L’immense barrière bleue de la CODEVI franchie, on a du mal à croire que l’usine de sous-traitance célèbre ce jour-là ses 11 ans depuis qu’elle s’est installée dans la zone franche de Ouanaminthe. En ce début d’après-midi, rien ne semble pouvoir troubler la quiétude des lieux. Et pourtant, 7000 âmes y suent sang et eau afin de porter haut l’étendard du Groupe M, propriétaire du parc industriel de CODEVI.
« Je vous remercie tous pour nous avoir consacré tout votre temps et votre conscience et je vous félicite pour tout ce que vous faites pour CODEVI […] A chaque fois que je vois dans les grands centres commerciaux à travers le monde l’étiquette « Fabriqué en Haïti », « Fabriqué à CODEVI », je me sens fier et orgueilleux », a déclaré un Fernando Capellán jovial et empathique.
A en croire le fondateur du Groupe M, cette célébration des 11 ans de la CODEVI est celle de l’engagement. Engagement dans le développement de chacun des employés et de Ouanaminthe, engagement d’améliorer et de continuer à avancer dans le respect de la loi et enfin celui d’amener plus d’investisseurs et de créer plus d’emplois dans la région.
Réunis sur la galerie de la cafétérias, des ouvriers, vêtus de t-shirts multicolores, de la couleur de l’uniforme de l’usine à laquelle ils appartiennent, ont goûté avec délice à la cérémonie. Savourant sans modération les perspectives définies par le patronat. Applaudissant à tout rompre la promesse de la création de nouveaux emplois à CODEVI dans les jours à venir.
« Nous sommes engagés à développer CODEVI », a déclaré Fernando Capellán la main sur le cœur. Après l’allocution du P.D.G. de CODEVI, s’en est suivie une projection autour du « lean 2.0 ». Cette technique de production, adoptée en 2006, permet notamment, grâce au développement et la gestion des technologies de l’information et des services, la réduction des coûts de production.
Cette cérémonie a également donné lieu de constater la convivialité existant entre employeurs et employés. Ces derniers, les plus méritoires, ont été honorés ainsi que l’usine dans laquelle ils travaillent pour leur performance. Ensuite, ce fut au tour d’une dizaine de jeunes, choisis par la direction pour bénéficier d’un plan carrière, d’être présentés à l’assistance.
Au beau milieu de la cérémonie, qui s’était déroulée à la bonne franquette, une pétarade éclata. Il s’agit des ouvriers en train de quitter le parc qui démarrent leurs motocyclettes. Pour eux, la journée touche à sa fin. Les autres, amateurs de foot, se sont dirigés à l’arrière afin de supporter leur équipe dans le cadre du tournoi inter-usine organisé pour l’occasion.
Alors que le soleil déclinait, Fernando Capellán s’éclipsa. Sur la pointe des pieds. Comme il était venu. Demain, cette cérémonie d’anniversaire ne sera plus qu’un souvenir. Les 7000 employés retourneront vaquer à leurs occupations tandis qu’une file de personne, environ 800, d’après des estimations fournies par le sénateur Jocelerme Privert, fera le pied de grue devant la barrière de CODEVI dans l’espoir de dégoter du boulot.
Ce dernier, secrétaire d’Etat aux Finances à l’époque de l’ouverture de CODEVI, dit n’éprouver aucun regret« d’avoir supporté ce projet, d’avoir assuré sa promotion et d’avoir combattu les résistances et les réticences pour permettre que le pays bénéficie de ce projet créateur d’emplois, le plus important employeur de la zone Nord du pays »
Onze ans plus tard, le pari de CODEVI est gagné, Privert n'a pas à ronger de ce qu'il est devenue cette aventure.
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