« Nos services ont reçu 8 755 demandes de naturalisation et jusqu'à vendredi dernier 132 757 personnes ont appliqué pour un plan de régularisation », a confié le ministre dominicain, qui dit s’en remettre au président de la République qui détient désormais les résultats du processus et qui, selon lui, devra trancher dans les jours qui viennent. La loi 169/14, introduite en mai 2014, prévoit que les personnes nées de parents étrangers sans papiers, dont la naissance n'a pas été déclarée en République dominicaine, doivent s’inscrire dans un programme spécial afin d’obtenir un permis de séjour pour pouvoir prétendre, plus tard, à la nationalité dominicaine. « Pour autant que nous comprenions, il n’y a aucune extension pour cela. La loi arrive à expiration, le plan, lui, continue jusqu'au 15 », a poursuivi l'officiel dominicain. Interrogé sur une éventuelle date d’expiration du plan de régularisation, José Ramón Fadul a répondu que les rapatriements sont appliqués comme contrôle de l'immigration comme cela se fait dans tous les pays. De plus, il soutient qu’Amnesty International est une organisation dirigée par des intérêts mexicains qui veulent entraîner le pays dans une sphère où aucune prospérité touristique n’est possible », a pesté ce dernier, invitant les gens à se rendre au Mexique pour constater eux-mêmes ce qui se passe là-bas. Auparavant, Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amérique d'Amnesty International, avait indiqué qu’à partir du 1er février, les espoirs de dizaines de milliers de personnes vulnérables vont s’effondrer. « Des milliers de personnes seront en danger d'expulsion », a-t-elle fait savoir. «Même si ces gens arrivent tout de même à rester en République dominicaine après l'expiration du délai, a-t-elle poursuivi, leur avenir sera terriblement incertain. » Très remonté, José Ramón Fadul a martelé que les organisations internationales qui critiquent son pays devraient plutôt sensibiliser les gens pour qu’ils se régularisent. Le haut fonctionnaire dominicain a réitéré que trois processus ont été mis en branle : celui de la commission électorale encore ouvert, le groupe B piloté par nous qui expire aujourd'hui et le plan de régularisation qui court jusqu'à juin. Par ailleurs, Amnesty International souligne que seul un faible pourcentage de personnes qui, selon la loi, sont autorisées à s’inscrire a pu initier le processus et que le ministre de l'Intérieur a confié que, jusqu'au 9 janvier dernier, seulement 5 345 personnes ont été se faire inscrire dans le programme de régularisation institué par la loi 169/14. Ce nombre représente moins de 5% des 110 000 personnes qui, selon les estimations, sont en mesure de le faire. Déjà à la mi-janvier, le journal Diario Libre, qui relayait les propos du père jésuite Regino Martinez, directeur exécutif du programme Solidaridad Fronteriza (SF), avait mentionné que l'Etat dominicain, en ne régularisant pas la situation des migrants haïtiens en situation irrégulière, perd chaque année plus de 7.3 milliards de pesos, et a confirmé, qu’à chaque fois, les Haïtiens traversent de manière illégale la frontière, une opération lucrative profite aux autorités militaires, la police et jusqu’à certains propriétaires de fermes. En analysant la situation des immigrants haïtiens et le Plan de régularisation élaboré par le gouvernement dominicain, le révérend Martinez a vertement critiqué le fait qu'aucune des provinces frontalières, hormis Dajabón, ne dispose d’un bureau desservant les milliers d'Haïtiens concernés par cette situation. La loi 169/14, qui a été introduite après la condamnation générale de la décision de la Cour constitutionnelle de priver rétroactivement la nationalité dominicaine des milliers de personnes d'origine étrangère, les rendant ainsi apatrides, oblige ces personnes à s’inscrire comme étrangères et à solliciter, en partant de zéro, la citoyenneté dominicaine. Sources combinées