Au nom des membres de la délégation des Etats-Unis, c’est un plaisir de me joindre aux distingués membres des autres délégations ministérielles pour participer à cette importante réunion de l’Organisation des Etats-Américains, Conseil Interaméricain pour le Développement Intégré. Nous apprécions particulièrement l’hospitalité que nous offrent le gouvernement et le peuple haïtien et nous remercions le président Martelly ainsi que notre présidente de séance, Madame la Ministre Monique Rocourt pour leurs efforts en vue du succès de cette rencontre. La culture fait de nous des êtres humains; au sens large, elle représente ces symboles et définitions qui donnent forme à nos pensées, à nos émotions,à nos valeurs et à nos actions. Quand nous pensons à la culture comme étant un segment de nos sociétés, nous nous concentrons particulièrement sur les façons dont ces symboles et définitions sont en évidence sur les sites patrimoines et dans les caractéristiques poignantes du paysage naturel, dans la culture matérielle du passé et du présent, tel qu’on les trouve dans les reliques historiques, les œuvres d’art, les documents, les meubles, la mode, et la technologie, et dans les activités et les produits du quotidien utilitaire et éloquent de la vie tels que la parole, la musique, le rituel, la cuisine, l’art, le travail et le talent artistique, la danse, la littérature, le cinéma et autres. Nous reconnaissons le pouvoir de la culture et de ces manifestations qui tendent à souder les communautés et à donner aux habitants d’un lieu, d’une région ou d’une nation un sentiment d’identité.Nous appuyons les efforts visant à conserver les héritages culturels et nous encourageons aussi bien l’originalité culturelle, la fougue, et l’énergie dans le cadre des droits humains universels. En reconnaissant notre humanité commune et nos liens historiques, nous faisons la promotion des échanges et de la communication pour que la culture soit un véhicule servant à aplanir les différences et à faire la promotion de la tolérance et du respect à la fois entre les peuples et parmi les populations; nous déplorons aussi ces époques et ces situations d’intolérance et d’irrespect pendant lesquelles l’identité culturelle est persécutée, l’héritage détruit, la créativité supprimée, et les connections historiques entre les peuple étouffées et rejetées. L’objectif principal de cette rencontre est très précis. Comment pouvons-nous utiliser nos ressources culturelles naissantes le mieux que possible dans le but de favoriser une activité économique durable pouvant générer emplois et revenus, encourager l’inclusion sociale et améliorer la qualité de la vie dans nos communautés, dans nos pays, et dans l’hémisphère? Dans ce propos, nous abordons les mesures très pragmatiques et les pratiques exemplaires que nous avons encouragées et soutenues à la fois aux Etats-Unis et en collaboration avec ceux de l’hémisphère occidental afin d’atteindre cet objectif. Nous reconnaissons toutefois que nos recommandations sont des travaux en cours et que les leçons que nous avons apprises ne fonctionneront pas pour tout le monde étant donné que les différents pays font face à des circonstances et à des défis différents, mais ces recommandations pourraient être utiles. La création d’une économie culturelle viable, robuste, durable, ne signifie pas que nous n’accordons pas d’importance à ce qui ne peut pas ou ne devrait pas être monétisé. Nous en parlons parce que nos collègues du secteur des programmes de bourses culturelles et de pratique professionnelle deviennent nerveux quand il s’agit de parler de culture et d’économie et de culture et affaires. Ils ne devraient pas s’inquiéter. Il est clair que les aspects les plus intimes de la culture comme par exemple la foi et la croyance religieuse, l’amour et les souvenirs de famille que nous chérissons, notre sens moral, nos droits de citoyens et notre identité nationale en tant qu’êtres humains, sont d’une importance et d’une valeur capitales, mais sont peu susceptibles d’être monétisés pour faire partie de l’économie culturelle. C’est exact et c’est très bien; mais depuis les dernières décennies, la culture est très fortement et de plus en plus reconnue comme étant essentielle et une composante cruciale pour le développement économique par les Nations unies, l’UNESCO, la Banque Mondiale, l’OEA, et les autres. La culture peut contribuer à la croissance économique en générant emplois et revenus, aidant ainsi à réduire la pauvreté. La culture peut être un outil de valorisation pour les peuples, fournissant un instrument pour l’affirmation d’un groupe ou pour l’auto-expression, donnant la