Fred D. Mc Guffie Le christianisme a vu le jour en Palestine, région du Proche-Orient. Il est une religion monothéiste, fondée sur la relation à la personne de Jésus, sur ses enseignements et leur interprétation par ses apôtres et les premiers disciples de Jésus. Le christianisme est la religion la plus répandue dans le monde. Il a profondément marqué différentes civilisations au cours de l’histoire. Initialement, il était considéré comme une secte juive parmi d’autres. Il est présent sur tous les continents. La Bible hébraïque est l’un des deux (2) textes fondateurs du christianisme qui la nomme Ancien Testament. Le Nouveau Testament, centré sur la personne de Jésus-Christ, est le second texte fondateur. Pour le christianisme, Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Les fidèles de cette religion s’appellent les chrétiens. De nos jours, on dénombre près de deux (2) milliards de chrétiens de par le monde. Les mots « christianisme » et « chrétien » viennent de l’appellation Christ (christos en grec) qui veut dire Messie, celui qui est oint. Le christianisme se divise en plusieurs confessions : le catholicisme, le protestantisme, l’orthodoxe. 1. Catholicisme L’Eglise catholique ou le catholicisme est la plus ancienne et celle qui compte le plus de fidèles. Elle est la branche du christianisme qui reconnaît l’autorité spirituelle et juridictionnelle du pape, évêque de Rome et successeur de Saint-Pierre. Son autorité universelle vient de Jésus lui-même. Totalité et universalité tel est le sens grec ancien du terme katholikos, par lequel est désigné, dès le XIe siècle de notre ère, l’Eglise qui a été fondée par Jésus puis celle qui est restée attachée à ce titre ancien après les divisions apparues au sein du monde chrétien. Le catholicisme fonde son unité sur une communauté de foi, de sacrements et de vie religieuse (un seul Christ, une seule foi). Une, la foi catholique qui repose sur un triple fondement : l’Ecriture, qui est la parole de Dieu ; la Tradition qui est la continuité de l’action divine ; l’Eglise, dépositaire et seule interprète autorisée de la vérité. Selon l’Evangile, Jésus a lui-même désigné parmi ses apôtres un homme, Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise.» Le martyre de Pierre à Rome a ensuite désigné le 1er siège épiscopal de la ville comme celui autour duquel doit s’affirmer l’unité de l’Eglise et de la foi. C’est ainsi que dans l’Eglise primitive est établie, vers le 1er siècle, la primauté de l’évêque de Rome, successeur de Pierre. Les enseignements du Christ ont d’abord été transmis par voie orale. Aux premiers écrits chrétiens, notamment les lettres adressées par Paul aux communautés qu’il a fondées, vont succéder les évangiles de Matthieu, Marc, Luc, Jean. Face à la nécessité de légiférer pour authentifier, parmi les multiples écrits d'alors, ceux qui sont fidèles à l’enseignement est rassemblé sous le nom de Nouveau Testament en même temps que les écrits antérieurs sont rebaptisés Ancien Testament. De même, face à la multiplicité de communautés chrétiennes qui voient le jour dans tout le bassin méditerranéen, à partir du 1er siècle, sont structurées les formes de cette Eglise (assemblée), qui est appelée à préserver le message du Christ en le protégeant des interprétations erronées. Pour les chrétiens, Dieu est unique et est amour. Il considère tous les hommes comme ses fils (contrairement au Judaïsme où Dieu a une relation particulière avec une partie des hommes: les Hébreux qui se considèrent comme le « peuple élu » c’est-à-dire choisi par Dieu). En ce sens, le christianisme est une religion égalitaire. Les hommes, quels que soient leur origine, leur position sociale, leur sexe, sont considérés comme égaux. C’est par le baptême, à l’origine cérémonie pour les adultes qui manifestent ainsi leur choix, que l’on devient chrétien. Pour un chrétien, Dieu est unique et se manifeste en trois (3) personnes : le Père (Dieu), le Fils (Jésus) et l’Esprit-Saint. C’est ce que les chrétiens appellent le mystère de la Trinité. Les relations entre ces trois (3) personnes et leur importance respective de l’une par rapport aux autres ont donné lieu, au cours de l’histoire, à des interprétations différentes et à des querelles religieuses qui, quelquefois, se sont traduites par des persécutions. Pour les chrétiens, le Fils s’est fait homme : c’est l’incarnation. Sur ce point-là, il y a eu aussi des différences d’interprétations. La Passion de Jésus Christ, c’est-à-dire, sa souffrance au moment de son arrestation par les Romains et sa mort par crucifixion, a permis d’effacer le péché originel et a racheté l’humanité. C’est ce que les chrétiens appellent la Rédemption. Pour les chrétiens, après sa mort, Jésus est ressuscité le jour de Pâques. C’est la promesse pour le croyant d’une vie nouvelle éternelle après la mort. Les chrétiens croient à la résurrection des corps à la fin des temps. Pour eux, Jésus est le Christ, c’est-à-dire le Messie, le libérateur désigné et envoyé par Dieu, annoncé par les prophètes dans l’Ancien Testament. 