Fred D. Mcguffie
Surnommée la Pucelle d’Orléans, Jeanne d’Arc est une figure emblématique de l’histoire de France. Née à Domrémy, aux marches de Lorraine, pendant la guerre de Cent Ans (1339-1453) opposant la France à l’Angleterre, le 6 janvier 1412, Jeanne est l’aînée d’une famille de paysans aisés de 5 enfants. Son père s’appelait Jacques d’Arc et sa mère Isabelle Romée.
Très pieuse, chaque samedi, elle se rendait à l’église de Bermont près de Greux, pour prier. À douze, treize ans, ne sachant ni lire ni écrire, Jeanne déclare avoir entendu des voix, ces voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l’archange saint Michel lui auraient intimé l’ordre de ramener le Dauphin, le fils du roi Charles VI, sur le trône et de libérer la France de la présence anglaise. La première fois, elle dit avoir eu peur. Durant quatre (4) ans, elle résiste à cet appel. Finalement, obéissant aux voix qu’elle entend, Jeanne, à 16 ans, se met en route. Arrivée à la ville voisine, elle demande à s’enrôler dans les troupes du Dauphin. Sa demande est rejetée en deux fois, mais elle revint un an plus tard. Elle rencontre le capitaine Robert de Beaudricourt et le persuade de l’aider à obtenir une audience auprès du Dauphin. Le capitaine de Beaudricourt, en entendant Jeanne, l’a traitée de folle, de prophétesse. À cette époque, elles étaient légion. Le 12 février 1429, Jeanne fait une nouvelle tentative auprès du représentant du roi à Vaucouleurs, le capitaine de Beaudricourt. Sous la pression des partisans de Jeanne, après une séance d’exorcisme, elle en sort victorieuse, de Beaudricourt cède. Il lui accorde une escorte, et en onze (11) jours, la petite troupe partie le 13 février de Vaucouleurs par la porte de France arrive à Chinon, résidence du Dauphin.
Il est à se rappeler que le roi Charles VI, dit Charles le Fol, avait des problèmes mentaux. Il était loin de jouir de toutes ses facultés mentales. Ainsi, la légitimité de son dernier fils survivant, le Dauphin Charles, héritier de la couronne, a été fort contesté du fait des aventures qu’aurait eu sa mère, Isabeau de Bavière, en particulier avec Louis d’Orléans.
Portant des habits masculins, ce qu’elle fera jusqu’à sa mort, Jeanne traverse incognito les terres bourguignonnes et, finalement, elle est autorisée à voir le Dauphin. Jeanne d’Arc ne connaît pas le Dauphin. Quand elle pénètre dans la salle du château, de nombreux gentilshommes s’y trouvaient. Le futur roi de France, Charles VII, était parmi eux, sans aucun signe distinctif. Le comte de Clermont, qui a pour mission de se faire passer pour le Dauphin, s’avance, Jeanne l’ignore et va directement s’agenouiller devant Charles en lui disant :
« Voilà le roi ! En nom Dieu gentil prince, c’est vous et non un autre ! Je te le dis de la part du Messire, tu es vrai héritier de France et fils de roi, et il m’a envoyé à toi pour te conduire à Reims, pour que tu reçoives ton couronnement et ta consécration, si tu le veux. »
Pendant une heure, Jeanne et le Dauphin se sont entretenus à l’écart des autres. Ce qu’ils ont dit, nul ne le sait. Charles a les yeux embués de larmes et précise qu’elle vient de lui confier un secret, un secret que personne ne connaissait et ne pouvait connaître, si ce n’est Dieu.
En dépit de tout, Jeanne doit se soumettre à nouveau à une enquête menée par les autorités ecclésiastiques à Poitiers afin de prouver qu’elle n’était pas une sorcière. Des matrones l'ont également examinée et ont constaté qu'elle était vierge, donc une pucelle. Une enquête a été également conduite à Domrémy. Elle passe les épreuves avec succès. Ce n'est qu'après que le Dauphin donne son accord sur son plan de libération d'Orléans, assiégée par les Anglais. Jeanne commence une série de sommations destinées aux Anglais.