parole à des populations quelquefois marginalisées, pauvres, et oubliées, et leur fournissant ainsi les moyens de s’intégrer socialement dans la vie de leur nation. Aux Etats-Unis, nous avons atteint cet objectif en combinant particulièrement la démocratie avec la liberté économique à travers avec le plein soutien du gouvernement, d’organismes bénévoles et caritatifs, et de sociétés commerciales. Le secteur des arts et de la culture de l’économie des Etats-Unis constitue à peu près 3% du produit intérieur brut (PIB), de la nation, ce qui représente à peu près $500 milliards dans une économie de $16 trillions de dollars. Cela représente plusieurs millions d’employés et plusieurs milliers d’entreprises. Si on y ajoute les industries connexes tels que le tourisme, l’industrie de l’accueil et de la fabrication liées à la culture, des ventes au détail, et des services professionnels, ces chiffres pourraient doubler ou tripler. Le secteur culturel peut être divisé en trois parties: le gouvernement, le secteur à but non lucratif, et le secteur des affaires. Les dépenses directes effectuées par les gouvernements locaux, l’Etat, et l’État fédéral sont relativement faibles, peut-être $4.5 milliards mais elles sont assez stratégiques. Le secteur à but non lucratif compte à peu près 60 milliards d’activités directes et comprend en majorité plus de 17.000 musées aux Etats-Unis, les dizaines de milliers d’organismes d’art de la scène du pays, l’éducation artistique, les coopératives culturelles et les organismes communautaires. La part du lion des activités économiques associées à la culture soit 85%, sont aux mains du secteur privé tel que les entreprises culturelles, les industries, et partant des societés individuelles jusqu’au plus grandes entreprises. Le gouvernement a tendance à soutenir principalement les infrastructures des sites culturels et historiques tels que ceux qui pourraient être sur la liste du patrimoine mondial, dans les collections nationales, dans les programmes de formation, et dans les subventions aux organismes culturels à but non lucratif. Les organismes à but non lucratif sont motivés par des objectifs civiques, éducatifs et même religieux, et sont soutenus en grande partie par les dons de bienfaisance, le volontariat, la vente de billets, les exemptions fiscales, et quelques subventions publiques. Beaucoup de responsables d’autres pays sont surpris par la façon dont la majorité de ce que l’on pourrait considérer comme patrimoine national aux Etats-Unis n’a pas une origine gouvernementale, mais vient plutôt d’initiatives du secteur privé visant l’intérêt public. Par exemple, notre Statue de la Liberté dans la rade de New York a été payée à l’origine par des citoyens français et américains et non pas par leur gouvernement. L’Institut Smithsonian, le musée national des Etats-Unis, fut créé grâce à un don d’un citoyen britannique nommé James Smithson qui n’avait jamais mis les pieds aux Etats-Unis. Plus d’un musée, centre d’art, et salle de musiquea démarré à la suite d’initiatives civiques de citoyens locaux, et non pas à partir de projets gouvernementaux, comme par exemple les actions de mécénat d’Andrew Carnegie qui ont permis la construction de presque 1.700 bibliothèques à travers les Etats-Unis. Même quand la gestion des sites culturels et lieux d’activités est assuréepar le gouvernement et les organismes à but non lucratif, la fourniture des biens et services est essentiellement du domaine des entreprises privées. En général, des organismes à but lucratif gèrent les ventes d’aliments, de boissons et de billets, les visites guidées, la mise en valeur et la vente d’artisanat et de souvenirs, de livres, de cartes postales, de tee-shirts, et aussi bien les hôtels et les services de voyage qui ont pour clients ces mêmes entités culturelles. Ceci peut servir à renforcer de grands capitaux. Dans le but d’encourager les services locaux et l’implication des petites entreprises au niveau économique sur certains sites et lieux, beaucoup a été fait par exemple, par des organisations comme les services de parcs nationaux et par les gouvernements des tribus indiennes américaines au Nouveau Mexique, pour l’intégration du visiteur, du public, et du touriste dans l’économie locale. Pendant que les réussites civiques et patrimoniales sont le reflet d’objectifs plus élevés, elles n’en restent pas moins des ressources culturelles qui attirent l’activité entrepreneuriale auxiliaire.Quelquefois ce genre de résultat demande une politique gouvernementale efficace. Par exemple, il y a quelques années de cela, notre National Endowment for the Arts a joué un rôle important quand il a