Fred D. Mc Guffie
Née à Chateauneuf-de-Galaure (Drôme) le 13 mars 1902, Marthe Robin est la cadette d’une modeste famille de six (6) enfants. Ses parents Joseph Robin et Célestine Chosson possédaient une maison dans le quartier de Moïlles entourée de treize hectares de terre et étaient connus pour leur simplicité et leur sociabilité. En 1903, une épidémie de fièvre typhoïde frappa cette famille et l’avant-dernière des enfants, Clémence, en fit les frais. Elle fut emportée par la camarde et Marthe, la cadette, en resta fragilisée.
À sept (7) ans d’âge, Marthe prend pour la première fois le chemin de l’école où elle fut connue pour une bonne élève. À cause de sa santé fragile, elle ne passa pas l’épreuve du certificat. Elle abandonna sa scolarité en 1914 pour prendre part aux travaux des champs et de la maison. Marthe commença à souffrir de maux de tête qui furent suivis d’évanouissements, puis d’une paralysie des deux (2) jambes. Elle entra souvent dans un sommeil profond, soulagement durant des journées de souffrance. Elle est victime d’encéphalite. À dix-huit (18) ans, un début de guérison se produisit le jour de l’Annonciation. Marthe dit avoir vu la Sainte Vierge Marie, mais sa santé resta précaire. Elle y passa des journées dans l’immobilité, en lisant et en brodant. Pour Marie, elle avait une affection filiale toute particulière au point qu’elle fit d’elle sa mère, son éducatrice.
La découverte d’un livre dans le grenier opéra un bouleversement dans sa vie. Cette simple phrase : « C’est à la souffrance qu’il faut se préparer » en donna le déclic…
Dès cet instant, elle se décida à se remettre totalement à Dieu. À 23 ans, dans un texte à jamais mémorable, elle s’abandonna complètement à la volonté divine. Ce fut pour elle le début de sa vraie souffrance. Un an après, elle sombra dans le coma et sainte Thérèse de Lisieux lui apparut et lui signifia sa vraie mission pour le monde entier.
En dépit de toute sa souffrance, elle conserva son humour et sa joie, confiante dans l’amour de Dieu, son Seigneur. Paralysée des deux (2) jambes, elle est condamnée en tant que grabataire. Lors d’une mission paroissiale organisée à Chateauneuf-de-Galaure, deux (2) prêtres capucins, le père Jean et le père Marie Bernard, ont visité Marthe Robin à son domicile. Les prêtres l’ont rassuré et éclairé sur sa vocation spirituelle. A vingt-six (26) ans, commença pour elle une autre vie. Selon ses proches, à partir de 1930, elle n’avale plus aucune nourriture, hormis la communion aux hosties consacrées, situation qui durera jusqu’à sa mort, 51 ans plus tard.
Selon le docteur Alain Assailly, un neuropsychiatre qui avait suivi Marthe, l’encéphalite dont elle souffrait avait détraqué son mécanisme de déglutition et si elle mangeait, elle recrachait tout. Son système digestif avait été irrémédiablement abîmé et, de ce fait, il ne fonctionnait plus. Donc les hosties dont elle se nourrissait ont été happées et non avalées.
Carole Saya, un médecin généraliste, affirme que sans manger l’homme ne peut tenir qu’entre trois (3) et huit (8) jours en moyenne. Parler, sourire, exigent une certaine contraction des muscles et pour pouvoir le faire, de l’énergie est nécessaire et cette énergie se trouve dans le boire et le manger.
Marthe a eu des visions. À vingt-huit (28) ans, Jésus lui est apparu et lui a dit : « Veux-tu être comme moi ? » Point n’est besoin d’imaginer la réponse qui a été faite. Quelques mois après, à la grande stupéfaction de Marthe, elle constata les marques de la crucifixion de Jésus sur son corps. Elle saigna des mains, des pieds et du cœur. Une autre fois, elle saigna abondamment de la tête, la couronne d’épines lui ayant été enfoncée dans sa tête par Jésus dans une vision. Dans une autre vision elle se sentit comme disloquée, comme immolée sur la croix à l’instar du Christ.
Marthe éprouva toutes les souffrances du Christ. Le jeudi commença pour elle la Passion de Jésus. Cette sensation se renouvela chaque semaine, et ce pendant cinquante (50) ans. De 1930 à 1981, Marthe se nourrissait uniquement d’hostie et de vin. Elle subit également les attaques du démon et ne tarda pas à entrer dans une phase d’identification totale avec Jésus et arriva même à parler au Père. Après, ce fut pour elle l’extase.
Alitée durant toutes ces années, Marthe ne cessa de prodiguer à toutes les personnes qui l’ont visitée le réconfort dont elles avaient besoin. Elle a su, par ses paroles, réconforter bien des âmes. Des milliers de personnes, parmi lesquelles d’importantes personnalités, l’ont approchée. Elle les éclaira, les consola, les encouragea tout en restant une personne simple, avenante, directe et pourvue d’un bon sens, d’un humour qui ont fait d’elle une personne exceptionnelle.
Marthe Robin transforma ses douleurs en don d’amour. Elle accepta de continuer à vivre pour aider ses frères. Dans sa petite chambre de la ferme de « La Plaine », plongée dans l’obscurité pour protéger ses yeux du moindre rayon de lumière, elle reçut des dizaines et des dizaines de milliers de personnes. Elle porta dans la prière et soutena toutes les intentions qui lui sont confiées.
À sa mort survenue le 6 février 1981, à l’âge de 78 ans, près de 7000 personnes ont assisté à ses funérailles et ceux qui l’ont connue affirment qu’elle fut une sainte.
Aujourd’hui encore, la maison de Marthe Robin continue d’accueillir les visiteurs. Deux cents à trois cents lettres de demande d’intercession sont reçues tous les mois.
De sa vie, le monde garde en souvenir les foyers de charité qu’elle a fondés de concert avec le père Georges Finet qui fut un de ses proches.
Son procès de béatification qui a été introduit au Vatican en 1991 suit son cours. Elle est considérée comme l’une des plus grandes figures mystiques française du XXe siècle.
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