Dans Le Nouvelliste du mercredi 8 avril numéro 39443, page 23, à la rubrique "Idées et opinions", M. Jeff Ibraime a signé un papier portant le titre : ‘’Et si on modifiait l’hymne national… ’’ Ce titre m’a choqué au plus haut point. L’auteur a rapporté les propos du Premier ministre Evans Paul à l’occasion de la Journée internationale de la femme au palais municipal de Delmas. Lors de cette manifestation, le Premier ministre a annoncé qu’il entend prendre conjointement avec le président de la République un arrêté le 18 mai visant à modifier La Dessalinienne dans le but d’harmoniser l’hymne national avec la réalité des dernières années. De quelle réalité dont parle le Premier ministre? La misère, le problème de l’emploi, la dépendance du pays en tout, l’importation massive des produits de première nécessité, le budget du pays financé à hauteur de 75% par l’international, le financement des élections ? Quoi encore? Ce sont là les vraies réalités du pays.
Plus loin, a rapporté le signataire du texte, le chef du gouvernement a estimé que « le moment est opportun de se pencher sur les paroles de notre hymne national qui reflète la nature machiste de nos ancêtres ». Sur quoi se base le PM pour avancer que nos ancêtres étaient machistes ? De quoi veut-on parler en ces moments de crise politique greffée sur l’économique ? « Le temps est révolu, s’insurge M. Paul, il est grand temps de s’en rendre compte ». Oui c’est une vérité. On se rend bien compte que le monde bouge et change, l’économie est mondialisée, le commerce est devenu le pilier du développement et de la croissance économique. C’est à nous de nous adapter aux multiples virages du monde globalisé. C’est de ça qu’il doit s’agir aujourd’hui.
« Le masculinne l’emporte plus sur le féminin et il faudrait désormais chanter : Pour le pays et pour nos pères et mères, formons des fils et des filles,« a fait comprendre M. Paul. N’est-ce pas une lecture erronée et simpliste de l’hymne national ? Je pense qu’il faut mettre la barre plus haut et aller plus loin. Formons des fils ne doit pas être interprété comme faisant une différence entre les sexes. Fils ici ce sont les Hommes (hommes et femmes) de ce pays sans distinction de race et/ou de classe et de couleur. La lecture de La Dessalinienne ne doit pas se faire au premier degré. Il faudrait aussi modifier la grammaire. N’est-ce pas monsieur le Premier ministre ?
Etant donné que le Premier ministre Evans Paul a été dans le temps un homme de plancher, peut-être veut-il retourner à son premier amour : faire rire. Quant à moi, j’en pleure. Quant à Justin Lhérisson, auteur du texte, j’ai le sentiment qu’il se tourne et se retourne là où il est. Il importe de rappeler que c’est après un concours que le texte de Lhérisson a été retenu.
Dans l’Haïti d’aujourd’hui et depuis un certain temps, on entend toutes sortes de choses. Le pays est devenu un pays d’ « experts » .Et chaque ‘’expert’’ voit les choses à sa petite façon et croit avoir bonne conscience. On développe aussi l’expertise en tout. Expertise "malatyong".
Au sommet de l’Etat et un homme d’Etat doit prendre des précautions avant d’avancer une chose. Ne faut-il pas avoir une certaine idée du pays pour le diriger? L’hymne national," La Dessalinienne" est un patrimoine et un patrimoine doit être protégé. C’est historique l’hymne national. Comme dans la tête de certains Haïtiens Haïti n’existe pas et que pour d’autres, c’est un endroit comme un autre, on s’arroge le droit d'en dire et d'en faire ce qu’on veut. Nous devons apprendre à ne pas toucher ce qu’on n’a pas construit : l’œuvre des autres, l’œuvre des grands. Donc protégeons La Dessalinienne pour toujours.
Smith NCOLAS
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