Haïti affiche l'un des taux d'inégalités monétaires les plus élevés au monde et demeure l’unique PMA du continent. Prendre le taureau par les cornes, dans ce cas-ci, équivaut à explorer les voies et moyens pour combattre la pauvreté qui, selon le dernier rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et l’exclusion sociale (ONPES) et la Banque mondiale, concerne plus de 6 millions d’Haïtiens, soit près de 60 % de la population, qui vivent avec seulement deux dollars par jour.
Ainsi, pour mieux cerner la problématique de la pauvreté extrême en Haïti, vient de paraitre « Penser et lutter : vers une Haïti sans pauvreté », un ouvrage collectif suivi d'un essai de Vivian Labrie. Cet ouvrage est le fruit des travaux d'experts en développement, tant nationaux qu’internationaux, représentants d'organisations citoyennes, agences internationales et bailleurs de fonds qui ont échangé et partagé leurs connaissances sur le phénomène, lors du premier colloque du genre organisé en Haïti.
Ce colloque, une initiative du gouvernement haïtien, qui s’est tenu du 6 au 9 novembre 2014 à Port-au-Prince, sous la direction du Bureau de l’ex-ministre déléguée Rose Anne Auguste, chargée des droits de la personne et de la lutte contre la pauvreté extrême, avait pour objectif de proposer des stratégies de réduction de la pauvreté de 51 à 40% d’ici à 2016. Conformément aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) pour la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim.
« Je voudrais faire remarquer que cet ouvrage collectif demeure une contribution consistante parmi tant d’autres et que, malgré son importance, elle n’est qu’un élément d’un ensemble dont l’objectif principal reste l’éradication de la pauvreté », a fait savoir Rose Anne Auguste au moment de présenter le livre au grand public.
Cet ouvrage de restitution du colloque, qui comporte 378 pages, comprend 4 parties : la présentation des états des lieux de la pauvreté extrême, la mesure du phénomène et ses indicateurs en Haïti; la mise en perspective de la lutte contre la pauvreté extrême par des spécialistes haïtiens et étrangers; l’organisation d’ateliers autour de différents sous-thèmes se rapportant à la lutte contre la pauvreté extrême et à l’exclusion sociale; et enfin, les réflexions autour du colloque de Vivianne Labrie, une collaboratrice québécoise qui était la porte-parole du collectif Pour un Québec sans pauvreté.
Pour Rose Anne Auguste, ce livre collectif s’inscrit dans une démarche structurée, méthodique à long terme. En participant à la rédaction de ce livre, selon ses propres dires, elle voulait surtout apporter une contribution consistante dans le processus de réflexions qui doit aboutir d'ici peu à une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté.
« Vous nous demandez ce que ce livre apporte de nouveau au lecteur? La preuve qu’Haïti dispose désormais d’une approche inclusive contre l’extrême pauvreté inscrite dans le long terme et basée sur l’action qui fournit des résultats concrets, percutants, indéniables », a-t-elle déclaré avant de signaler que ce livre constitue un éclairage pour cette lutte qui doit être celle de toute la nation, celle de chaque Haïtien, de chaque Haïtienne.
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Cet ouvrage de restitution du colloque a été dirigé par le Comité de coordination du colloque composé de l’ex-Ministre Auguste, du Dr Louis Naud Pierre, de Federica Marzo, Joseph Mérat, Boby Emmanuel Piard, Vivian Labrie et Évelyne Pedneault.
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