C’est vraiment plus qu’une bonne chose qu’au plus haut sommet de l’Etat priorité soit accordée à l’Education. C’est d’autant plus important que dans notre cher pays de descendants d’esclaves, la mentalité demeure à l’âge de la rentabilité à tout prix, pardon, de la rentrée à tout prix, seulement financière, seulement immédiate, et aussi à outrance. Il est donc heureux, et louable, que la vision politique en cours ait pu mettre au point aussi loin que sur l’horizon Education.
Le seul fait de vouloir s’en occuper, de vouloir le faire, ou de pouvoir le dire, octroie d’emblée à l’Acteur la capacité,-car la médaille a son revers,-la capacité disions-nous, de tout casser, c’est comme ça en général, c’est la théorie de la valeur absolue, notion purement mathématique, appliquée ici aux sciences sociales. Cette capacité est tellement grande, que ceux parmi les gens victimes qui se sont résignés à s’en plaindre au-delà du chuchotement, ont l’esprit tellement inhibé par la force de cette capacité, que leur langage trahit qu’ils croient qu’on avait le droit de le faire. Au fait trop souvent, ils n’auraient pu faire autrement sans se faire eux-mêmes casser. Le fameux binôme force-droit. De là il n’y a qu’un demi-pas à continuer plus rapidement de transformer un pays en une république de plaintifs, en une république de fuyards. Je me suis résolu, dois-je m’en vanter, à inventer un domaine de connaissances en sciences humaines, la Viciologie, et j’ai été convaincu définitivement de la pertinence de ma démarche de pensée bien avant notre mémorable janvier 2010.
Le problème c’est que l’Education est une fonction de plusieurs variables, certaines étant « absorbantes », comme le zéro dans une multiplication, je n’ai toujours pas meilleur exemple-type : en éducation, il suffit de ne pas faire assez attention, de ne pas prendre certaines précautions, de ne pas respecter, de ne pas « gérer » certaines contraintes techniques c’est-à-dire incontournables. Le sujet requiert aussi de l’avoir, du savoir, de l’organisation. En se demandant notamment: Quoi faire et par qui ? Comment faire et avec quoi ? Quand faire et où ? Pourquoi faire ou ne pas faire ? Cette petite liste de petites questions, en fait, est plus structurée qu’il n’y parait, mais ce débat est d’un autre registre. Et en paraphrasant un auteur que je vous laisse le soin de trouver, l’avenir de l’Education est dans cette liste.
Prenons un problème théorique, c’est-à-dire qui risque de ne pas se présenter cette année, le report de date de rentrée scolaire, en arborant une réflexion préventive pour d’autres années. On peut éviter de déprogrammer tout ou presque tout un pays, de déplanifier toute une société qui se préparait en fonction d’un mot d’ordre qu’elle n’a pas créé, action pour le moins désagréable, est-ce que démotivante serait grave, en ajoutant que les écoles ont jusqu’à telle autre date pour lancer leurs activités. Ou ne rien dire du tout. Pour éviter que ce soit comme si toutes les voitures du pays devaient par décret être de la même longueur, même couleur, non blindées, vitres non teintées, etc, toutes. Non pas pour favoriser le plusieurs vitesses, mais pour en reconnaître l’existence et, au fil de la qualité, réduire les différences. Et c’est assez anecdotique qu’à la capitale, une école au moins une, qui depuis les lustres de la dictature, ouvrait ses portes en septembre s’est laissé dire par le système qu’il voulait la rejoindre… et ainsi l’absorber, et la ramener à l’ordre octobre, un peu comme ce petit futé d’Alain Possible l’a réussi avec son voisin chanteur, mais préférant à la carotte du 50 kòb, le bâton de la force de l’empêchement. En Inde ce qui se dit c’est que, je cite, les économies de temps sont plus importantes que celles de l’argent car le temps c’est la vie même. Et en moi je reste convaincu que la fixation de la date septembre a toujours été un signe de bonne volonté, conservons-le.
Venons-en aux 12 mesures, sujet de notre préoccupation du moment.
De la 6e AF
Une contrainte technique, on peut toujours l’ignorer pour mieux inviter la catastrophe à venir, mais une contrainte économique, si vous préférez budgétaire, et toute belle analyse tombe à l’eau. Et si budget insignifiant ou inexistant alors la qualité fond dans l’air même. Le problème est-il là ? Et si on élimine l’examen officiel de 6e AF, à mon humble avis, il n’y a même plus de pays si c’est ce qu’on veut ou qu’on ne peut éviter. Sur ce point, sur ce choix, en quelque sorte, j’appuie quelqu’un qui a des références UNESCO dont je partage l’argumentaire, sauf que moi je me suis contenté logiquement face aux risques d’exclusion, de penser aux enfants qui n’auront pas pu continuer au-delà de la 8e AF, ils seraient comme nos frères en République voisine mais eux sans secours possible. L’UNESCO m’aura donc rejoint. Si on prévoit que les enfants ont du stress en 6e AF, là je prends le contrepied de quelqu’un que je n’approuve pas non plus pour la Rhéto, si on le prévoit, qu’on leur apprenne à le gérer, est-ce si gros à ce niveau, si on ne veut pas un pays de morceaux d’homme que l’on ne pourra pas « protectionner » contre les défis plus forts de leur vie ultérieure. Et pour le choix de se limiter aux matières de base, ce serait pour ne former que des hommes incomplets, des robots. Déjà que l’état du pays dénonce que nous ne sommes pas si entiers. S’il y a une barrière à éliminer ou à rendre facultative, c’est l’examen de 9e AF, toujours bien sûr à mon humble avis.
