Avec le rapport officiel de la dernière rencontre des gouvernements haïtien et dominicain, nous voilà revenus à 1492, l’île étant appelée HISPANIOLA.
J’ai été vraiment bouleversée d’entendre cette appellation qui rappelle tant le génocide indien.
Allons-nous faire fi de notre histoire, fi de cette leçon donnée par DESSALINES ? Après trois siècles d’occupation étrangère, il s’est souvenu de nos ancêtres martyrs et a redonné à l’île un de ses noms taïnos, Haïti.
Renforcée par l’occupation de l’Est par Boyer, le nom île d’Haïti est demeurée sans contestation, jusqu’à ce que en 1930 le Geographic Board des États-Unis d’Amérique (U.S.G.B.) décide unilatéralement de la nommer Hispaniola. C’est inadmissible ! Ce nom rend hommage au colonisateur espagnol, et jette dans l’oubli les Amérindiens qui occupaient l’île à l’arrivée de Christophe Colomb.
Edmond Mangonès, alors président de la Société d’Histoire, avait énergiquement protesté*.
Où sont les historiens ? Où sont les Dessaliniens ? Où sont les nationalistes ?
Depuis des années je les invite à agir sans succès, prévoyant que l’inaction conduirait à ce résultat insultant pour nos ancêtres martyrs.
Le moment était opportun quand un ambassadeur dominicain-conscient du dilemme - luttait auprès des Haïtiens pour l’appellation QUISQUEYA, nom donné à l’île par ses premiers habitants. Nous n’avons pas bougé.
Au moment où l’Europe envisage de ne supporter que des projets conjoints aux deux pays qui se partagent l’île, au moment où des activités bilatérales sont envisagées dans la protection de l’environnement et dans le secteur touristique pour exploiter l’héritage culturel des Indiens (visite de grottes, de musées amérindiens), il importe d’adopter pour notre île non pas un nom qui évoque le génocide des aborigènes, mais un nom qui rappelle ce passé de résistance des premiers habitants à l’oppression. La République dominicaine et la République d’Haïti ne peuvent renier leurs valeureux ancêtres amérindiens : Caonabo, Hatuey, Cotubanama, ni oublier les odieux massacres de la Vega Real, du Xaragua, ni le meurtre de la reine Anacaona, ni le triomphe du Cacique Henri qui a obtenu et signé le premier traité de paix en Amérique : Traité du Cacique Henri ou Traité du Bahoruco.
A la mémoire de cet important passé historique commun, j’en appelle aux gouvernants de la République dominicaine et de la République d’Haïti pour que officiellement ils s’accordent sur QUISQUEYA et imposent internationalement cette appellation**
Quisqueya évoque la culture taïno alors qu’Hispaniola évoque le génocide indien.
Justification
Définitivement partagée entre deux Républiques, il faut renommer l’île, car elle ne peut plus être île d’Haïti – comme en rêvent encore certains historiens - puisque notre pays s’appelle Haïti. Le nom de compromis ne peut être, ne doit être qu’un autre nom indien.
En conclusion : le nom de compromis indiqué est bien QUISQUEYA, puisque tous les habitants de cette île peuvent être dits – et à bons droits –QUISQUEYENS.
On écrira dans les documents géographiques :
« L’île QUISQUEYA est partagée entre deux pays : la République d’Haïti et la République dominicaine ».
Et dans les publications touristiques : « Visitez les richesses du passé amérindien des deux pays de l’île QUISQUEYA ».
Tout ce qui est bilatéral doit s’appeler haïtiano-dominicain. Exemple : Le Conseil Economique haïtiano-dominicain (de l’île Quisqueya).
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.