Quand Arly Larivière choisissait ce titre pour l’une de ses compositions, il voulait questionner la responsabilité de chaque partie dans la dégringolade de sa relation amoureuse. Mais aurait-il jamais pensé que ce questionnement s’appliquerait un jour à la situation politique que vit notre pays ? Le 12 janvier 2015 reste une date butoir pour le pays et ce n’est sûrement pas à cause d’une secousse sismique… Le chef de l’État se bat contre un vide institutionnel… Les rencontres se multiplient… L’opposition, qui a tendance à considérer le Président comme étant un oiseau qui perd ses plumes, fait la fête et se gargarise… La population ne comprend pas trop bien ce qui se passe. Certains veulent indexer le chef de l’État qui, selon leur point de vue, avait l’occasion d’organiser les élections, mais ne l’aurait pas fait suite aux suggestions de ses conseillers qui l’inciteraient à diriger le pays par décret. Pourtant, pas une fois, Michel Martelly n’a, au cours de ses interventions, fait montre d’une quelconque volonté de « diriger le pays par décret ». D’autres critiquent plutôt les parlementaires qui auraient eu peur d’aller aux urnes avec l’équipe « Tèt kale », vu que la côte de popularité de celle-ci ne faisait qu’augmenter en regard de ses nombreuses réalisations, en particulier dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures. L’opposition, alors que Martelly faisait tout son possible pour mettre en marche la machine électorale, mettait en cause la crédibilité du Collège transitoire du Conseil électoral provisoire (CTCEP) dont elle avait pourtant négocié la création et facilité la mise en place. Tohu-bohu… les négociants à huis clos sont les premiers à faire des déclarations dans la presse pour se démarquer des décisions prises lors des négociations. Accord d’El Rancho, rapport de la Commission consultative, Accord tripartite… qui en profitera ? L’accord d’El Rancho donnait à chacun ses responsabilités. Cet accord faisait croire à plus d’un que le pays allait renouveler sa classe politique, respirer un autre air. Steven Benoit, mandaté par le président du Sénat, l’honorable sénateur Dieuseul Simon Desras a paraphé l’accord sous les yeux de représentants de partis politiques, de la presse, des membres de la communauté internationale et des médiateurs. Quelques jours après, le sénateur Benoit renie son engagement : il n’aurait pas bien lu ce qu’il avait signé. Irresponsabilité, analphabétisme, débilité mentale ou quoi ? Rapport de la Commission consultative Selon cet accord, seul Michel Martelly doit faire les sacrifices. Connaissant le chanteur vedette du groupe Sweet Micky, l’homme à caractère conflictuel, il est tout-à-fait normal que ce rapport soit rejeté d’un revers de main. Mais, étonnamment, le président qui se veut patriote, rassembleur, accepte à la lettre toutes les recommandations qui, pour certaines d’entre elles, exprimaient clairement une volonté d’affaiblir au maximum la présidence Martelly en le mettant dans l’impossibilité de gouverner. Le départ du Premier ministre Lamothe semblait être la pierre d’achoppement sur laquelle comptait l’opposition pour montrer la mauvaise foi du président Martelly. Mauvais calcul… Le Premier ministre est parti sans faire de chichi et l’opposition, pris à son propre jeu, veut maintenant avoir la tête de Michel Martelly, pourtant démocratiquement élu. Où donc veut-elle mener notre pays, cette opposition qui n’arrive pas à s’entendre avec elle-même sur ce qu’elle veut, qui n’offre ni projet ni alternative et qui ne veut que le départ de Martelly ? Serait-ce la seule voie pour Desras d’accéder à la magistrature suprême ? Il serait étonnant que Moise Jean-Charles ou n’importe quel autre leader de cette soi-disant opposition accepte cette alternative puisque… « tout moun vle chèf». Accord tripartite Signé entre Michel Martelly qui agit en tant que chef de l’exécutif, Dieuseul Simon Desras et Jacques Stevenson Thimoleon au nom du Parlement, Arnel Joseph Alexis en tant que président du CSPJ et de la Cour de cassation, cet accord donne l’impression que les trois pouvoirs s’entendent finalement pour prendre le destin du pays en main. Mais c’est sans compter sur l’esprit politicien pervers de nos hommes d’État, de nos politicailleurs… Dieuseul Simon Desras, « un doux, un chaud » comme dit l’expression de chez nous, tantôt amical, tantôt amer et acide, est tout, sauf stable dans ses déclarations. Ses dits et ses dédits se succèdent au gré de son humeur et de ses intérêts. C’est un homme de parole qui… reprend sa parole pour continuer à parler. En gros, cette parole, il ne la donne pas, il ne fait que la prêter sur gages aux intérêts du moment. Un jour, il est avec l’opposition, un autre jour, il négocie derrière son dos… Une telle roublardise a de quoi faire passer Sweet Micky pour un saint homme aux yeux des observateurs qui comprennent de moins en moins l’attitude de nos acteurs politiques qui semblent jouer un film sans scénario. Et n’allez pas croire que les autres valent mieux. N’est-ce pas Assad Volcy, Turneb Delpé, Serge Jean Louis, Louis Gérald Gilles, Rony Timothée ? À qui la faute ? Probablement ni à l’exécutif ni à l’opposition… mais, définitivement, à nous tous qui nous laissons guider par des individus qui n’ont d’autre intérêt que leur cassave et dont l’amour pour Haïti est purement théorique. Nan teyori, yo renmen peyi a, men nan lapratik si yo te ka yon lòt kote, kè yo tap pi kontan. Se nou ki nan cho… Pitit yo ak madanm yo ap viv nan peyi letranje !!!