De la Rhéto
Qui est le baromètre du système éducatif ! On veut l’éliminer ? Et on veut continuer à parler de qualité ? Le virage vers la qualité, comme tout virage, peut être dangereux parole de physicien s’il n’est pas bien négocié, nous envoyant dans le décor … d’une plus grande pagaille, comme passer du chikungunya à l’ébola. Une question n’est pas posée, celle selon laquelle la déconfiture qui s’étend au fil des années aurait ou non atteint le système d’évaluation lui-même, profil des examens, niveau des nouveaux correcteurs, les correcteurs qualifiés arrivant progressivement, car ceux-ci aussi sont des produits du système en dégradation. Cette question est-elle posée ? Ne la posons pas non plus dans l’empressement.
Voici comment, à mon humble avis d’expert, on peut éliminer la Rhéto. On se met au travail à tous les niveaux nécessaires et complémentaires, et sans proclamer de résultats factices par aucune étape de la chaîne évaluative, persévérer jusqu’à ce que le taux de réussite atteigne les 95 à 98% sur plusieurs années, réflexion faite depuis toutes ces années que circule la rumeur de cette élimination. Et si quelqu’une résume, pour tout mon texte pardi ! que « … le labeur est difficile », j’ajoute que c’est le prix, pas de rabais, de la qualité. N’attendez pas de meilleur « résultat » dans un an, l’Education est à long terme, et ne peut donc se décider trop brusquement. Le meilleur exemple est que lorsqu’une bonne école accepte deux ou trois élèves intrus en classe d’examen, ce sont eux qui la privent de pouvoir revendiquer 100% de réussite, autrement dit, cette école, qui était déjà bonne, n’a pas pu relever en un an le défi de ses immigrés. Et puis il existe un vocabulaire venimeux, habituel chez des dirigeants, selon lequel « les examens étaient à la portée des candidats », un virus qui casse les reins mentaux de la jeunesse trop faible d’esprit. Sauf si c’est ce qu’on cherche à faire ! Il faudrait pouvoir dire, bien après le début du virage, que « les candidats étaient à la hauteur des épreuves ». A l’inverse, si on élimine la Rhéto en 2015 c'est-à-dire brusquement, la session extraordinaire actuelle est déjà inutile, et on devrait donner automatiquement le certificat de Rhéto à tous ceux qui ont échoué les années précédentes pour qu’ils puissent tout de suite entrer en Philo. Je préfère ne pas commenter l’argument selon lequel la Rhéto a pour but de couler les candidats, car je n’en perçois pas la substance. Faisons donc une école sans aucun examen, en faisant confiance à tout candidat, apprenant ou « en-bas banc ». Fermer la Rhéto, c’est se fermer les yeux, le problème devient invisible mais aura-t-il disparu ? Réponse: il ira en s’amplifiant, et atteindra les cinq sens même la vue, et on déplorera, après que cela devienne dommage pour quels individus, dommage pour quelle collectivité, dommage image pour quelle autorité responsable. Et puis c’est casser le peu de crédibilité qui nous reste auprès de structures de formation étrangères qui nous acceptent avec la Rhéto, la souveraineté n’a rien à y voir.
Côté modalité
Un ancien surveillant d’examens officiels que j’ai pris en conversation m’a expliqué qu’il faudrait tous les éliminer ces examens officiels, je l’ai applaudi vu ses arguments d’ailleurs connus, mais avec diplomatie car je compte sur le courage déjà déclaré de Monsieur le Ministre de l’Education pour redresser cette barre noyée dans trop d’irrégularités, en régression cette année, tant mieux. Je n’ai pas intérêt à ce que le ministre ne soit pas courageux car il est le barycentre de tout le système éducatif de mon pays, il me représente. Et en publiant les résultats par école, je ne savais pas vraiment que cette formule avait été interrompue, c’est avec maestria qu’il aura invité les directeurs en difficulté à préférer la qualité : pour peu qu’ils attendent quelques instants avant de lui lancer la pierre ramassée par énervement, ils finiront par venir l’en remercier. Education, persévérance et patience. Et tout prochain ministre qui reviendrait là-dessus en se fichant de toute la communauté pour couver quelques défaillants se verra presque certainement rattrapé par l’Histoire. Car l’Education n’est pas une affaire privée, une affaire personnelle, une affaire individuelle, c’est une cause publique.
