En ce bas monde, en règle générale, l’obtention de bons résultats n’est pas le fruit du hasard. Fort souvent, elle est conditionnée à plusieurs actions ou interventions. A n’en pas douter, dans le domaine des élections, c’est ce fil conducteur qui a amené l’humoriste Pierre Desproges à dire : " L'adulte ne croit pas au père Noël. Il vote".
A bien comprendre les idées exprimées ci-dessus, éloquemment, la latitude nous est donnée de dire que celui qui ne vote pas est tout simplement un enfant et, par conséquent, croit à toutes formes de solutions miracles et dénuées de tout fondement rationnel et scientifique. Si, à l’heure actuelle, l’approche participative des citoyens dans les initiatives à bénéfice collectif ne cesse de gagner du terrain à l’échelle du monde, rester au second plan comme spectateur dans un processus électoral aussi décisif pour un pays est, en quelque sorte, une démission, une incompréhension, une irresponsabilité, une légèreté et un rejet de soi.
Avant de donner plus de précisions sur le thème, un coup de projecteur sur les termes élection, électeur et vote se révèle important, en vue de mieux en saisir le contexte et l’arrière-plan. L'élection est la désignation, par le vote d'électeurs, de représentants (une personne, un groupe, un parti ou une option) destinés à les représenter ou à occuper une fonction en leur nom. Le vote (terme provenant du latin votum signifiant « vœu ») désigne une méthode permettant à un groupe une prise de décision commune. Ceci dit, Il ne fait aucun doute que, à la suite de ce processus, les résultats traduiront globalement le vœu de la population, peu importent la nature et la qualité de l’électorat. L’élection, avant tout, amène à une prise de décision.
Pourquoi ne pas voter c’est voter trois fois ? Premièrement, en laissant inconsciemment aux autres la possibilité de choisir à leur place, ceux qui ne votent pas votent dans le même sens qu’eux. Ils le font en facilitant que leur choix garde confortablement la première place en ne renforçant aucun autre compétiteur. Donc, c’est à la fois un précieux coup de pouce et un vote de facilitation ! Or, il n’est un secret pour personne que les résultats seront basés sur le nombre de votants et non sur l’électorat potentiel.
Deuxièmement, en ne votant pas, on contribue à diminuer à grande échelle la possibilité d’un candidat potentiellement plus prometteur de remporter les élections puisque les multiples votes restés dans l’air POURRAIENT jouer en sa faveur. C’est un vote d’empêchement ! En même temps, étant donné que " celui qui ne dit mot consent", subjectivement, le non-votant est catégoriquement appelé à accepter les résultats et ceci, quels qu'ils soient.
Troisièmement, en n’utilisant pas son bulletin de vote, on vote à travers un inconnu qui, usant ses habiletés en magouille/ escroquerie, finira par atteindre ses objectifs en jouissant de l’héritage sacré des bulletins non utilisés des soi-disant non-votants. Directement ou indirectement, "Ne pas voter" c’est encourager les fraudes avec tout ce qu'elles charrient. En effet, c’est un vote de laisser aller ! Certains préfèrent ne pas voter puisqu’ils sont témoins que les vols de votes et d’élections sont monnaie courante. Juste choix, dirait-on. Evidemment, en procédant ainsi, on se croit libre avec sa conscience. Mais, en réalité, c’est faux ! Pour être libre avec sa conscience, il faut faire ce qui est à faire d’abord et, ensuite, si les choses tournent mal, être en condition de dire : « Je n’avais pas contribué à cela ». Ne pas voter ne veut pas dire ne rien faire. En ne faisant rien, on laisse un vide; et, nous le savons tous, la nature a horreur du vide. Ce vide a une forme. Coûte que coûte, quelqu’un ou quelque chose viendra le remplir. Voter c’est contribuer.
A l’aune de ce qui se passe au jour le jour en Haïti, force est de constater que ceux-là qui ont l’habitude de poser l’acte de voter au sens traditionnel du terme, ne sont jamais les seuls à exprimer leurs griefs et desiderata en rapport avec l’état habituel/actuel des choses. L’idée étant, inutile de se triturer les méninges pour admettre que ce qui se passe à l’intérieur de notre pays nous concerne de manière directe et sans détour.
