Fred D. Mc Guffie
Le mot Carême vient du latin « quadragesima (dies) », quarantième jour. Il provient de la contraction du mot latin quadragesima. En ancien français, on écrivait quaresme. Autrefois, on employait aussi le terme de « sainte quarantaine » pour désigner le Carême. Il s’agit, en fait, d’une référence au jour de Pâques qui termine le Carême.
Bien que célébrée à des dates différentes, la fête de Pâques est pour toute église chrétienne la fête des fêtes, celle sur laquelle se base la foi. La durée de 40 jours commémore à la fois les 40 jours et les 40 nuits de jeûne de Moïse avant la remise des Tables de la loi et les 40 jours de la Tentation de Jésus dans le désert. Cette période se situe entre son baptême et le début de sa vie publique lors desquels il fut tenté par Satan, d’après les Évangiles.
Le Carême est le temps de préparation à la fête de Pâques, cœur de la foi chrétienne qui célèbre la résurrection du Christ. Pour les chrétiens, il est une période de jeûne et de pénitence au cours de laquelle on se prépare à accueillir celui qui s’est donné pour tâche de ramener à son Père tous les hommes afin de les faire goûter au bonheur éternel. Il est aussi une période de jeûne et d’abstinence alimentaire et sexuelle. Il n’y a pas trop longtemps, il était strictement suivi par de nombreux chrétiens. Aujourd’hui, son observance s’est assouplie. Plus qu’un jeûne physique, le Carême aujourd’hui est l’occasion de faire une coupure spirituelle. Au moyen Age, le non-respect du Carême était sévèrement puni, les contrevenants pouvaient même être condamnés à mort. Aujourd’hui, seuls certains religieux et chrétiens pratiquants observent strictement le Carême. L’Église catholique d’aujourd’hui fait injonction au respect du jeûne le mercredi des Cendres et le Vendredi saint.
Origine et histoire du Carême
La pratique du Carême est très complexe. A l’origine du Carême, il y avait avant Pâques un jeûne de 6 jours qui, dès le IVe siècle, a été fixé à 40 jours. Il y eut des variations dans la manière de calculer ces 40 jours. Le jeûne de 40 jours s’est prolongé par le jeûne pascal de 6 jours (la semaine sainte), les deux (2) jeûnes étant séparés par deux (2) jours festifs : le samedi (mémorial de la résurrection de Lazare) et le dimanche des Rameaux.
Le temps liturgique du Carême s’est constitué au cours du IVe siècle à Jérusalem, Constantinople, Rome et Alexandrie. L’origine du Carême résulte d’éléments divers : la préparation des catéchumènes pour être baptisés à Pâques et le temps de pénitence publique pour la réconciliation des pécheurs.
Vers le Ve et VIe siècle, les 40 jours du Carême ont commencé le 6e dimanche avant Pâques et sont terminés le Jeudi saint, jour de réconciliation des pénitents, les dimanches faisaient partie du Carême. Le pape Grégoire le Grand (532-604) a avancé le début du Carême au mercredi précédent. Le Carême débute désormais le mercredi des Cendres et se termine le Samedi saint. Les dimanches qui sont des jours de fête ne sont pas inclus dans le jeûne. Ce temps correspondant à une période de 40 jours. Il est toutefois conseillé de faire usage de modération, au cours du Carême, les dimanches. Au VIIe siècle, le Carême fut établi dans son calendrier actuel. A cette époque, le jeûne consistait à ne prendre qu’un repas quotidien en fin de journée et s’abstenir de toute nourriture les Vendredis et du Samedis saints.
Dans le rite latin, les 3 dimanches précédant le Carême – la septuagésime, la sexagésime et le quaquagésime – étaient eux-mêmes inclus dans la préparation de Pâques. Cependant, les prescriptions du jeûne se relâchèrent très vite et dès le XIIIe siècle, le repas de midi était autorisé et complété d’une collation le soir.
Il y a lieu de mentionner les deux (2) aspects que comporte le Carême : Carême de pénitence et le temps de Carême liturgique baptismal. Le temps de pénitence (jeûne et abstinence) dure 40 jours qui vont du mercredi des Cendres au Samedi saint. Il ne tient pas compte des dimanches qui sont des jours de fête.
Le temps liturgique, centré sur le baptême, va du jour des Cendres à la célébration du Jeudi saint exclu. Les dimanches font partie du temps liturgique du Carême. Il s’étend sur 43 jours.
Si, pour la religion catholique, le Carême est une période de 40 jours, il n’en est pas de même pour les autres religions.
- Les églises réformées n’imposent pas de pratiques de pénitence ou de jeûne. L’insistance porte durant cette période sur la prédication et la méditation.
Dans le luthéranisme, il est parfois recommandé de s’abstenir de la viande le Vendredi saint, le protestantisme n’en tient pas compte. Pour lui, aucune consigne particulière n’a été laissée par les apôtres. Cette absence d’ascèse particulière, de mortification ou de repentance provient de la différence entre le catholicisme et les spiritualités issues de la réforme. Pour les protestants, le salut s’obtient par la foi seulement en sorte qu’il n’est point besoin d’accomplir des œuvres de pénitence en vue d’obtenir le salut.
L’Église orthodoxe, quant à elle, connaît deux (2) carêmes : Carême de Noël qui va du 15 novembre au 24 décembre. Cette période correspondant à l’Avent ou petit Carême chez les catholiques. Il y a également le grand Carême qui part du lundi pur au vendredi précédant le samedi de Lazare et le dimanche des Rameaux.
L’Église catholique romaine appelle Carême la période de préparation à la fête de Pâques qui est, dans le calendrier chrétien, la plus grande fête de l’année. Elle commémore et célèbre la résurrection du Christ. Les catholiques comptent un peu différemment des orthodoxes les 40 jours du mercredi des Cendres au Samedi saint inclus. Si les dimanches ne sont pas comptés dans le temps du Carême des catholiques, chez les orthodoxes on doit non seulement omettre les dimanches mais également les samedis. Au XVIIe et XVIIIe siècle, pour l’Église catholique, le grand Carême désigne les sermons extraordinaires du dimanche et des jours de la semaine. Le petit Carême, quant à lui, se limite aux instructions du dimanche. Selon Alexandre Schmemann, un des plus importants théologiens orthodoxes, le Carême est avant tout un voyage spirituel et sa destination est Pâques. L’importance et la rigueur du Carême chez les orthodoxes est à la mesure de la dimension accordée à la fête de Pâques. C’est en effet lors de la fête de Pâques que se rassemble le plus grand nombre de fidèles dans les pays de tradition orthodoxe. C’est parfois, bien plus qu’à Noël, le seul jour de fête où viennent même ceux qui ne pratiquent pas habituellement.
Pour l’Église catholique, apostolique romaine, le Carême est une longue période au cours de laquelle l’homme est invité à enlever quelques-uns des masques qui lui collent à la peau. Le Carême est un temps d’intériorité, une invitation à l’authenticité et à la sobriété et un appel à plus de solidarité.
Au cours de cette période, les chrétiens sont invités à redécouvrir la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. L’Église insiste sur la conversion des cœurs par la prière, le jeûne, et le partage.
Que ceux qui ne prient jamais prennent 5 minutes de leur temps pour le faire !
Que ceux qui savent prier prennent 5 minutes de plus pour le faire !
N.B : Au cours de cette période de 40 jours, la couleur arborée par l’Église est le violet en signe
de penitence.
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