Par Pierre-Raymond Dumas Inaugurés le vendredi 14 février 2014 par le président Michel Martelly, accompagné du Premier ministre Laurent Lamothe et d’une imposante délégation gouvernementale, le Centre de convention, le bord de mer, l’amphithéâtre, la place publique Pétion et Bolivar et le Complexe sportif dont la construction a été effectuée par la firme Constructora ROFI ont bénéficié du financement du programme PetroCaribe et du Trésor public en générant 275 emplois. Des efforts soutenus et, in fine, appréciables pour arriver à ces réalisations (qui visent à faire de Jacmel une vraie destination touristique) ont été déployés par deux maîtres d’ouvrage, le ministère du Tourisme et la mairie de Jacmel; l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP) a joué sa partition en tant que maître d’ouvrage délégué. Curieux point de ralliement où se croisent ceux qui font retour sur le passé et ceux qui viennent se gorger de modernité. Lancée le 30 juillet 2012 par le Premier ministre, en présence de la ministre Stéphanie Balmir Villedrouin, la première phase du vaste projet de rénovation du centre historique de Jacmel vient de s’achever. Une enveloppe de 40 millions de dollars américains, tirée des fonds du programme PetroCaribe, est disponible pour son exécution : 13,5 millions de dollars sont déjà engagés dans la première phase. Pouvant accueillir 800 à 1 000 personnes, le Centre de convention, l’un des plus remarquables investissements dans la cité d’Alcibiade Pommeyrac et de Mérisier Jeannis, occupe 1 250 mètres carrés. Logé en partie à l’ancien local de la douane, il contient un hall, un podium, deux loges et des espaces de bureaux ainsi que soixante places de stationnement, une salle de régie, des cuisines et des vestiaires (pour les artistes). Ce site emblématique, utilement réaménagé, me semble bien être le creuset de tout un avenir opposé à l’immobilisme et à la passivité. Reconnaissons qu’il y a compatibilité entre la terre, représentée par le boulevard, et l’appel de la mer, avec ses ondes et frémissements incessants. Y a-t-il quelque chose de plus magique que la mer ? Le boulevard au bord de la mer de 600 m de long comporte un bloc sanitaire et des espaces de bureaux. Encore avons-nous la chance de vivre sur une presqu' île qui a au moins cet avantage d’avoir quelques bords de mer protégés. On y retrouve l’amphithéâtre à ciel ouvert –de 500 places – avec loges, de l’éclairage public et autres facilités. L’air est si bleu, voué à la mer et à l’outre-mer. Et dans cet amphithéâtre, que faut-il mettre pour le rendre parfait, fonctionnel ? Des vies qui aient une âme, c’est-à-dire des gestes et des paroles nécessaires. En continu, des spectacles. Ce boulevard, l’une des attrayantes merveilles du pays, et l’amphithéâtre, muni d’un parterre tout en couleurs, qui offre lui aussi des espaces de bureaux, sont, comme on le voit, indissociables. Lieux appropriés pour associer dans le même recueillement ou la même fièvre le souvenir des succès éclatants, le génie des artistes, les rencontres de prestige et la base des décisions collectives, ils forment un tout, pour bien dire, un couple. Avec des bancs intégrés, à mi-chemin du boulevard du bord de mer (autrefois dénommé « Lakou New York »), des espaces de promenade et un d'aménagement paysagé, la place Pétion et Bolivar, séparée du bord de mer (hier insalubre et malfamé) par le Centre de convention, est en somme une source de détente, de fierté et d’émerveillement, d’abord pour les Jacméliens, ensuite pour tous nos compatriotes. Charme et mystère de la place baignée de l’air marin, qui manque tellement dans les villes intérieures. Que chaque banc porte le nom d’un être cher plutôt qu’une sempiternelle usure, qu’à chaque promenade soit attaché un souvenir affectueux ou l’allégresse du lendemain, comme aux hauts faits d’armes d'Alcius Charmant ! Enfin, rejoignant le complexe sportif de Ouanaminthe, inauguré le 19 novembre 2013, le complexe sportif de Jacmel est situé dans la localité de Bois-Bœuf (Lamandou 3) – une nature apaisante. C’est à la fois un lieu de divertissement où les jeunes et moins jeunes pourront se recréer et s’adonner à des activités saines (football et basket-ball en particulier). Le maître d’ouvrage est le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique et l’UCLBP, le maître d’ouvrage délégué. Sa construction a été assurée par la même firme, précédemment citée. A bien y regarder, il s’agit d’un complexe sportif diversifié et très équipé, puisqu’il est l’addition d’un terrain de football de 90 m X 45 m, d'un terrain de basket de dimensions standards et d'un terrain mixte tenis-volleyball de dimensions standards, de quatre tribunes (deux de 60 mètres de long (terrain de football) et deux autres de 36 mètres de long (terrain de basket et terrain mixte), deux vestiaires équipés de toilettes et douches pour homme/femme, pour joueurs et arbitres), des espaces de bureaux et guichet, un bureau administratif, un système d’éclairage complet et moderne, un système de drainage, un réservoir de 15 000 gallons, des clôtures de sécurité et cinq cents places assises en moyenne par tribune pour un total de 2 000 places. Plus de mille mètres carrés de parterre aménagés avec plantes et arbustes font du complexe sportif de Jacmel une infrastructure de qualité qui répond aux normes internationales, tandis que ceux des Cayes, des Gonaïves et de Mirebalais sont en cours de construction (l’état d’avancement des travaux est de 90%). En somme, des espérances qui se réveillent devant un horizon que l’on croyait si lointain, avouons-le. La capacité des autorités tant centrales que locales à gérer ces infrastructures, voilà le grand défi à relever. Les maintenir en bon état n’est donc pas seulement naturel, c’est obligatoire à leur survie !