Le prix du carburant va subir une hausse dans les prochains jours, selon des informations divulges par certains membres du gouvernement cités par plusieurs médias de la capitale. La ministre de l’Economie et des Finances, Marie Carmelle Jean-marie, n’y va pas par quatre chemins pour corroborer la nouvelle. Pour la ministre, cette augmentation est « inévitable », car l’Etat n’a plus les moyens pour subventionner l’or noir. Intervenant sur les ondes d’une station de radio de la capitale, Alain Max Romain, président de l’Association nationale des distributeurs de produits pétroliers (ANADIPP), se dit tout à fait d’accord avec cette augmentation. Qui peut être considérable ou pas. Ce qui importe pour lui, c’est l’équilibre du marché pétrolier national. Et il croit que cette hausse à venir est sans conteste la solution. « Le carburant se vend en Haïti deux dollars de moins à la pompe qu’en République dominicaine […] », a fait savoir Alain Max Romain qui prône l’équilibre des deux marchés. Car, selon lui, c’est le seul outil dont dispose le gouvernement haïtien pour le moment afin d’empêcher les Dominicains de traverser la frontière pour venir s'approvisionner en carburant. Une situation qui n’est pas sans conséquences. « Le Venezuela est un peu réticent à augmenter la commande du gouvernement dans le cadre de l’Accord du PetroCaribe. Depuis quelque temps, en effet, le gouvernement tente de faire passer la commande de 14 000 barils à 21 000 barils par jour », nous apprend le président de l’ANADIPP. De ce fait, les Vénézuéliens estimeraient que la République dominicaine est le grand bénéficiaire de l’accord PetroCaribe puisque le gaz qu’ils nous octroient sous forme de prêt va aux Dominicains. Par ailleurs, ce déséquilibre entre les deux marchés n’est pas le seul motif qui pousse le gouvernement haïtien à procéder à cette augmentation des prix. « Le gouvernement a décidé de mettre un terme à cette subvention qui avait causé un déficit de 150 millions de dollars pour cet exercice fiscal », a informé la ministre de l’Economie et des Finances. Alain Max Romain estime que l’arrêt de cette subvention est une décision sensée. « Pour équilibrer le budget national, il faut qu’il y ait nécessairement le prélèvement de taxes directes et il n’y a pas meilleur endroit pour percevoir des taxes directes que dans le secteur des produits pétroliers », le president de l'ANADIPP. La dernière fois que le gouvernement haïtien a procédé à un ajustement des prix du carburant remonte à janvier 2010. En vue de maintenir une certaine stabilité économique, l’Etat haïtien a choisi de compenser les hausses du prix des produits pétroliers par le biais de subventions. Pour le président de l’ANADIPP, cette situation n’a que trop duré. « Cela fait déjà 3 ans depuis que nous profitons de cette subvention. La population doit maintenant se serrer la ceinture afin de supporter l’augmentation à venir », déclare un Alain Max Romain convaincu de la justesse de cette décision. « De toutes façons, la balle est dans le camp du gouvernement, qui ne peut pas subventionner tout indéfiniment, a-t-il poursuivi. Car plus le produit pétrolier est subventionné, plus le risque de l’inflation est important. » A noter que sur les 8 milliards de gourdes de déficit enregistré au cours de l’exercice financier 2013-2014, 6,9 milliards sont imputables aux subventions des produits pétroliers.