permis que des centaines de femmes afro-américaines vivant à Charleston et dans ses environs, un site touristique très visité en Caroline du Sud, qui avaient fabriqué de magnifiques paniers à caractère historique en utilisant des bobines d’algue de mer, de continuer à avoir accès à ces matières premières qui poussaient sur des propriétés publiques. Les revenus générés à partir de la vente de ces paniers ont servi à soutenir des milliers de familles. De la meme façon, une coalition d’organismes à but non lucratif tel que le Conseil national pour la culture et l’art et des organismes locaux, d’Etat et fédéraux incluant la Bibliothèque du Congrès, se sont unis pour créer un quartier culturel et un festival annuel à Lowell dans le Massachusetts qui n’était alors qu’un endroit économiquement démoralisé et habité par beaucoup de nouveaux immigrants. Ils ont transformé une vieille usine textile inopérante en site historique, et ont mobilisé les anciens résidents ainsi que les nouveaux immigrants pour qu’ils participent à un festival axé sur leurs traditions culturelles et leurs talents. Ce festival se déroule depuis déjà des décennies et attire chaque année des centaines de milliers de personnes générant ainsi des millions de dollars pour l’économie locale. Quand nous considérons les activités d’entrepreneuriat à but lucratif dans l’économie culturelle, nous devons nous concentrer sur ces gens qui ont été soit motivés par ou exposés à une étincelle culturelle ou artistique, et on construit une activité entrepreneuriale autour de cette étincelle. Il s’agit d’un artiste, d’un musicien, d’un mordu d’informatique, ou bien encore d’une fervente de la mode ou d’un passionné de la gastronomie. Cela pourrait être dans le domaine de la musique, des arts visuels, des arts de la scène ou des arts littéraires, dans le cinéma, la mode, l’art culinaire, l’architecture, l’artisanat, dans l’art digital et le design. Nous avons vu bien des cas où des gens ont utilisé la connaissance traditionnelle ou bien des pratiques communautaires pour les transformer en activités entrepreneuriales solides- dans l’histoire nous avons eu l’exemple de Madame C.J. Walker qui a formé des culturistes de la beauté et des cheveux pour développer une gamme de produits basés sur l’esthétique et la sensibilité afro-américaines qui lui ont bâti en retour une entreprise commerciale gigantesque et qui ont fait d’elle une multimillionnaire et une grande philanthrope; plus récemment, nous avons eu le cas de quelqu’un comme Maria Varela qui a organisé des éleveurs de moutons et tisseurs hispaniques dans le Sud-Ouest américain et a transformé une tradition vieille de plusieurs siècles pour qu’elle devienne la dynamique société Tierra Wools qui génère des emplois et des revenus dont profite en retour une petite communauté rurale et relativement pauvre de la région. L’industrie de la musique regorge d’exemples où l’on retrouve des petites entreprises commerciales communautaires de base qui se sont transformées en entreprises majeures;prenons ainsi l’auteur-compositeur Barry Gardy qui a utilisé un prêt de $800 pour créer une maison de disques qui deviendra ensuite la société Motown Records; il a bâti un empire musical avec des talents tels que The Supremes, The Temptations, Stevie Wonder, The Jackson 5, et bien d’autres. Que pourrait-on dire de Sam Phillips, qui cueillait du coton quand il était petit, est devenu un disc-jockey et a ouvert un petit studio qui a enregistré et commercialisé Jerry Lee Lewis, Johnny Cash, B.B. King, et Elvis Presley, effectuant fondamentalement le lancement de l’industrie du rock ‘n roll. Ce sont des gens comme Steven Spielberg, un jeune avec un appareil photo qui voulait faire des films, qui l’a fait, et qui a créé une franchise et une entreprise basées sur les récits. C’est Martha Stewart qui a appris la couture et la cuisine chez elle, a étudié l’art et l’histoire de l’art,et a mis ses connaissances à profit pour les transformer en une compagnie d’envergure traitant de décoration d’intérieur et de thèmes divers de la vie au quotidien. Et c’est aussi la géante des médias Oprah Winfrey, qui est née d’une mère célibataire, et quoique élevée dans la pauvreté, a trouvé un débouché pourses talents oratoires et incroyables, grâce à l’éducation publique et à une opportunité que lui accorda une station de télévision. Si vous pensez à certaines des plus grandes compagnies aux Etats-Unis, elles n’ont pas débuté comme des géants industriels, mais de façonplutôt modeste. Walt Disney a fait ses débuts avec deux personnes en faisant des dessins tout simples pour le cinéma d’animation muet et quand il a perdu le