Nous avons traversé allègrement la fin de l’année 2013 et nous voici arrivés, tant bien que mal, à l’année 2014 en étant volontairement déterminés à tenir de bonnes résolutions que nous avons prises après délibération comme d’habitude. Dialoguer, dialoguer, tel est partout le mot d’ordre ! Sur toutes les lèvres. C’est la plus souple des formes d’expression entre deux personnes. Jusqu’ici, on se contente de vivre au jour le jour, bouchant un trou par ici, en creusant un autre par-là. On s’entête à vivre et à agir comme par le passé et, de quelque côté qu’on se tourne, on se heurte à une impasse et à l’incohérence. Certes, de longs dialogues, des colloques particuliers ont tendance à se former petit à petit, mais les échanges de paroles sont plutôt ponctués de sourires féroces. Ça chauffe terriblement ! Souvent même, on assiste à ce spectacle paradoxal de «fusion» de groupes qui n’est qu’un contrat d’association où tout le monde est d’accord sur le but à atteindre et le moyen d’y parvenir, mais que nul ne veut employer. Nous allons chercher à relier le dialogue, mais par des discussions organisées entre plusieurs personnes sur des questions ou sur un ensemble de notions qu’on affirme vraies et par lesquelles on prétend fournir un interprétation des faits, orienter ou diriger l’action, en s’efforçant de garder le sourire et de ne pas prendre une expression ironique par un léger mouvement de la bouche et des yeux. Bien souvent, des hommes animés des mêmes désirs ne parviennent pas à s’entendre et s’agitent en vain pour aboutir à la stagnation et à une lamentable stérilité. 2014 sera donc l’année du dialogue dans une atmosphère de concorde, de désintéressement indispensable. En restant face à face, sans décider à s’entendre, nous jouons à piétiner dangereusement sur un terrain mouvant qui peut nous conduire, malgré nous, aux pires calamités.