Jean-Marie Beaudouin
Privatisation du droit international:
Dictature de l’impérialisme nord-américain
Démocratie vénézuélienne et l’intransigeance américaine
Entre le dire et le faire, la différence s’établit dès lors qu’on choisit de ne pas respecter sa parole d’honneur: soit dans les rapports personne à personne, ou soit dans les structures d’une organisation humaine de quelque nature qu’elle soit. Mais cette attitude déloyale peut aussi se manifester au niveau des rapports bilatéraux d’État à État, ou multilatéraux qui sont régis par des lois et principes universels dont l’observance est obligatoire entre les parties contractantes ou signataires des traités internationaux. Et à terme, la tentation d’imposer de force son hégémonie au reste du monde peut conduire fatalement à la violation du droit international, peut-on observer dans les relations internationales. Il est dans la nature du violateur ou du transgresseur de recourir aux méthodes empiriques et à des principes démodés ou désuets pour parvenir à ses fins politiques et économiques.
C’est ce que le présent papier va tenter de démontrer à partir des derniers évènements qui opposent Washington à Caracas, d’après l’Executive Order ou le décret du président américain, Monsieur Barack Obama. Un décret dont la teneur politique, en réalité, renferme une hostilité extrême, annonçant peut-être l’imminence d’une intervention militaire américaine au Venezuela bolivarien. Cet État indépendant des Andes, à l’aurore du nouveau millénaire, semble prendre un chemin qui promet à son peuple une forme plus digne de vie. Mais agir librement et démocratiquement sur les phénomènes en vue de transformer la société vénézuélienne est un crime aux yeux de la droite américaine réunie, nous semble-t-il.
L’article 22 – 1 et 2 de la Charte de la Société des Nations stipule qu’il existe après la guerre
« des États qui sont habités par des peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du monde moderne. Le bien-être et le développement de ces peuples forment une mission sacrée de civilisation, et il convient d'incorporer dans le présent pacte des garanties pour l'accomplissement de cette mission».
« La meilleure méthode de réaliser pratiquement ce principe est de confier la tutelle de ces peuples aux nations développées qui, en raison de leurs ressources, de leur expérience ou de leur position géographique, sont le mieux â même d'assumer cette responsabilité et qui consentent à l'accepter: elles exerceraient cette tutelle en qualité de mandataires et au nom de la Société. »
La Charte des Nations unies, elle, en son article 1, alinéa 2 et 3, apporte la réponse contraire à sa sœur aînée défunte (juin 1945), et ne veut plus de tutelle ni d’États coloniaux. Paragraphes 2 et 3 stipulent:
« Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes et prendre toutes les mesures propres à consolider la paix du monde. » « Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion. »
Lequel des deux postulats, relevant du droit international, qui est d’application dans l’entre-deux-guerres (1919 – 1939), et le spectre de la troisième hante l’humanité chak jou Bondye mete? C’est toujours le premier postulat qui s’applique aux nations dites incapables de gouverner d’elles-mêmes, au grand dam du droit à l’autodétermination des peuples. L’auteur ajouterait que l’urgence d’une loi internationale, accordant les pleins pouvoirs aux puissances impérialistes occidentales d’entrer en possession légalement de la planète et de tout ce qu’elle renferme, se fait sentir dans la société bourgeoise capitaliste.
Car les mandats onusiens ne suffisent pas. Bien que le Conseil de sécurité de l’ONU ait à l’avance préparé les mandats et qu’il lui faille seulement ajouter le nom du mandataire, il arrive que les charges encourues deviennent apparemment insupportables pour les bienfaiteurs de l’humanité. Phénomène apparu dans le système qui génère des relations frictionnelles entre le mandant qui donne acte aux demandes qui lui sont faites, et l’agent-commissionnaire-mandataire qui ne veut plus assumer les charges de la tutelle. Aussi le législateur universel, ONU, se trouve-t-il dans l’obligation de confectionner une nouvelle loi qui soit conforme aux aspirations politiques, territoriales et économiques des puissances occidentales. Privatisation complète du droit international et de la diplomatie internationale: un processus déjà effectif d’après-guerre et qui s’ancre dans les mœurs, constate-t-on après la désintégration soudaine de l’Union soviétique au crépuscule du siècle dernier.
Le Venezuela a pendant longtemps vécu sous le joug des classes capitalistes locales, soutenues idéologiquement et économiquement par leurs homologues nord-américaines et européennes. La grande masse du peuple, elle, a été condamnée à vivre d’expédients. Ses élites dirigeantes, pendant leur règne séculaire, n’ont fait preuve d’aucun soin à l’égard d’elle; sinon qu’elles l’ont exploitée jusqu’à la moelle des os. Pourtant, ce ne sont pas les moyens qui manquent: le Venezuela est une grande puissance pétrolière, il figure au premier rang des pays exportateurs de pétrole. Bien que l’initiative de la création de l’Organisation (OPEP: 1960) soit du Venezuela, son siège se situe à Vienne/Autriche. Anomalie ou influence des puissances impérialistes! Comprenne qui pourra.
