Tiraillé de toutes parts, dont par le conseiller électoral Néhémy Joseph, qui a été très acerbe contre l’agence onusienne, le jour des législatives, allant jusqu’à menacer de la tenir pour responsable si le scrutin venait à tourner au vinaigre, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a rendu publique une information qui risque de mettre de l’eau au moulin de ses détracteurs. Sur son site web, l’agence onusienne communique une liste de ses consultants dont les honoraires annuels sont supérieurs à 30 000 dollars américains en 2014, et parmi ses 29 consultants, celui qui a été le mieux rémunéré n’est autre qu’un spécialiste qui fournissait un appui aux élections en Haïti. Sans révéler de noms, la liste du PNUD informe sur le type de travail fourni par les 29 consultants qui figurent sur cette liste ainsi que le montant de leur rémunération. Par exemple, le PNUD a versé $80,000.00 US pour s’offrir les services d’un conseiller en renforcement des capacités en coopération externe, $50,000.00 US pour un spécialiste de la gestion du système d'information de l'aide, $48,500.00 US pour un consultant national pour aires protégées, $61,820.00 US pour un expert en protection civile, $95,586.00 US pour un expert en Assistance technique aux conditionnels transferts aux programmes en Haïti, $82,000.00 US pour un spécialiste en communication, $30,000.00 US pour un consultant responsable des déplacements du président de la République sur le terrain et sans oublier, bien sûr, le spécialiste en appui aux élections qui a reçu du PNUD la bagatelle de $114,000.00 US en 2014. Depuis quelque temps, le PNUD, qui a la charge de gérer le budget alloué aux élections, ne jouit pas d’une bonne presse en Haïti. Et pour cause, l’agence onusienne est vertement critiquée pour avoir eu la main lourde avec le Conseil électoral provisoire (CEP), en ne décaissant pas à temps, et aussi pour l’affaire de l’impression des bulletins et de l'achat de matériels sensibles pour les élections à la suite d'appels d’offres qui ont exclu les firmes haïtiennes. « La mission primaire du PNUD est d’accompagner le gouvernement haïtien et de renforcer les capacités des institutions nationales, du secteur privé local, de la société civile et celles des communautés en Haïti, afin de mieux préparer l’avenir du pays et construire une nation forte et résiliente », peut-on lire sur le site web de l’agence, qui fait le point sur sa mission en Haïti, sur ce qu’elle veut réaliser, les résultats déjà obtenus et a rendu publique une seconde liste de fournisseurs de biens et services dont le montant est supérieur à 100 000 dollars américains pour la même période. « 30% du budget est mis en œuvre directement par les entités du gouvernement central et 40% d’exécution par des organisations locales, avec l’appui technique du PNUD », poursuit le PNUD dans un élan d’apporter un éclairage sur son portefeuille sans toutefois préciser de quel budget il s’agit. Est-il question ici de la loi de finances de la République ? Par ailleurs, les fournisseurs de biens et services collaborant avec le PNUD ne sont pas haïtiens et ne se sont, pour la plupart, pas implantés en Haïti. Si le PNUD est très taciturne sur l’appui et l’expertise qu’il fournit au CEP, il est en revanche très prolixe sur les domaines d’activités dans lesquels il estime que son approche a une valeur ajoutée en Haïti. Il s’agit du relèvement et la reconstruction, de la réduction de la pauvreté et la création d’emplois, de la gouvernance démocratique, de la protection de l’environnement, de la gestion des risques de désastres et de la lutte contre le VIH/sida et la tuberculose. « Plus de 1,4 million de personnes ont pu rentrer chez elles et le PNUD est fier d’avoir contribué à ces efforts aux côtés du gouvernement haïtien et de ses partenaires à travers le programme 16 quartiers/6 camps », se félicite, entre autres, le PNUD dans ce qui s’apparente à une sorte de bilan. « Les décisions du PNUD par rapport aux priorités programmatiques, aux financements directs et indirects ainsi qu'à la mobilisation des ressources se font en étroite consultation avec les instances gouvernementales haïtiennes », se défend le PNUD, qui, pour ses opérations en Haïti, peut compter sur un staff de 61 employés, de 264 contractuels et de 11 volontaires onusiens.