C’est la cité de la reconstruction ! De tous les chantiers entamés par l'administration Martelly-Lamothe – Dieu sait s’il y en a ! -, la cité administrative de Port-au-Prince dont le maître d’ouvrage délégué est l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP) représente incontestablement le plus ambitieux et le plus imposant, à tous les points de vue. Un pays sans une capitale colorée et animée, sans un centre-ville digne de ce nom, est un pays sans visage, sans porte d’entrée. Depuis le président Dumarsais Estimé (1950) avec les grands travaux de la Cité de l’Exposition (le boulevard Harry Truman situé sur l’axe nord-sud) – hélas aujourd’hui galvaudés -, nous sommes en train d’assister à la mise en œuvre du plus grand projet de rénovation urbaine entrepris par nos gouvernants. C’est tout le problème du cadre physique et environnemental de l’administration d’État qui est ainsi abordé. Projet, rappelons-le à satiété, déclenché par les séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui avait détruit le centre-ville port-au princien, y compris les bâtiments publics et politiques – en tête de liste le Palais national et le Palais des ministères datant de l’Occupation américaine. Dans cet ordre d’idées, il est prévu aussi la construction ou l’aménagement d’une cité administrative dans chaque département en adéquation avec la vision de développement de la région. Prérequis incontournable pour regarder l’avenir en face, la cité administrative, en respectant les normes de construction antisismiques internationales, sera implantée sur trente-deux (32) hectares déclarés d’utilité publique (par l’arrêté du 25 mai 2012 abrogeant l’arrêté du 2 septembre 2010) au centre-ville de Port-au-Prince et inclura, entre autres, quarante (40) bâtiments publics, des espaces réservés aux commerces et des espaces de bureau pour les institutions internationales. Trois objectifs stratégiques ont motivé le choix de la centralité pour la nouvelle cité administrative : 1- Favoriser les échanges et la coordination entre les entités centrales de planification et d’administration de l’État ; 2- Créer une masse critique susceptible de faire démarrer la reconstruction du centre-ville dévasté ; 3- Affirmer clairement la volonté de reconstruire la capitale dans ses limites historiques. Il s’agit donc d’un projet national sans commune mesure, qui est fondé sur des principes directeurs d’aménagement exigeants élaborés par l’UCLBP, décrivant sept (7) zones spécifiques. Il s’agit d’une entreprise d’envergure qui devra tenir compte de trois autres arrêtés adoptés en juin 2012 : celui délimitant le centre historique, celui délimitant la zone réservée du littoral (bord de mer) et celui délimitant la zone du Champ de Mars ( jardin historique et patrimonial). On voit aussi le but, le sens profond : pour venir à bout des difficultés, il va falloir faire preuve de ténacité, d’esprit de suite, de volonté politique et de rigueur sur plusieurs années. Ce n’est qu’ainsi que nous verrons «surgir» cette cité de la reconstruction ! En tous points, l’entreprise de reconstruction entamée avec tant de détermination par l’équipe dirigeante actuelle est une entreprise de longue haleine, de longue durée, qui comporte d’énormes handicaps et difficultés de tous genres. Mais les premiers résultats sont là et l’ampleur des défis immense. Les ministères du Commerce et de l’Industrie, de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, des Affaires étrangères et des Cultes, (CFI) ainsi que le Centre de facilitation des investissements et le Palais législatif commencent à prendre forme. La pause de la première pierre du bâtiment de la Cour de cassation a été faite le 13 août 2013 par le président de la République en présence du de son homologue Taïwanais. La construction de la Cour de cassation progresse suivant le chronogramme adopté et l’état d’avancement est estimé à plus de 36%. Une fois finalisées, les études pour les bâtiments des ministères de la Justice et de la Sécurité publique, des Affaires sociales et du Travail, de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, du Quartier général de la Police nationale d’Haïti, de la Direction départementale de l’Ouest de la Police nationale d’Haïti et du sous-commissariat de la Police de la rue du Champs de Mars, les travaux y afférents vont être initiés vu que le processus d’expropriation se poursuit et que l’opération de démolition a déjà commencé dans l’aire où vont être construits lesdits bâtiments. Les études architecturales et techniques des bâtiments du ministère de la Planification et de la Coopération externe, de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique et du nouveau bâtiment du Palais municipal de Port-au-Prince sont en cours et seront terminées sous peu. Les études des deux (2) tronçons de route rues Champ de Mars et Monseigneur Guilloux, à l’avenir à double voie (ainsi que les grands axes périphériques à la cité administrative, Saint-Honoré, Paul VI, Pavée et Oswald Durand), sont terminées. Le début des travaux dépend des problèmes liés au processus de démolition dans cette zone. Intégration des arts à l’architecture et aux espaces verts - Imposer aux concepteurs de tout bâtiment administratif ou institutionnel de l’État de prévoir l’insertion d’une œuvre d’art réalisée par un artiste ou artisan haïtien - prévoir l’ajout d’œuvres d’art dans un nombre choisi d’emplacements du domaine public ou du domaine privé - favoriser la création de fresques sur les murs extérieurs des nouveaux immeubles, afin de faire de ce secteur du centre-ville une véritable vitrine de l’art pictural haïtien. Quelle que soit l’équipe qui succèdera à Michel Joseph Martelly, la poursuite des travaux de reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince doit rester l’enjeu fondamental pour renforcer la puissance publique et changer l’image du pays dans le monde. Il y a là tout un programme électoral ? Non, pas seulement. Un véritable programme de gouvernement, susceptible de décongestionner la région métropolitaine (Pétion-Ville, Tabarre, Delmas, entre autres), d’attirer l’investissement privé national et international en rendant le pays plus attrayant pour le tourisme dans la région caribéenne.