Que peut-on espérer de la mise sous contrôle des écoles faibles si déjà l’inspectorat ne marchait pas ? Quels types de spécialistes avons-nous ? En quelle quantité ? Et puis qu’en est-il du Nouveau secondaire ?
Du bac permanent
La catastrophe artificielle. Qu’il lève la main celui qui ne s’indigne pas qu’une république puisse institutionnaliser un terme comme « récalés ». Qui a pu re-suggérer au ministre cette calamité qui a fait débat jusqu’à son élimination pour qu’elle nous revienne au visage ? C’est pour le moins une moquerie envers les concernés, et le mépris du minimum de culture selon lequel « vingt fois sur le métier, etc ». Pourquoi eux qui ont fait preuve de persévérance doivent-ils reprendre des examens quand leurs successeurs passent en philo comme dans du beurre caché en frigo sous black-out permanent ? Si je n’étais pas certain de la bonne foi du ministre Manigat, doublée de la bonne volonté du président Martelly, j’aurais crié au complot contre la motivation à l’étude. Alors que la formule convenable serait que, certains en inscription libre, tout le monde subisse par année au maximum une session ordinaire, une extraordinaire. Après trois années successives d’échec, le candidat laisse passer une année avant de revenir à la charge, car il a besoin d’études prolongées et non d’examens rapprochés. Et ainsi de suite, par la suite, un échec, deux attentes.
Mais si la mesure annoncée est maintenue, c’est qu’elle est noble, autant publier en détail pour nos historiens de l’Education l’identité de toutes les autorités ou autres courtiers qui l’appuient. Je connais quelqu’un qui leur réserve, pour sa part, le nom de bandits de l’Education.
Du rapport au temps
Il est évident que le PSUGO a résolu des problèmes. Sauf qu’il a eu des retombées négatives que certains primitifs sont prêts à prendre pour rien, des parents deviennent moins vigilants face à l’écolage de leurs enfants, et puis des directeurs d’école ont dû gémir publiquement, était-ce prévisible, ils ont cru, ils en ont vu. A part la démotivation à l’effort, y voyez-vous quelque double fait viciologique ? Et même triple car la synergie entre eux surtout a été aussi cassée. La viciologie, ne l’avais-je pas encore dit, a ceci de particulier, a pour spécificité je ne m’en vante toujours pas, que son essence sécrète une logique qui l’empêche de prendre naissance comme science. Chacun la vit dans son coin et se tait, d’autres la voit et s’en moque car ne se sent pas concerné, d’autres enfin la font sans s’en rendre compte, ils ne savent donc pas ce qu’ils font, la nature va-t-elle le leur pardonner pour autant, et puis nombreux la font en se réjouissant de son incapacité à naître même par césarienne classique. Pendant que moi je m’inquiète déjà du nombre de tomes de mon proche futur Traité de VICIOLOGIE.
Une interruption vient d’être annoncée dans le psugo, les intéressés auraient dû l’apprendre plus d’un an à l’avance, et les voilà pris au dépourvu, à quel groupe viciologique parmi les quatre appartiennent-ils ? A –t-on remarqué que je n’ai rien proposé pour un progrès quelconque ? C’est parce que je sais, sans vouloir offenser quiconque, qu’aucun progrès n’est possible si nous n’osons pas renoncer. Renoncer à négliger d’éviter des faux problèmes.
Des perspectives
En attendant que j’aie moi-même le temps de lancer mon propre concours, prévu depuis nettement plus d’une quinzaine d’années, mes collaborateurs et certains autres amis n’étant pas autorisés à y participer ni à refiler le filon, concours de la meilleure définition du vocable « Administrateur », je voudrais suggérer au ministre de l’Education Monsieur Manigat de ne pas casser encore la machine d’organisation des examens et de lancer, à l’instar de la Banque mondiale il y a quelques semaines, un concours de recherche ou autre appel à propositions. Et comme l’UEH est dotée d’un Vice-rectorat à la Recherche particulièrement actif dans ses limites, il peut toujours « particulariser » les Universitaires c’est-à-dire les Professeurs d’université d’autant, et c’est heureux, qu’il en a fait mention peu après son accession, par un contrat, un protocole exprimant indéniablement sans le dire, ce que les Autorités « pensent » ou ne pensent pas des professeurs d’Université du pays. J’ai conçu, sans préciser si c’est en équipe ou pas, une autre formule de gestion du bac mais, au risque qu’elle ne serve jamais à rien, je ne la ferai connaître que si un jour un Pouvoir en place désire en prendre connaissance. Comme pour lancer en quelque sorte une industrie du savoir. En lisant cette annonce, les esprits faibles pourraient prétexter que celle que j’ai déjà proposée n’est pas crédible, c’est plutôt qu’ils voudront l’écarter pour se dérober du travail qui les attend. Mais ils ont aussi la possibilité de prouver qu’ils savent comment procède un Responsable.
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