C’est un Nesmy Manigat serein, sûr de lui, un sourire presque imperceptible sur la commissure de ses lèvres qui s’amène à la salle de conférence Joseph C. Bernard du ministère de l’Education. Une fois n’est pas coutume : le ministre avait de bonnes nouvelles à transmettre. Et il n’a pas boudé son plaisir. Sans tergiverser, il a égrené un à un les points à l’ordre du jour de cette conférence. Faisant preuve d’une précision et d'une concision chirurgicale. « Le relèvement [salarial] est effectif et les enseignants ont commencé à recevoir leur chèque dans les dix directions départementales du ministère de l’Education », a annoncé d’entrée de jeu Nesmy Manigat. Selon le ministre, le MENFP est en train de distribuer, depuis vendredi dernier, le chèque du relèvement salarial dans toutes les directions départementales à travers le pays. Ce relèvement salarial concerne les mois d’avril et de mai 2014. Mais c’est à partir de ce mois de juin que les enseignants commenceront à recevoir l’augmentation votée récemment dans la loi de finances de la République. Autre point touché par le ministre, le Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO). Plus précisément le paiement de la 2e tranche aux directeurs des écoles inscrites dans le programme. Selon Nesmy Manigat, le processus de paiement a commencé dans l’Artibonite. S’ensuivront les départements de l’Ouest et du Nord qui recevront leur part et par la suite, les autres départements. « Le ministère reconnaît qu’il y a eu beaucoup de retard dans le décaissement de cette 2e tranche […] Il s’efforce afin que la 3e tranche soit décaissée à temps au cours de l’exercice 2014-2015 », a promis Nesmy Manigat, qui en a profité pour lancer un appel à la discipline, à la transparence, à la rationalisation ainsi qu’au sens des responsabilités de tous les acteurs de la chaîne PSUGO. Le titulaire du MENFP opte pour un travail de contrôle qui doit s’assurer que chaque centime dépensé dans le cadre du PSUGO aille à une école existant vraiment et que le programme touche réellement des enfants en difficulté. Toujours dans le cadre du paiement de cette 2e tranche, Nesmy Manigat a fait savoir que la liste de toutes les écoles inscrites au programme PSUGO fera l’objet d’une publication dans le journal, commune par commune. Dans un souci de transparence et de rationalisation, pour paraphraser le ministre, chaque liste mentionnera le montant reçu par chaque école accompagné du nom de leur directeur. Cette liste sera affichée dans toutes les directions départementales du ministère. Le PSUGO coûte à l’Etat 2.3 milliards de gourdes, dont 1.5 milliard proviennent du Fonds national pour l’Education (FNE) et les 800 autres millions du Trésor public pour un effectif de 1.4 million d’enfants pris en charge. Concernant la tenue des examens d’Etat à partir de la semaine prochaine, le ministre a fait l’annonce d’un ensemble de dispositions prises par le MENFP afin d’assurer le bon déroulement de ces examens. « C’est la nouveauté dans le système : cette année, seuls des professionnels de l’éducation seront impliqués dans la surveillance et la correction », a informé Nesmy Manigat. Entre autres nouveautés, une trentaine de personnalités issues du secteur privé et public, professionnel et syndical font partie d’une commission qui a pour mission d’observer les examens d’Etat afin de produire des recommandations sur comment améliorer le processus de ces examens. Lesdits examens cette année coûtent 560 millions de gourdes pour 700 mille candidats. Autre sujet d’actualité ayant été évoqué au cours de cette conférence, et non des moindres, l’épidémie de fièvre de chikungunya. Les différents cadres du ministère qui composaient le panel en compagnie du ministre ont tenu à rassurer les candidats qui seraient victimes de cette épidémie. Ils ne perdront pas leurs examens au cas où ils en seront atteints.