En tout cas, le rapport de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de 2010 confirme que le Venezuela dépasse l’Arabie Saoudite en réserves mondiales: 296, 50 milliards de barils contre 264, 5 milliards, lisant un article du journal le Figaro, paru le 27 juillet 2011, intitulé « Le Venezuela possède plus de pétrole que l’Arabie Saoudite ». Ce qui a été reconfirmé en 2012 d’après la même source, qui cite le rapport annuel de la société BP= compagnie britannique de recherche, d’extraction, de raffinage et de vente de pétrole. Fondée en 1909. Il y a de quoi à faire pâlir d’envie les maîtres du monde, les États-Unis d’Amérique qui ne figurent pas parmi les membres de l’OPEP, mais qui possèdent des réserves considérables.
Le citoyen colonel Hugo Chavez avait trouvé son peuple squelettique, sans âme et sans lendemain. Conscient de la politique antinationale de ses prédécesseurs et des graves conséquences socio-économiques que l’exploitation capitaliste a exercées contre le pays et son peuple, le président Chavez a donc décidé de prendre des mesures de redressement national dans le cadre du processus révolutionnaire qu’il a imprimé dans la nouvelle société bolivarienne. Sous son gouvernement, d’importantes réformes ont vu le jour.
Elles ont en effet porté les fruits escomptés: Améliorations notables dans les conditions de vie à tous les points de vue sont observées par un ensemble d’institutions internationales en la matière. D’abord, toutes les missions d’observation (OEA, Union européenne, Union des nations sud-américaines, Centre Carter) sont unanimes à reconnaître que les élections réalisées sous le gouvernement du président Chavez les ont été dans la transparence. La scolarisation universelle est déclarée obligatoire et gratuite: entre 1998 et 2011, le nombre d’enfants scolarisés est passé de 6 000 000 à 13 000 000. Dans l’enseignement secondaire, le taux est passé de 53,6% à 73,3% dans la même période. Dans le supérieur, le nombre d’étudiants est passé de 895 000 à 2,3 millions toujours de 1999 à 2011. En 2005, l’UNESCO décrète que l’analphabétisme avait été éradiqué au Venezuela.
Au niveau de la profession enseignante, le nombre de professeurs est passé de 65 000 à 350 000. 22 universités publiques ont été construites pendant la première décennie du siècle en cours.
D’utiles et de nombreux emplois ont été créés sous l’administration bolivarienne nouvelle: plus de 50 000 coopératives sont créées dans tous les secteurs de l’économie nationale. Le salaire minimum est passé de 100 bolivars (16 dollars) en 1999 à 2 047,52 bolivars (330 dollars) en 2012. Le taux de mortalité infantile est passé de 19.1 pour mille en 1999 à 10 pour mille en 2012. L’espérance de vie est passée de 72,2 ans en 1999 à 74,3 ans en 2011. Selon le PNUD, le Venezuela est le pays de l’Amérique latine où il y a le moins d’inégalités. Plus de 700 000 logements décents ont été construits à partir de l’élection du dirigeant bolivarien, Hugo Chavez, en 1999. Source: Le Grand Soir, site Internet: http://legrandsoir.info/spip.php texte: « 50 vérités sur Hugo Chavez et la Révolution bolivarienne ». Paru le 8 mars 2013. Auteur: Salim Lamrani.
Ces phénomènes nouveaux, qui sont appelés à se développer dans la durée et qui marqueront à jamais la conscience vénézuélienne, ont été rendus effectifs seulement en moins de deux décennies. De 1999 à 2013. Il serait donc inconcevable que le successeur de Chavez n’emprunte pas la même voie toute tracée d’ailleurs. Certains diront peut-être qu’avec son pétrole, le Venezuela peut introduire de tels changements dans la société. L’auteur répondra que, avant Hugo Chavez, le pétrole avait toujours existé; mais il servait la cause d’une petite élite vorace, cupide et arrogante. Il dépend alors de la conception de l’État de tel ou tel gouvernement.
Et l’auteur conclut que ce n’est pas là un projet de société qu’il faille combattre ni détruire, il faut de préférence l’encourager et l’encadrer. Il ne voit donc aucune espèce de situation dangereuse au Venezuela qui serait une menace pour la sécurité intérieure des États-Unis qui partagent le même continent avec lui. Or, le décret du président Obama apparaît comme un acte de guerre ou supposé tel: « Le Venezuela était responsable d’une inhabituelle et extraordinaire menace pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États-Unis. Est déclarée l’urgence nationale pour faire face à cette menace», d’après le texte liminaire du décret.
Pourtant, dans son article 2, paragraphes 1 & 4 relevant du chapitre I de la Charte de l’Organisation des Nations unies, on lit comme suit: « L’Organisation est fondée sur le principe de légalité souveraine de tous ses membres. ». « Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies. ». Jugez-en par vous-même, et merci!
Jean-Marie Beaudouin
Mars 2015; coifopcha@yahoo.fr
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.