D’ici la fin de la semaine, soit du 18 au 20 juillet, le président belge du Conseil européen, Herman van Rompuy, sera dans nos murs. Après Bruxelles, c’est au tour de Port-au-Prince et du président Martelly d’accueillir le dirigeant du Vieux Continent. Ensemble, les deux présidents vont aborder des sujets d’importance, à savoir : l’organisation des élections, les problèmes de cohésion sociale en Haïti, et la sécurité, etc. « On va parler aussi des questions sécuritaires pas simplement dans une perspective nationale mais aussi dans une perspective régionale, parce que nous travaillons au niveau de l’UE sur l’élaboration d’une stratégie pour toute la région des Caraïbes et de l’Amérique centrale », a fait savoir l’ambassadeur Javier Nino Pérez. D'après lui, le président van Rompuy est très intéressé à avoir le point de vue du président Martelly et celui d’autres partenaires haïtiens sur cette problématique. « J’espère sincèrement que cette visite sera l’opportunité d’approfondir encore davantage ces relations et consolider un partenariat qui est fort, qui est axé sur le souhait de devenir un véritable ami, un véritable partenaire d’Haïti », a-t-il poursuivi. Une visite que le diplomate qualifie d’historique. Pour plusieurs raisons : c’est la plus haute autorité de l’UE qui vient en Haïti et cette visite consacre 25 ans de partenariat entre Bruxelles et Port-au-Prince. Au cours de sa visite de 72 heures, le président du Conseil européen procédera notamment au lancement d’un nouveau programme de coopération de 7 ans, à l’inauguration officielle du nouveau bâtiment de la délégation ainsi qu’à une série de visites de terrain afin que ce dernier puisse mieux cerner la réalité socioéconomique et culturelle haïtienne. Une série de rencontres sont également prévues entre le haut dignitaire européen et le gouvernement, le Parlement, la société civile et quelques représentants de la communauté internationale en poste en Haïti. « Nous ne sommes pas ici pour dire aux Haïtiens ce qu’il faut faire ni au niveau politique ni au niveau économique. Nous sommes ici pour écouter, pour aider, pour recevoir les avis des Haïtiens sur la réalité haïtienne et sur celle de leur coopération avec l’UE », a déclaré Javier Nino Pérez. Concernant le nouveau programme de coopération, il couvrira 4 secteurs principaux d’intervention : l’éducation, les infrastructures, la sécurité alimentaire et le développement, et la réforme de l’administration. « Tous ces secteurs d’intervention sont des propriétés du gouvernement haïtien », souligne le représentant de l’UE en Haïti. Par ailleurs, le chef de la délégation européenne a mis l’accent sur la nature de la coopération de l’UE avec Haïti. Différente des autres, selon lui. « Nous sommes le seul bailleur qui formalise des programmes de coopération sur 7 ans […] Nous plaçons notre aide sur le principe de l’appropriation […], 90% de notre aide transite à travers le gouvernement, a affirmé l’ambassadeur Pérez. Du point de vue politique, nous nous plaçons dans une perspective d’ami, de respect et de non-ingérence. » « L’engagement de l’UE est là, notre engagement est concret ! », a martelé Javier Nino Pérez. L’enveloppe allouée à Haïti par l’Union européenne s’élève à 420 millions d’euros. Un montant revu à la hausse, selon ce dernier. En ce qui a trait aux élections, l’UE a mis 5 millions d’euros sur la table.