Odette Roy Fombrun Notre histoire nous montre que les succès obtenus l’ont été à partir de l’UNION. Actuellement, notre pays est totalement dépendant. Face aux problèmes majeurs auxquels il est confronté et aux impératifs de la communauté internationale, les accords dans le secteur politique sont impératifs. Les problèmes majeurs du pays sont : a) la MISÈRE que l’augmentation accélérée et incontrôlée de la POPULATION aggrave. Il faut convaincre la population de son devoir de limiter sa production d’enfants, en commençant par les hommes (vasectomie). b) L’ENVIRONNEMENT. Par manque d’éducation, la population a un comportement anti civique. Elle coupe les arbres transformant des mornes entiers en espaces lunaires. c) L’IMPORTATION. Elle est massive : on importe tout et on exporte très peu. L’exportation est si faible que le déficit national est financé à 60% par la communauté étrangère. d) LA DIVISION. Nous n’apprenons rien des leçons de l’histoire. Très proche de nous, la division nous a valu : 3 ans d’un embargo dur et appauvrissant; le débarquement de plus de 20 000 militaires américains ; une force de l’ONU encore présente sur notre sol. Nous ne pouvons pas recommencer ! e) LA CONSTITUTION. On parle beaucoup du respect de la Constitution alors que depuis sa naissance elle est violée à tribord et à bâbord. On l’a amendée, et ces amendements eux-mêmes sont contestés. En fait, dans un pays pauvre et dépendant, avec une masse inculte trop élevée, il faut admettre que la Constitution de 1987, qui prévoit près d’une élection par année et de très nombreuses et coûteuses structures, est INADEQUATE. Elle le sera encore plus si on devait tenir compte du dernier vote insensé des députés de multiplier les départements et d’augmenter le nombre de sénateurs (18 ?). QUELS ACCORDS SONT POSSIBLES ? La majorité nationale est malheureusement silencieuse. Par contre, chaque parti, chaque personnage politique a son option qu’il entend imposer, sans tenir compte de l’intérêt national et de son devenir. Comment sortir de ce chaos ? Nous proposons ce qui suit : A.- Tous les partis se doivent de reconnaître leur incapacité à s’entendre et a trouver une solution à la crise qui perdure depuis trop longtemps, et l’échec général des dirigeants politiques de tous bords à faire avancer le pays sur le chemin de la démocratie qui passe par des élections périodiques et crédibles de nos dirigeants. Il est donc indispensable de trouver une solution nationale en dehors de nos dirigeants, mais en accord avec eux. B. S’inspirant de l’esprit de la Constitution de 1987, s’accorder au plus vite sur la mise en place d’un Conseil de Conciliation Spécial. Les personnalités de ce conseil seront choisies sur la base d’un profil d’intégrité, de représentativité, de capacités, établi par les organismes désignés représentatifs de la Nation (droits humains, barreaux, femmes, paysans, secteur des affaires, société civile,….. ). Il serait aussi souhaitable d’inviter l’organisation internationale des Droits Humains, l’organisation internationale du Travail, la Cour internationale de justice, ou toutes autres instances de choix (maximum 3) à déléguer chacune une personnalité qualifiée pour accompagner les travaux du Conseil de Conciliation Spécial. (On pourrait s’inspirer de l’avant-projet de Constitution qui décrit la voie à suivre pour la constitution d’un Conseil constitutionnel). La mission du Conseil de Conciliation Spécial sera de statuer sur tous les grands points litigieux de blocage dans l’intérêt supérieur de la Nation, à partir d’une liste qui lui sera soumise ou que lui-même dressera et rendra publique. Au préalable, tous les partis doivent souscrire à la condition sine qua non que les conclusions de ce Conseil seront déterminantes, finales et sans appel. C.- Il faut se rendre à l’évidence que la Constitution de 1987 n’a jamais été vraiment appliquée et est en fait INAPPLICABLE. Que l’on tienne des élections aujourd’hui, le même problème se reposera l’an prochain. Il faut donc admettre l’urgence de favoriser la mise en place d’une Constituante pour préparer une nouvelle Constitution plus adaptée à notre environnement et à la mesure de nos capacités. Afin de favoriser un climat d’apaisement, une restriction est possible: le mandat de l’actuel président ne serait pas renouvelable. L’important est de mettre en place une Constituante crédible composée de personnalités intègres et capables, issues de milieux divers représentatifs de la Nation, et conscientes des enjeux. Un modus operandi, transparent et crédible, sera mis en place pour garantir des choix heureux. Cette tâche, elle aussi, pourrait être confiée au Conseil de Conciliation Spécial après résolution des problèmes urgents de la crise. DE GRACE, HAITIENS, ACCORDONS NOS VIOLONS !