi. Car ce n’est plus un secret depuis fort longtemps, une petite grippe américaine est de nature à provoquer une pneumonie dans des pays périphériques dépendants comme Haïti. 2014, on y est et on croise les doigts !!!