On en parle plus, ou peu, depuis plusieurs années. Cette discipline est négligée, pourtant elle mérite d’être vulgarisée. C’est fait, avec un ouvrage collectif qui vient d’être publié par les Editions de l’Université d’État d’Haïti et les Presses de l’Université Laval. Résultat du colloque international sur « L’ethnologie et la construction de la nation politique, du peuple, du citoyen en Haïti» organisé à Port-au-Prince, du 15 au 18 février 2012, sous l’égide du Rectorat et de la Faculté d’ethnologie de l’Université d’État d’Haïti, cet ouvrage qui présente un panorama assez substantiel de la genèse et de divers champs d’application de l’ethnologie en Haïti a mobilisé un nombre fort appréciable de professeurs et de chercheurs haïtiens et étrangers (Jhon Picard Byron, Carlo Avierl Célius, Lewis Ampidu Clorméus, Marianne Pelisse, Kate Ramsey , etc) afin d’arriver à une synthèse, une évaluation.
On a là, à n’en pas douter, un travail de synthèse qui passe en revue plusieurs questions, sujets d’intérêt national, thèmes de réflexions culturels, historiques et politiques. Ces raccourcis –il s’agit bien d’une série de savoirs et de bouts d’analyse – renvoient forcément à Jean Price-Mars (le vodou et la question de l’identité nationale), à Jacques Roumain (le fondateur), à la problématique de la politique culturelle (1941-1986), à notre passé esclavagiste, pour ne mentionner que ces thèmes. L’ethnologie est une discipline «politique» par essence, surtout en Haïti, puisqu’elle établit, depuis l’École des Griots – pour prendre un canevas historique proprement local -, les liens entre savoir et pouvoir. L’Haïtien, par son passé colonial traumatisant, est un sujet d’étude privilégié pour nos ethnologues.
Rappelons, in fine, que cet ouvrage instructif, publié avec l’appui de la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL) et du Centre interuniversitaire d’études sur les lettres, les arts et les traditions (CELAT) provient d’une des premières rencontres du laboratoire LADIREP (Langues – Discours – Représentations), de l’Université d’ État d’Haïti (UEH), implanté à la Faculté d’ethnologie (FE).
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.