98 sur 100 ! C’est la note que Maguy Durcé octroie à la quatrième édition de la semaine de la mode. C’est selon elle la compilation de l’excellence tant au niveau du nombre de participants (5 000), que du nombre de créateurs et de modèles. A défaut d’un chiffrier Excel, la présidente nous fait remarquer que l’objectif est tout à fait atteint. « En plus qu’on a eu des créateurs étrangers, le Karibe a pu loger plusieurs dizaines de clients qui ont pris l’avion rien que pour participer à la semaine de la mode. C’est le signe qu’on s’installe dans le cœur des gens et que ça va durer », nous dit-elle.
Elle exulte de joie en nous montrant sur son téléphone la couverture de Vogue Italia dont bénéficie HFW grâce à la participation de l’internationale Stella Jean. Il faut ajouter, à son avis, les couvertures des médias comme CBS, des journalistes accompagnant les diverses délégations étrangères.
Les 2 % de flop. Elle les situe au niveau de quelques créateurs et autres participants qui ont décommandé à la dernière minute et dont le billet d’avion ne peut être remboursé.
A propos des crises et des flops qui ont marqué la quatrième édition
On a fait part à la numéro un de ModAyiti d’une opinion du public qui ne change pas depuis les débuts. On fait défiler des créateurs respectables comme David André ou Miko Guillaume sur la même passerelle que des débutants comme les étudiants de chez Verona ou des gens qui se trompent carrément de métier comme Ludvigne Victor, Musset Paillant… A ce sujet, Maguy promet, l’année prochaine, d’embaucher un directeur culturel externe à la sphère de ModAyiti pour éviter au public certains défilés horribles comme c’était le cas le 5 et 6 novembre.
La crise des mannequins
Tout observateur attentif pouvait remarquer qu’au niveau des modèles, il n’était point question de déjà-vu. En effet, selon Maguy, ceux de l’an dernier sont entrés en grève presque à la veille de la HFW. A l’origine de la crise, ils ont exigé qu’on leur paie 150 dollars le jour seulement la veille. Madame Durcé nous rappelle qu’en principe, c’est 50 dollars qu’on paie à un modèle dans une fashion week pour défiler. Consciente de la réalité du pays, elle a puisé dans ses fonds propres l’an dernier et a doublé leur paie. Cette année, elle a voulu garder pour HFW les mêmes recrues qui ont défilé dans le cadre de Carifesta mais à condition qu’elles viennent signer un contrat au bureau de Chape avant la soirée extravaganza pour constater si entretemps ils n’ont pas grossi, si elles ne sont pas tombées enceinte (pour les femmes)... Ils ne sont pas présentés le jour et exigent une augmentation de 50 dollars par personne interposée. A cours de temps, casting a été organisé rapidement pour recruter d’autres mannequins. Une trentaine ont été admis et ont pu participer à une mise à niveau.
La dame qui vendait du « Made in China »
Dans le showroom au milieu des créateurs, il y avait une femme tenant un kiosque avec des articles bons marché estampillés « Made in China ». Ses bijoux en plastique et bon marché (qu’on peut trouver dans le laye de n’importe quelle marchande près du marché du rond-point de Pétion-Ville) se vendaient comme des petits pains. Elle semblait éclipser nos créatrices comme Daphné Floréal ou Gerry Romain. « Le faux pas vient du fait qu’elle n’avait rien compris du briefing », explique Maguy. De son aveu, la dame est pourtant une créatrice ; elle semblait ignorer qu’on ne peut exposer du made in china et de la création sur la même table. Le dimanche, soit le dernier jour de la semaine de la mode, elle n’a pas ouvert boutique.
L’après HFW15
La créatrice de mode dit avoir déjà les dates pour la cinquième édition. Ce sera du 3 au 6 novembre 2016. Elle garde en secret l’invité d’honneur. D’ici là, l’édition 2015 sera reproduite au Brésil en janvier, à Miami en mars. Quelques créateurs locaux triés sur le volet participeront en février à la semaine de la mode de Milan.
Maguy salue Le Nouvelliste & co et l’ensemble des travailleurs de la presse pour leur soutien inconditionnel à la semaine de la mode.
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