Le 22 mars 1429, elle adresse au roi d’Angleterre et au duc de Bedford une lettre dans laquelle elle se déclare «envoyée de par Dieu, le roi du ciel », pour combattre les Anglais et les «bouter hors de France ».
Le Dauphin offre à Jeanne une armure. Son épée, marquée de cinq (5) croix, fait l’objet d’une histoire particulière. Jeanne la désigne après une révélation. La rouille qui la couvrait tomba sans effort. Jeanne la conservera jusqu’en avril 1430, sans jamais s’en servir, car elle ne répandit jamais le sang.
L’étendard dont Jeanne s’est servi était blanc, le Christ au jugement, avec un ange tenant une fleur de lys. L’inscription était «Jésus Maria ».
À la tête des troupes royales, Jeanne d’Arc entre dans Orléans en avril. Après quelques assauts, les Anglais lèvent le siège le 8 mai 1429. Cette victoire apparaît comme le signe de l’intervention divine, d’autant que Jeanne d’Arc avait prédit outre la mort de Glasdale, l’un des chefs anglais, la libération d'Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et celle du duc d'Orléans. Sa popularité s’accroît. Elle remonte vers Reims, délivrant chacune des villes sur son passage. Jeanne rejoint le futur roi à Loches le 11 mai et le persuade de partir pour Reims. Jeanne d’Arc a rempli sa mission : donner à la France un roi légitime.
Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, comme ses ancêtres et selon le même rituel, Charles VII est couronné roi de France. Jeanne s’est trouvée au premier rang, tenant fièrement son étendard. Des juges s’étonnaient de voir la petite paysanne occuper une place plus éminente que d’autres capitaines…
Charles VII a pris le contrôle de son royaume et négocie la paix et l’entente avec Philippe de Bourgonne. Ne pouvant se résoudre à l’inaction, Jeanne poursuivit la guérilla. En tentant de prendre Paris aux Anglais et aux Bourguignons, Jeanne est blessée le 8 septembre. Appelée à l’aide par les habitants de Compiègne assiégée, elle est capturée par les Bourguignons le 23 mai 1430. Jean de Luxembourg, leur chef, la livra aux Anglais contre rançon. Elle fut remise à la justice d’église, tout en déclarant qu’ils la reprendraient si elle n’est pas déclarée hérétique.
Un tribunal religieux français est vite monté. Jeanne d’Arc est accusée d’hérésie. Port de vêtements d'homme qui tombait sous le coup d'une interdiction canonique. Tentative de suicide qui n'était en fait qu'une tentative d'évasion lorsqu'elle se jeta du haut d'une tour du château de Beaulieu-en-Vermandois. Ses visions considérées comme une imposture et un signe de sorcellerie. Refus de soumission à l'Église militante, et divers griefs mineurs. Elle est brûlée vive sur la place publique du Vieux-Marché à Rouen le 30 mai 1431. En dépit du fait qu’elle a permis au roi d’accéder à son trône, il n’est pas intervenu pour la délivrer. Vingt-cinq (25) ans plus tard, un procès de réhabilitation a eu lieu sur la demande de Isabelle Romée, la mère de Jeanne et du pape Calixte III (1455-1458). Le 7 juillet 1456, dans la grande salle du palais archiépiscopal de Rouen, les commissaires pontificaux, sous la présidence de Jean Juvenal des Ursins, archevêque de Reims, déclarèrent le procès de condamnation de Jeanne d’Arc et la sentence «entaché de vol, de calomnie, d’iniquité, de contradiction, d’erreur manifeste, en conséquence » et, par suite, « nuls, invalides, sans valeur et sans autorité ». Cette décision a été rendue publique dans toutes les villes principales du royaume.
Le premier jugement l’accusant d’être une sorcière est annulé et Jeanne d’Arc a été réhabilitée. Elle a été béatifiée en 1909 et, par le pape Benoit XV, elle a été canonisée en 1920.
Sainte Jeanne d’Arc est fêtée le 30 mai; on la représente en armure, l’étendard à la main. Elle est la protectrice des télégraphistes et techniciens de radio. Jeanne d’Arc est la patronne de la France.
Son nom d’origine hébraïque signifie «Dieu a été miséricordieux » ou «don du Seigneur ».
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