Le refrain historiquement à la mode nous rappelle ceci: on ne donne pas de l’électricité. On ne pense pas aux consommateurs. On ne pense pas aux pauvres. On ne fait pas ceci, on ne fait pas cela. Nobles préoccupations! Cependant, en respectant ce principe qu’il faut donner pour recevoir, on est aussi en droit de nous demander: quels types de dirigeants avons-nous donnés au pays pour recevoir tant de bonnes choses en retour?
La perception actuelle du processus électoral laisse comprendre à la quasi-totalité de la population que la porte de sortie la plus assurée est de s’engager dans la lutte soit en tant que candidat, soit aux côtés d’un candidat. Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas jouer avec un tel constat! La quantité de candidats à l’échelle du pays est monstrueuse ! Toutes les catégories y sont représentées. Si ce processus est devenu aussi important, aussi sérieux pour l’avenir des Haïtiens, cela ne représente autre chose qu’une opportunité. Tout entrepreneur avisé dirait : il faut la saisir ! Et ceci, en tenant compte de nos forces, de nos faiblesses y compris des menaces qui nous entourent! Maintenant, la seule question que nous devons résoudre est celle de savoir comment la saisir et la retourner à notre avantage.
Envisageons symboliquement ce cas de figure. Haïti est une entreprise qui devait être rentable pour ses filles et ses fils mais tel n’est pas le cas. Des réformes sont à faire. Le diagnostic dit qu’il y a un problème au niveau des ressources humaines. Le contrat de ces dernières a pris fin. Le règlement interne exige un recrutement via des élections. Par rapport à la vision de l’employeur (le peuple/les hommes et les femmes), certains pourraient rester confortablement à leurs postes en fonction de leurs potentialités, leurs résultats et du degré de satisfaction de leur employeur. Par conséquent, parmi la pléthore de postulants, une rigoureuse sélection (à travers les élections) doit être effectuée, tout ceci à la recherche de la qualité et de l’efficacité. Une période d’analyse de dossiers est en cours et des discussions pour la sélection sont enclenchées. Les sélectionneurs ont comme obligation de faire de bons choix sauf qu’ils sont exposés aux méandres de la politique et aux sensibilités familiales, amicales, économiques et claniques… Pour ce faire, le plus souhaitable qui soit c’est, pour le moins, la recherche non négligeable de l’équilibre entre les profils idéaux pour l’entreprise (le pays) et les facteurs naturels de sensibilité. Voilà pourquoi, une proportion maximale de sélectionneurs doit voter pour minimiser les possibilités de victoires en faveur des votes émotionnels et donner, une plus grande marge de manœuvre aux votes les plus avisés.
Bref, ne pas voter c’est se mettre du côté de ceux :
qui se caractérisent par "ne rien faire" comme à l’accoutumée;
qui critiquent éternellement le choix des autres sans penser qu’eux-mêmes ils n'en font aucun;
qui ne prennent aucune initiative sinon celle de "ne rien faire";
qui sont dans l’attente de miracles, en restant les bras croisés;
qui ne veulent et n’ont l’habitude d’offrir, volontairement, aucune
participation à aucun projet dans sa localité et ceci sous
quelque forme que ce soit.
Sans toutefois nous leurrer ni verser dans un optimisme démesuré, nous pensons que, malgré la présence de différents types de menaces et d’agressions qui plongent beaucoup de personnes dans un long tunnel de peur, qui les démotivent, il est hautement souhaitable que la différence soit faite, en prenant évidemment les précautions qu’il faut. Certes, beaucoup de personnes ont la volonté de voter, mais des contraintes de la vie courante ne leur permettent pas de le faire. D’autres ne le font pas, c’est en raison de leurs déceptions par rapport aux choix antérieurs. Mais, à la recherche de solution, il nous est toujours conseillé ceci : " mille fois sur le métier, remettez votre ouvrage !"
Au nom de notre passé historique, toujours très présent dans les esprits, encore une fois, tentons de créer la surprise en allant voter massivement ! Et les multiples observateurs du monde entier diront : «Ah, enfin, ils veulent encore une fois se prendre en main !» A nous d’en faire ressortir les échos nécessaires !
Dr. Jeanty Fils EXALUS
Jfexalus@yahoo.fr
(509)36018439
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