contrat il a inventé une souris appelée Mickey. D’autres ont fait leurs débuts dans un garage ou dansun dortoir, et apportèrent à leur travail un élan culturel puissant. Steve Jobs était un personnage qui a combiné son intérêt pour l’informatique avec la contre-culture de la région de la Baie de San Francisco aussi bien qu’avec un sens créatif visionnaire pour engendrer Macintosh et Apple. Marc Zuckerberg et ses copains de collège recherchèrent une formule culturelle contemporaine pour des échanges en communauté et pour se faire des amis, le résultat en fut le réseau Facebook. Ces compagnies emploient actuellement des dizaines de milliers de personnes et rapportent des dizaines sinon, des centaines de milliards à l’économie et il n’y a pas de raisons maintenant, avec l’accès accru à l’Internet et au monde digital, pour qu’un adolescent provenant des Andes ou des Caraïbes, de l’Amazone ou de l’Arctique, n’ait pas sa place parmi ceux qui ont fait la découverte capitale d’un produit qui a d’énormes consequences économiques et sociales. Qu’est-ce qui fait marcher ce genre d’entreprises? Au niveau individuel, c’est souvent une éducation décente, mais de façon plus importante, c’est l’étincelle de créativité, une passion constante, une solide éthique professionnelle, et le désir de réussir. Socialement, c’est avoir la liberté d’inventer, de créer, et de saisir les occasions, d’être compétitif sur le marché des produits et des idées, et de profiter des bénéfices du succès aussi bien que des conséquences de l’échec. Alors, que pensons-nous à propos de l’apport potentiel des gouvernements en vue de supporter une économie culturelle robuste, durable, et axée sur l’entrepreneuriat? Après tout, telle est la mission que nous nous sommes donnés, elle est du ressort de cette assemblée et des initiatives de l’OEA. Essentiellement, afin d’obtenir la balance et l’envergure nécessaires qui peuvent véritablement avoir un impact sur la société, le gouvernement a besoin de créer un environnement qui permet à ses citoyens de poursuivre librement et avec succès leurs élans créateurs. A cette fin, le gouvernement peut effectuer cette tâche en utilisant les moyens suivants: 1. Encourager l’éducation publique de façon à ce que l’alphabétisation, la connaissance de l’histoire, de la science et des mathématiques, l’exposition au secteur des technologies, la culture du talent artistique, de la créativité, et de la curiosité intellectuelle, soient répandues parmi les jeunes; 2. Offrir la formation spécialisée, la connaissance et les ressources pour aider les entrepreneurs et les talents créatifs à profiter des occasions, et à lancer ou agrandir des entreprises culturelles; 3. Fournir les protections telles que les droits d’auteurs, les droits de brevets et les marques déposées, aux créateurs et aux innovateurs de façon à ce qu’ils bénéficient de leurs créations et de leurs produits; 4. Offrir des stimulants financiers aux entreprises culturelles sous forme de subventions gouvernementales, de prêts à des taux préférentiels, et de politiques fiscales qui encouragent l’investissement initial et continu; 5. Résister à la tentation de suréglementer, de bureaucratiser, de contrôler, de censurer, ou de supprimer la production ainsi que l’activité culturelle et artistique; 6. Rechercher des possibilités de partenariat public-privé combinant dépenses publiques et investissement dans les infrastructures des sites culturels, les installations, les collections et les activités avec les prestataires de service, les industries connexes, et les entreprises dérivées; 7. Participer à des activités de promotion, de marketing, et de missions commerciales visant à augmenter notre public, nos utilisateurs, nos consommateurs et notre clientèle intéressés aux biens, services, et expériences culturels; Nous avons appliqué ces stratégies aux Etats-Unis même, parce qu’historiquement, elles ont fait leurs preuves avec pour résultat une liberté d’expression solide et démocratique, et l’économie la plus puissante, productive et entrepreneuriale du monde. A cet égard, nous donnons notre appui et nous nous efforçons de collaborer à l’échelle internationale. C’est pourquoi nous avons soutenu le plan de travail du Comité interaméricain sur la culture de l’OEA (CIC), visant à aider le renforcement des capacités institutionnelles, les industries créatives et l’inclusion sociale. Les Etats-Unis ont récemment supporté l’initiative de développement culturel de l’OEA, une évaluation des besoins en vue d’élargir le potentiel socioéconomique de l’héritage culturel dans les Caraïbes, et le financement pour la publication de «Rôle des arts et