Dire que rien n’est fait par le gouvernement pour combattre l’insalubrité est méchant, car des sommes conséquentes y sont consacrées. Mais … mais, le problème des fatras demeure entier. Ici et là, dans les bidonvilles et au-dessus des montagnes tapissées de maisons somptueuses, nos rues sont toujours sales, nos quartiers bondés d’immondices. Devant l’ampleur déroutante du problème, le Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS) qui multiplie ses actions et ses stratégies oublie l’essentiel : l’éducation environnementale qui est avant tout une question d’ordre sociétal, plus particulièrement culturel. Cette dimension est déterminante dans la réussite ou l’échec de tout programme de développement ou, plus modestement, plan d’action sectoriel. Dans cet ordre d’idées, rentrent évidemment en ligne de compte les énormes défis nationaux liés à l’urbanisation anarchique, à l’exode rural, aux marchés de rue et aux marchands ambulants, etc. Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, nous assistons depuis belle lurette à l’accroissement du phénomène de «rurbanisation» (cf. Henri Lefebvre), d’invasion, d’occupation des zones urbaines ou villes par des ruraux. À défaut d’infrastructures communales adéquates, c’est alors le règne explosif des déchets solides (organiques, plastiques, etc.), des marchés et marchands pullulants, des déblais, des canaux bouchés, des excrétas (matières fécales) dans les rues. Remis dans leur contexte culturel et démographique, ces problèmes concomittants retracent l’élaboration des concepts identitaires de niveau d’éducation et d’extrême pauvreté sans lesquels les efforts du SMCRS resteraient une gageure.