A chaque fois que je vais rendre visite à sa fille Maryse Kédar, je tombe à l’entrée sur Max Pénette. Et d’un jet fusent les échanges de vue, les questions-réponses, les sujets d’analyse. Il existe tout d’abord trois ou quatre Pénette-citoyen. Le père de famille attendrissant, le professeur enthousiaste, le patriarche simple et accueillant, l’observateur avisé. La question de l’éducation, la culture, la curiosité intellectuelle (juvénile chez lui) ont toujours été les soucis majeurs de sa vie. Dans ses conversations, il y a incontournablement un commentaire sur un auteur ou un événement historique, une citation précieuse ou une incise savoureuse, le reflet vivant d’un très ancien propos de Confucius : la véritable culture consiste à mesurer l’exacte étendue de son ignorance. Certes, il sait aussi se montrer attristé et désespéré lorsqu’il le fallait, surtout par rapport à l’évolution catastrophique de sa commune, Pétion-Ville, dont il fut autrefois le maire. Voilà un grand esprit, par sa sagesse et sa bonté, un esprit tonique, familier des sujets qu’il aborde, doté d’une prodigieuse mémoire et ami de tout le monde. Quel bilan tirer de cette longue vie ? Un authentique travail pédagogique destiné à rendre aux riches comme aux pauvres un peu de leur succès. Et puis l’idée sagace que la vie est faite d’efforts constants, de générosité, de fidélité aux valeurs patriotiques et chrétiennes. Je n’en ai jamais douté un instant depuis que je l’ai rencontré pour la première fois, il y a de cela plusieurs décennies. Armé d’un large sourire qui l’éclaire, Max Pénette est un personnage de fiction à lui tout seul, mais vivant, tant sa gentillesse, son savoir enrichissant et son éloquence vous séduisent. Ses racines capoises y sont pour quelque chose. A 93 ans, il ne cherche pas à masquer sa vive intelligence. Un héritage provenant de sa belle carrière de professeur !