des medias de communication dans l’éducation pour une citoyenneté démocratique». A travers notre Fonds des ambassadeurs des Etats-Unis pour la préservation culturelle, nous avons aussi subventionné des projets dans beaucoup de pays faisant partie de l’OEA, comme par exemple, la restauration du retable de la Cathédrale Sainte-Anne d’Ocaña en Colombie et la restauration du bâtiment du siège de l’Orchestre Symphonique des Jeunes de San Salvador dans le quartier de Flor Blanca. Par l’entremise de programmes du National Endowment of the Humanities, nous avons supporté des projets au Mexique, l’Année interaméricaine de la culture, et des échanges culturels divers. A l’Institution Smithsonian, nous avons sponsorisé des festivals culturels au Musée national de l’amérindien ainsi que les activités commerciales qui les accompagnent, et nous avons également supporté le festival des traditions populaires; ces dernières années, nous avons accueilli le Mexique au festival, et l’année prochaine nous serons heureux d’accueillir une exposition majeure ayant pour thème la route de l’inca, ainsi qu’une programmation du festival sur le patrimoine culturel vivant du Pérou. Notre volonté de promouvoir une économie et une activité culturelles vibrantes est la raison pour laquelle une coalition de gouvernements et de groupes à but non lucratif se sont unis pour venir en aide au secteur culturel haïtien au lendemain de l’horrible tremblement de terre de 2010. Certaines de ces sommes provenant de l’USAID, de la Fondation Clinton, et de Donna Karan, ont été dirigées vers l’entreprenariat culturel, l’infrastructure et les opportunités de commercialisation. Réemployer les artistes, les artisans, et les musiciens et mettre leurs produits sur le marché, a été important et très fondamental. Nous avons aussi cherché à protéger et à préserver les ressources culturelles du pays de façon à ce qu’elles puissent être utilisées et mobilisées pour de futures entreprises culturelles et pour le développement. Le département d’Etat des Etats-Unis a aidé à soutenir les efforts du gouvernement haïtien pour la restauration de la Citadelle, un site classé patrimoine mondial et une attraction majeure pour une future industrie du tourisme. L’Institution Smithsonian s’est joint au Ministère de la Culture, à la FOKAL, et à d’autres organismes culturels publics et privés, pour préserver des collections endommagées ou menacées par le tremblement de terre. L’Institution Smithsoniana collecté environ $5 millions émanant des fonds du gouvernement, de fondations et de sources philanthropiques pour gérer le «Projet de récupération culturelle Haiti», sauvant ainsi quelques 35.000 articles, parmi lesquels des fresques murales historiques à la Cathédrale Sainte-Trinité, ainsi que 6.000 tableaux et sculptures du Centre d’Art, ou encore des documents historiques aux Archives Nationales et des milliers de volumes rares en provenance des bibliothèques Corvington et Trouillot; ce projet a aussi favorisé la formation en conservation du patrimoine culturel de quelques 150 Haïtiens appartenant à plus d’une dizaine d’organisations, une initiative qui se poursuit encore aujourd’hui. Je pense aux artefacts, aux œuvres, aux documents d’archives et aux livres que nous avons sauvés et qui font partie de l’ADN culturel d’Haiti; il est important de les rendre disponibles en tant que legs, comme un héritage culturel qui servira de référence et de source d’inspiration à la créativité des générations futures. Comme cela pourrait se faire aux Etats-Unis, nous aimerions qu’une petite fille de 14 ans entre au MUPANAH, le Musée National d’Haiti, regarde les artefacts historiques qui documentent la bataille pour l’indépendance, et en retour publie un ouvrage qui deviendrait une production cinématographique à succès au niveau international et qui susciterait la fierté, encouragerait le tourisme et la création d’emplois en Haiti. Nous voulons qu’un garçon de 16 ans admire les superbes peintures exposées dans une des galeries d’art en Haiti et qu’en retour, il conçoive des dessins qui décorent des objets contemporains dans le monde entier et qui favorisent la création d’emplois et les bénéfices, pour une nouvelle entreprise culturelle locale avec des succursales à Port-au-Prince, au Cap-Haitien, et à Jacmel. Cela peut se faire, en associant la croissance et la multiplication des opportunités pour les personnes, en particulier la jeunesse haïtienne, par le biais de politiques gouvernementales et de support stratégique, d’investissements privés et de partenariats publics, et avec la coopération aussi bien qu’à l’intérieur de la société qu’à travers l’hémisphère.