Si je parle aujourd’hui de programmes pour le développement de notre pays, c’est dû au fait que depuis plus d’un siècle chez nous on se limite aux aspects du projet. C’est en fait se leurrer et condamner notre avenir de peuple de vouloir faire d’un projet donné la substance de la solution à un problème de nature nationale ou même locale.
Bien avant leur indépendance, les bâtisseurs de l’Amérique du Nord, qui (soit dit en passant) étaient en majorité des «francs-maçons», parlaient surtout de «programmes» pour arriver à l’indépendance et non pas seulement d’actions ou de projets de révolte contre la colonisation. Si j’en parle maintenant, c’est pour m’assurer de l’imprégnation pas mes concitoyens de la nécessité d’inclure cette différence dans leur pensée.
Cette remarque paraît simpliste mais ne l’est pas réellemment car il faut admettre qu’il existe un blocage culturel chez nous dont beaucoup n’arrivent pas à se «compénétrer». Dans la majorité des familles de l’Amérique du Nord, un mariage n’est pas seulement un acte social engagé par des individus qui s’aiment, mais un vrai contrat d’engagement entre des individus de deux (2) parties.
Certains grands penseurs politiques de chez nous n’aiment guère aborder le problème dans leurs campagnes, car le sujet peut devenir épineux du point de vue religieux.
Ce qui est vrai pour ce qui est du mariage, c’est aussi dans la pratique du combat pour la vie de chacun. Ainsi donc, le concept du mariage est devenu pour plusieurs un choix basé sur la réussite comme dans une loterie. Le vrai combat pour arriver à la richesse n’est nullement enseigné aux jeunes dans la famille, à l’école et dans la société. D’où cette idée de : « Si Bondye vle».
Le problème pour un jeune devient corsé d’où cette tendance à l’union libre ou les deux (2) parties en présence ne s’engagent à rien pour réussir. Ce qui est vrai du mariage l’est aussi pour toutes les activités où chaque membre s’engage comme dans un combat de «coq à la gaguère»
Pour avoir bien observé les événements tant en Afrique, en Amérique latine ou en Orient , je pense que le peuple haïtien finira par trouver sa voie sans avoir à se poster à l’étranger. Mon opinion est partagée avec beaucoup de penseurs et acteurs que j’ai pu rencontrer. Ceci prendra son temps, car malgré toutes les vicissitudes vécues, Haïti attire l’attention des investisseurs. Il nous faudra conserver en nous la capacité des jeunes à pratiquer l’audace et surtout à leur faire confiance, car l’avenir chez nous ne peut provenir que d'eux.
À bon entendeur : demi mot. Parlons donc de programmes et non plus de projets. Notre mentalité n’est pas faite pour se limiter à des projets. Notre chance est de voir dans chaque combat à mener pour la vie la «nature» du programme envisagé et surtout ses vraies dimensions. Le «projet», même le meilleur, est de courte durée, alors que le « programme» donne naissance aux «projets» et reste de longue durée.
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