Deux policiers ont été tués par balle ce jeudi. Les faits se sont produits dans le même secteur. L’un, Jeune Moïse André, un agent 4 affecté à la Direction centrale de la police routière (DCPR), a été descendu à Clercine, zone route des rails, dans les parages du campement de la BIM. Des témoins ont rapporté que les assaillants qui circulaient à moto l’ont braqué, réclamé son arme de service. Le policier, selon l’inspecteur Gary Desrosiers, porte-parole adjoint de la PNH, était sur une moto avec sa femme, blessée lors de l’attaque. Mardi, à Mon-Repos 48, Coq Jean Ralph, 19e promotion, affecté au sous-commissariat de Saint-Charles, à Carrefour, a été assassiné dans son quartier. Il a reçu plusieurs projectiles. Quatre suspects ont été arrêtés. Samedi dernier, Jimmy Cétoute, 22e promotion, a été abattu au centre-ville, en revenant du sous-commissariat de Portail de Léogâne. La PNH, depuis le début de l’année 2015, n’en finit pas de compter des morts dans ses rangs. De janvier à novembre, 23 policiers ont été tués, dont 19 par balle, a confié l’inspecteur Gary Desrosiers, porte-parole adjoint de la PNH. Les assassinats de policiers interviennent ces jours-ci dans un contexte de tension politique au lendemain de la publication des résultats partiels de la présidentielle et des législatives et aussi de l’installation d’une « psychose » de peur au sein de la population de la zone métropolitaine, particulièrement au niveau de la plaine du Cul-de-Sac. Calmez-vous!!! Gary Desrosiers, en conférence de presse ce jeudi, a indiqué que le commissariat de la Croix-des-Bouquets n’a reçu même pas une plainte. Les exactions imputées à des hordes de bandits ont été rapportées dans la presse et sur les réseaux sociaux, a indiqué Gary Desrosiers, soulignant qu’un « laboratoire utilise ce canal pour créer une peur bleue au sein de la population ». Hier soir, 300 policiers et 40 véhicules étaient mobilisés lors d’une opération en plaine. Au même moment, à Pétion-Ville et dans des quartiers périphériques, la rumeur d’attaque contre la population était répandue, a noté Gary Desrosiers, qui affirme que la PNH ne peut pas encourager les brigades de vigilance. « Il y a des gens qui sous couvert de la brigade vigilance, règlent leurs affaires », a-t-il indiqué, déplorant qu’une personne a été tuée et brûlée hier soir à Juvénat. « Calmez-vous », a lancé Gary Desrosiers. « Calmez-vous. Faites confiance à la PNH qui fait des efforts pour que les gens puissent vaquer en sécurité à leurs activités et prendre soin de leurs familles », a renchéri Mario Dupuy, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Le secrétaire d’État à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales Patrick Sully Joseph a accusé « un secteur politique de propager ces rumeurs » qui créent une véritable psychose de peur au sein de la population. Pour Cyril Noël Adrien, secrétaire d’État à la Sécurité publique, « ces rumeurs non fondées ont un objectif : porter atteinte à l’ordre public ». PNH «plus neutre», plainte contre le DG et le DDO Off the record, un gradé de la PNH a reconnu un déficit de confiance de la population envers l’institution policière. La rage avec laquelle des policiers sont assassinés, certains recevant parfois dix balles, illustre qu’on est en train de leur faire payer une facture salée. Ces temps-ci, surtout à cause de la brutalité des agents de la BOID en intervenant à l’Arcahaie et récemment à Cité Soleil, il y a une perception que la « police n’est pas neutre ». « Il y a un amalgame entre Tèt Kale et la PNH », a soutenu ce gradé. Entre-temps, AlterPresse a révélé dans une dépêche qu’une « plainte a été déposée contre le directeur de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Godson Orélus, et le directeur départemental de l’Ouest, André Jonas Vladimir Paraison, et consorts, à la suite de l’assassinat présumé d’une quinzaine de personnes par des agents de la Brigade d’opération et d’intervention départementale (Boid) à Cité Soleil (banlieue nord), le 16 octobre 2015 ». « Le citoyen Almetys Junior Saint- Fleur, ancien député de la 49e législature, frère aîné du jeune Frendy Saint-Fleur, supposément assassiné par les agents de la Boid, a porté plainte, le mercredi 11 novembre 2015, contre Orélus et Paraison. Le commissaire municipal de Cité Soleil, Joël Casséus, l’agent intérimaire de la mairie de Cité Soleil, Esaü Beauchard, l’agent de sécurité rapproché du président Michel Martelly, Vladimir Jean-Louis, sont aussi concernés par cette plainte », selon AlterPresse. Au cours des opérations « meurtrières » du 26 septembre et du 2 octobre 2015, les « escadrons de la mort » de la Pnh (Boid) auraient violé les domiciles des citoyens de Cité Soleil, torturé à coups de marteau des adolescents, des femmes et des enfants, arrêté sans mandat plus d’une centaine de jeunes et volé des objets de valeur et une somme d’argent trouvés sur leur passage, rapporte Almetys Junior Saint-Fleur, assisté des avocats Newton Louis Saint-Juste et Ramong Jean-Louis du Barreau de Port-au-Prince. Le 16 octobre 2015, ces opérations criminelles se sont intensifiées notamment à Wharf Jérémie », selon la dépêche d’AlterPresse. « Elles se sont soldées par « plusieurs dizaines » de citoyens assassinés, la plupart tués à bout portant, d’une ou de plusieurs balles à la tête, précise la plainte adressée au commissaire du gouvernement près le parquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Clamé Ocnam Daméus », poursuit AlterPresse. « Âgé de 28 ans, le jeune Frendy Saint-Fleur, petit frère de l’ancien député Almetys Junior Saint-Fleur, faisait partie d’un groupe de quatre jeunes qui auraient été maîtrisés par les agents de Boid avant d’être tué d’une balle à la tête alors qu’il aurait été identifié à l’aide de son permis de conduire # KK- 90176- AC, selon les témoins », d’après cette dépêche. Par ailleurs, certains, dans ce contexte, remettent sur le tapis les conséquences de la libération, fin 2014, de plus de trois cents détenus dont de dangereux criminels, à la prison civile de la Croix-des-Bouquets. Des agents de l’Apena, de connivence avec Clifford Brandt, présumé kidnappeur, avaient ouvert les portes de la prison. On questionne également cette fameuse grâce présidentielle accordée par Michel Martelly il y a presqu’un an. Des criminels non jugés qui représentent un danger imminent pour la société avaient été remis dans la nature. Cet acte a é été dénoncé des organisations de défense des droits humains…