Qui ne se souvient de la déclaration de l’ambassadrice des Etats-Unis qui eut, un jour, alors qu’approchait la première échéance électorale de Martelly, à déclarer que la communauté internationale ne peut financer toute cette avalanche d’élections annuelles en Haïti ? Voila, tout était dit. M. Martelly comme Gros Jean croit y voir son affaire : un jour, il aura les pleins pouvoirs, il gouvernera par décret. Et pendant longtemps, pour ne pas dire aujourd’hui encore, il a gardé cette illusion. Pour ce faire, il est prêt à tout. Qu’importe Premier ministre, Conseil électoral ! En complicité avec madame l’ambassadrice, il s’est mis à violer la Constitution, faisant fi de ses devoirs de président qui lui imposent de veiller à la bonne marche des institutions, ce qui suppose, entre autres obligations, l’organisation périodique des élections afin que le souverain choisisse librement ses mandataires. Ainsi, après qu’un premier tiers du Sénat fut parti, et que fut obtenu le silence des Joseph Lambert et Youri Latortue casés au Palais National à titre de conseillers présidentiels, c’est sous pression et devant la résistance des sénateurs que Michel Martelly a dû reculer et accepter que le second tiers du Sénat remplisse son temps constitutionnel, épargnant du même coup à la nation le dysfonctionnement, dès janvier 2013, du Parlement, un fait qu’il a toujours cru être à son avantage. Mais ce n’était pour lui que partie remise. Quant aux municipales: c'est-à-dire les maires et assemblés communales, leur élection dernière remonte à la nuit des temps et Michel Martelly va tirer profit de cette anomalie en remplaçant les maires élus par des agents exécutifs intérimaires qui vont assurer un intérim indéfini au bénéfice de la politique Tèt Kale. L’international, maître du jeu, le laisse faire, car il a son agenda bien défini. Au moment opportun, il jettera les masques et cherchera à imposer sa vision, à savoir une nouvelle Constitution, via une constituante, qui devra uniformiser la durée de tous les mandats électifs et ainsi mettre fin à ces nombreuse et répétitives échéances électorales jugées trop coûteuses. Eskanp s’oppose à toute politique dessinée par l‘occupant. Nous ne reconnaissons aucune légitimité à cette commission fantoche derrière laquelle se cache les forces d’occupation dont l’objectif avoué est une nouvelle Constitution faite sur mesure tandis que l’objectif caché est le chaos. D’ores et déjà, nous rejetons toute recommandation de cette commission aux ordres d’intérêts étrangers, et que ce soit la formation d’une constituante comme déjà l’annonce certains renégats, que ce soit le sacrifice d’un bouc émissaire, Premier ministre, Conseil électoral ou autre. Là, une réflexion s’impose. Le Premier ministre étant l’émanation du Parlement, comment Monsieur Martelly compte-t-il installer ce nouveau Premier ministre, le faire ratifier alors que le Parlement n’existera plus dans un mois ? D’ailleurs, qui nous a imposé ce Premier ministre sinon Michel Martelly lui-même. Lamothe doit partir mais il partira avec son chef l’artisan de ce chaos qu’il a sottement orchestré dans l’intérêt des forces d’occupation. De même, tout départ ou remaniement du CEP ne changera absolument rien à la donne, si le pouvoir Tèt Kale ne s’efface pas. Michel Martelly en est à son quatrième conseil électoral.Ça suffit ! Pense-t-on sérieusement que la formation d’un cinquième CEP participera de quelque façon à la solution de cette crise? La tâche immédiate des hommes et femmes de bonne volonté est de continuer à se mobiliser pour le départ de Martelly et de Lamothe, seule solution à la crise; à réclamer un gouvernement de salut public qui aura pour mission d’organiser le départ de la funeste Minustah, porteuse de choléra, et des élections libres et démocratiques. Toute autre solution est futilité.