Quand vous mentez au moment même de dire votre nom, il ne reste plus rien à entendre : votre slogan n’a plus de valeur, votre parti n’existe pas non plus, et vos démarches ne reposent sur aucune fondation.
À l’heure où le « je triche, donc je suis », au détriment du « je pense, donc je suis », devient la référence dans les prises de parole publiques, la plupart des politiciens se réclament d’une école qui n’en est pas une. Tout est faux, à commencer par l’évocation de la lumière ou de la plus grosse étoile. Tout est faux parce que tout est conçu dans les hauts fourneaux de la fausseté. Tout est conçu pour tromper tout le monde, à commencer par ses cousins, ses frères, ses fils ou sa femme.
Les sophistes « pa ka ou la ! ». On a dépassé de mille années-lumière la notion de moralité. Celle-ci n’est plus à la mode, parlez-moi d’amoralité ! Le dernier petit tricheur tient absolument à s’imposer comme le (premier) défenseur des vertus cardinales, car c’est à lui qu’appartient le privilège de moraliser la politique haïtienne et, du coup, de lui apporter ses lettres de noblesse.
Mon meilleur ami, très amer, me confie qu’il ne veut plus écouter la radio. Raison ? C’est par ce canal que sont débitées toutes les bêtises qui déshonorent l’intelligence et la classe des gens instruits et/ou cultivés. Il est si triste qu’il refuse de guetter quoi que ce soit sur le ‘’cadran des ondes’’.
Si la vérité n’occupe qu’une place dérisoire dans les affaires de la république, pourquoi devrait-on perdre le temps à suivre les journaux parlés ou les téléjournaux ? Faisons plutôt du sport, régulièrement ; et efforçons-nous à offrir des exemples d’homme ou de femme riche en fibres ‘’véridiques’’. Vous ne pensez pas ?
Qui a dit qu’on peut tout construire sur la vérité, et rien sur le mensonge ? Notre civilisation de black-out a transformé le champ de la diplomatie en terreau de mauvais marchandage, et la politique en laboratoire idéal pour féconder l’archi-faux sur tous les plans.
Formidable ! Nous brandissons des slogans qui annoncent tout, sauf du solide. Nous appartenons à un parti dont le nom change chaque année. Nous sommes candidats à être tout, sauf nous-mêmes. Nous parlons toutes les langues, sauf celle de la fidélité, celle de la mémoire, celle du patriotisme, celle de l’avenir de ce pays mille fois crucifié mais tellement vivace.
Qui a dit que chaque nom, et chaque mot a une histoire ?...Que chaque parti doit partir d’une idée généreuse, fécondatrice, exceptionnellement prometteuse ?
Jean Claude D. CHERY
22 juin 2015
Jccherysambo9@gmail.com
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.