2. Le protestantisme Le protestantisme est né au XVIe siècle d’une rupture interne à la chrétienté occidentale. A la différence de l’Eglise catholique dont l’unité est liée à la structure hiérarchique, il est constitué dès ses origines, d’un ensemble d’églises exprimant des sensibilités religieuses, voire nationales, différentes. Les quelque 400 millions de protestants recensés dans le monde participent à de nombreux mouvements et collaborent à diverses œuvres. Le protestantisme comprend notamment les églises luthériennes, les églises réformées, les frères moraves, les baptistes, les congrégationalistes, les méthodistes, les quakers et les pentecôtistes. L’Eglise anglicane, elle, représente une sorte de charnière entre protestantisme et catholicisme. Elle est en outre traversée par des courants divers. En ce qui concerne l’organisation de l’Eglise, le luthéranisme insiste sur le rôle des laïcs dans les synodes et sur la subordination de l’évêque au synode : c’est le système synodo-épiscopal. En France, l’Eglise réformée s’est constituée selon les principes de doctrine et d’organisation définis par Calvin. Cette organisation attribue le rôle de base au Conseil des Anciens (Conseil presbytéral) et le rôle déterminant au synode. Sa doctrine définit la foi comme la ferme certitude que la Parole de Dieu est la vérité de Dieu pour l’Homme et que cette Parole est contenue dans l’Ecriture, elle-même souveraine. Histoire du protestantisme Le terme de protestantisme vient de la protestation des Etats luthériens du Saint Empire contre les mesures prises lors de la seconde diète de Spire en 1529. Par diète de Spire, nous entendons une assemblée politique qui a eu lieu à Spire, en Allemagne et qui a fait date. La 1ère (1526) a contraint l’empereur allemand Charles Quint de laisser à chaque prince le choix d’adopter la religion qui lui convient sur son territoire. Lors de la seconde (1529), l’empereur voulant revenir sur cette concession et interdire toute propagation de cette réforme s’est heurté au refus de 19 princes. Cette protestation orchestrée par des laïcs vaut aux adeptes de cette Réforme le nom de « protestants ». A partir de cette décision, la division confessionnelle se superpose à la division politique. Le protestantisme est né au XVIe siècle d’une volonté de réforme de l’Eglise d’Occident, dans le but de revenir à la foi chrétienne initiale. Trois courants principaux protestants sont issus de cette réforme : - les luthériens; - les calvinistes; - les Anglicans. Le point commun de ces courants est le rejet de l’autorité suprême du pape et le retour à la Bible et à la foi. Le terme « protestant » a été appliqué en 1529 aux luthériens rédacteurs d’une protestation et s’est étendu ensuite aux chrétiens qui ne sont ni catholiques ni orthodoxes. Les protestants représentent aujourd’hui 440 millions de fidèles dans le monde, dont 70 millions d’Anglicans. Aux Etats-Unis, les baptistes sont au nombre de 30 millions. Les débuts du protestantisme ont été marqués par des guerres et des massacres (croisade des albigeois, guerre de Trente ans en Allemagne au XVIIe siècle, massacre de la Saint-Barthélémy dans la nuit du 24 août 1572, trois (3) mille huguenots morts à Paris). En France, l’édit de Nantes du roi Henry IV, qui reconnaît les huguenots en 1598, ramène la paix civile. Cet édit est aboli cependant en 1685 par Louis XIV. Plusieurs personnalités se sont penchées sur cette Réforme. Le premier en date est Girolamo Savonarole (1452-1498). Il a exposé une réforme morale et religieuse dès 1489. Il avait considéré le luxe corrupteur comme dangereux pour la foi. Il a été excommunié par le pape Alexandre VI en 1497. Arrêté et rapidement jugé, il a été pendu et brûlé le 23 mai 1498. Erasme (1469-1536), prince de l’humanisme, Hollandais né à Rotterdam, a fortement influencé les réformateurs chrétiens par sa double culture antique et chrétienne. Ordonné prêtre en 1492, il a beaucoup voyagé en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. Il a rencontré Luther qui le prend pour son maître. Son ouvrage le plus connu est « Eloge de la folie », il a été publié à Paris en 1511. Il meurt à Bâle en 1536. Marthin Luther (1483-1546). Théologien allemand, il a condamné l’abandon de la foi, les dérives de toutes sortes et propose une réforme de l’Eglise catholique en 1517. Ses idées nouvelles se sont propagées en Allemagne. Ulrich Zwingli (1484-1531). Originaire du canton de Schwyz, prêtre à Constance, curé à Einseideln et curé de la cathédrale de Zurich, il a été influencé par Erasme et par Luther avant de s’écarter d'eux. Il voulait simplifier et épurer la religion. Il a proposé une liturgie dépouillée et centrée sur la prédication, s’appuyant sur l’Ecriture seulement. Servant à titre d’aumônier lors de la seconde guerre de Kappel, il a été tué le 11 octobre 1531. Jean Calvin (1509-1564), d’origine picarde, a été d’abord un timide étudiant en droit, puis en lettres qui s’est finalement orienté vers la théologie. Echappant à l’arrestation pour avoir écrit un discours adapté des textes d’Erasme et de Luther, il s’est réfugié à Angoulème et commença à écrire dans un climat de persécutions « Institution chrétienne » qui a été publié en latin en 1536. Il a écrit un catéchisme en 1542 sous forme de questions/réponses à la manière de Luther. Il a créé une Académie générale où il a enseigné lui-même tout en formant des pasteurs pour toute l’Europe. Il a permis à l’Eglise réformée de France de s’établir en1559 grâce au premier synode de Paris. Malade, durant les dernières années, Calvin meurt le 2 mai 1564. L’Anglicanisme L’Anglicanisme ou l’Eglise d’Angleterre, religion d’Etat en 1534 a vu le jour par le refus du pape (Clément VII, 1523-1534) de ne pas vouloir annuler le mariage d’Henri VIII avec Catherine d’Aragon. Le rite anglican est resté assez proche du catholicisme. A suivre