En Haïti, les personnes qui travaillent dans la musique ou le théâtre n’ont pas bonne presse. On considère d’habitude nos artistes comme des gens paresseux, irresponsables, drogués et sans avenir. Cela a une grande incidence sur les métiers d’art et l’industrie culturelle proprement dite. D’un côté, des artistes talentueux refusent de devenir des musiciens ou des comédiens à temps plein à cause de cette perception ; d’autre part, cela donne de l’eau au moulin de ceux qui ne reconnaissent pas la valeur des arts dans le développement national. Dans d’autres pays, pas seulement industriels ou développés, la culture est un véritable business, un secteur lucratif et florissant, source permanente d’emplois et de richesses. Pourquoi pas chez nous ? Ce ne sont pas les talents qui nous manquent. Alors, pourquoi cet état de régression ? Les explications ne suffisent pas désormais. Il faut des actions. Est-ce que le secteur culturel est une priorité pour nos dirigeants ? Quelle place occupe l’enseignement artistique dans nos établissements scolaires ? On connaît les réponses, affligeantes et glaciales. Il y a une histoire, un roman de préférence, de l’inadéquation entre notre exaltation de nos richesses culturelles et l’indigence avec laquelle nous les exploitons effectivement à écrire. Des enseignements aussi à en tirer pour arriver à créer l’environnement propice à la culture comme business.